À l’occasion de son passage dans le podcast Deep In Tech, Yann Coïc, directeur d’EDF Pulse Ventures, détaille comment le corporate venture d’EDF met l’innovation au service de la décarbonation et revient sur les enjeux du secteur de la deeptech.

Yann Coic_Directeur EDF Pulse Ventures

EDF Pulse Ventures, un outil au service de la performance du Groupe

Contrairement à un fonds d’investissement classique, un corporate venture ne se limite pas à la performance financière : il est conçu comme un levier stratégique pour créer des synergies concrètes entre les start-up et les métiers d’un grand groupe, accélérer le passage à l’échelle et ancrer l’innovation au cœur des opérations. C’est précisément l’ADN d’EDF Pulse Ventures, créé en 2017 pour aider le Groupe à construire un avenir sans émissions de CO2 via des investissements ciblés dans des start-up stratégiques pour les activités d’EDF. 

Récemment, le corporate venture d’EDF a recentré ses investissements sur le cœur de métier du Groupe, la production d’énergie bas carbone, et les enjeux de décarbonation. Son rôle est celui d’un “architecte de synergies” : il identifie des solutions alignées avec les besoins industriels, facilite les coopérations et accompagne les projets dans la durée. Cette approche « stratégico‑opérationnelle » est au cœur de la différenciation entre CVC et VC classique.

Un continuum d’innovation intégré, de l’exploration au déploiement

Chez EDF, l’innovation de rupture s’inscrit dans un continuum structuré, où plusieurs expertises se répondent et se renforcent. La R&D et le corporate venture capital du Groupe, porté par EDF Pulse Ventures, jouent un rôle clé en amont : la première éclaire les choix technologiques, la maturité scientifique et les conditions d’industrialisation, tandis que le second apporte une lecture marché, économique et stratégique. Cette double approche permet d’appréhender très tôt la faisabilité globale des projets et d’en réduire les risques.

À l’interface entre exploration et déploiement, des dispositifs dédiés permettent de franchir les étapes les plus critiques. EDF Pulse Pilot agit comme un maillon démonstrateur : il finance et accompagne des prototypes à échelle industrielle, au sein de consortiums associant start-up, industriels et partenaires publics, afin de franchir la « vallée de la mort » entre preuve de concept et industrialisation. En parallèle, EDF Pulse Incubation structure l’intrapreneuriat du Groupe en offrant aux équipes internes un cadre sécurisé pour expérimenter en mode start-up, transformer des idées en solutions industrialisables et, le cas échéant, créer de nouveaux business pour EDF. 

Enfin, l’ouverture vers l’extérieur irrigue l’ensemble de la chaîne. EDF Pulse Connect joue un rôle de passerelle entre les métiers et les écosystèmes innovants — start-up, incubateurs, pôles de compétitivité, monde académique — en facilitant la détection, les partenariats et l’adoption de solutions sur le terrain. Cette capacité de connexion et de mise en mouvement accélère le passage de l’innovation à l’impact opérationnel. 

Ensemble, ces briques forment une chaîne d’innovation intégrée et cohérente : de la détection au déploiement, chaque maillon sécurise le suivant et contribue à maximiser l’impact des innovations au service des métiers d’EDF et d’un monde sans émissions de CO2.

Deeptech & souveraineté technologique : penser le temps long

Lorsque l’on parle de deeptech, il est important d’avoir une approche incrémentale mais résolue du temps long, inhérente aux cycles de ces technologies : prototypes, essais en environnement réel, qualification industrielle, puis déploiement. C’est là que la coopération entre acteurs industriels et la logique de consortiums (portée notamment par EDF Pulse Pilot) deviennent décisives pour franchir les seuils techniques et économiques et renforcer la souveraineté technologique dans l’énergie. 

À l’échelle du Groupe, cette souveraineté s’appuie sur un portefeuille d’initiatives coordonnées et sur une thèse d’investissement orientée vers les technologies habilitantes de la production décarbonée, la flexibilité ou encore les nouveaux usages de l’électricité – autant de domaines où la deeptech joue un rôle structurant pour la compétitivité européenne. 

En combinant l’expertise technologique de la R&D, la capacité d’investir et d’orchestrer des synergies, le financement de démonstrateurs, l’intrapreneuriat et l’open, le groupe EDF maximise ses chances de faire passer la deeptech à l’échelle et de servir la souveraineté technologique, au bénéfice de la transition électrique.