24 Juin. 2021

Quentin Jacquet, lauréat du prix d'étudiant de Master de la ROADEF

Quentin Jacquet, en thèse au sein du département R&D dédié à l’optimisation et à la simulation pour les marchés de l’électricité, a réalisé un mémoire de master sur l'optimisation de la planification des maintenances dans les ouvrages hydrauliques. Il nous raconte.

 
Quentin Jacquet, en thèse au sein de la R&D
a reçu le prix du meilleur mémoire de master de la ROADEF ​​​​​​​

Félicitations !

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LA ROADEF est la Société Française de Recherche Opérationnelle et d’Aide à la Décision.
Quentin Jacquet a accepté de répondre à nos questions.

Quentin, peux-tu nous expliquer ta thèse ?

Dans quel contexte s'inscrit ton master ?
J’ai effectué le master MPRO (Master Parisien de Recherche Opérationnelle) en parallèle des cours à l’ENSTA Paris. Ce master est spécialisé dans la recherche opérationnelle et nous apprend tout un ensemble de méthodes, mathématiques et informatiques, qui permettent d’optimiser un processus de prise de décisions. Par nature, ce master est très en lien avec l’industrie, surtout celle des réseaux : transports, télécoms, énergies,… Beaucoup de personnes de mon groupe à EDF ont d’ailleurs fait ce master.

Peux tu nous expliquer la méthode des plans sécants ?
Imaginons qu’on souhaite trouver le maximum d’une fonction économique, par exemple un profit, mais qu’on ne connaisse pas exactement cette fonction. Alors la méthode des plans sécants va évaluer pour certaines configurations la fonction économique pour en extraire des informations, et converger au fur et à mesure des itérations vers le profit optimal.

Peux-tu nous présenter le prototype que tu as mis en place ?
Durant ce stage, on s’est intéressé aux placements des maintenances dans les ouvrages hydrauliques. Chaque année et dans chaque vallée hydraulique, des maintenances sont à effectuer pour assurer le bon fonctionnement des installations. Mais durant ces maintenances, les usines impactées sont en partie à l’arrêt et on ne peut donc pas produire de l’électricité. L’idée a été de créer une maquette pour trouver le placement optimal des maintenances afin de perdre le moins possible en capacité de production et en gain économique. Il existe déjà un outil (Morgane) qui est utilisé pour la gestion moyen-terme des barrages. On s’est servi de cet outil comme d’un oracle pour évaluer la qualité d’un planning, et on a ajouté une nouvelle couche par-dessus (la méthode des plans sécants) pour converger vers le planning optimal selon Morgane.

Avec qui as-tu mené ces travaux ?
J’ai été encadré par Sandie Balaguer et Wim Van Ackooij, du département dédié à l’optimisation et à la simulation pour les marchés de l’électricité. Ils m’ont aidé à la fois sur les questions très théoriques mais aussi sur le côté implémentation. Ils ont toujours été très à l’écoute. Je voudrais aussi remercier Thomas Ouillon qui n’était pas officiellement mon tuteur mais sans qui la découverte du code Morgane aurait été plus délicate !

​​​​​​​Peux-tu nous présenter la thèse que tu prépares chez OSIRIS sur les méthodes d’optimisation pour la tarification de
fourniture d’électricité ?

​​​​​​​C’est une opportunité qui s’est présentée au cours de mon stage. Dans cette thèse, il s’agit de modéliser le problème qu’EDF doit résoudre quand il cherche à fixer un prix pour ses contrats (Digiwatt, Vert Electrique, …). Depuis l’arrivée de la concurrence, cette question est d’autant plus importante : quel est le juste prix pour continuer à être attractif et conserver ses clients tout en assurant une marge suffisante ? Je me suis intéressé jusqu’à maintenant à l’optimisation « bi-niveaux » qui se prête à ce genre de problème, et j’espère publier très prochainement un article sur mes premiers résultats.
 
Qu’est-ce qui t’a donné envie de choisir ce sujet de master ?
Sur l’aspect scientifique d’abord, c’est un sujet qui correspond parfaitement à ce que je cherchais et qui est dans la lignée de mon apprentissage à l’ENSTA Paris et au MPRO. Ensuite, le sujet en lui-même m’a beaucoup plu car je le trouvais en prise directe avec le métier et donc avec un vrai intérêt industriel. ​​​​​​​
 
Un gros mot scientifique ?
Pénalisation quadratique. Ce terme est au cœur de mon travail puisqu’il désigne l’ajout d’un terme supplémentaire dans mon modèle pour permettre d’accélérer la méthode initiale et gagner en temps de calcul.
 
Tu as déjà publié ?
Non pas pour l’instant, je suis en train de rédiger mon premier article pour ma thèse.
 
Merci Quentin pour tes explications et félicitations pour l'obtention de ce prix !