Le projet européen EASI‑SMR, coordonné à la R&D d’EDF par Nicolas Sobecki, a récemment collaboré avec l’OECD/NEA et l’AIEA pour organiser un workshop international consacré à la performance et à la fiabilité des systèmes passifs. L’événement a rassemblé plus de 150 experts internationaux du nucléaire et s’est achevé par la visite de plusieurs installations expérimentales majeures d’EDF Lab-Chatou.
Ce workshop international - qui s’est tenu du 30 mars au 1er avril à la Maison de la Culture du Japon à Paris - a réuni plus de 150 participants issus de la communauté internationale du nucléaire. Il s’est conclu par la visite des moyens d’essais POOL‑LOOP, ZEPHYR et EVEREST au EDF Lab Chatou, permettant à plus de soixante experts de découvrir les installations clés d’EDF dédiées à la recherche sur les systèmes passifs.

Qu’est-ce qu’un système passif dans le nucléaire ?
Un système passif est un système de sûreté nucléaire capable d’assurer ses fonctions sans intervention humaine ni alimentation électrique externe, en s’appuyant exclusivement sur des lois physiques naturelles (gravité, convection naturelle, pression, conduction thermique).
Les systèmes passifs : un enjeu majeur pour les SMR
Dans les Small Modular Reactors (SMR), les systèmes passifs jouent un rôle clé pour :
- renforcer la sûreté, grâce à leur simplicité et leur robustesse ;
- réduire la complexité du design, avec moins d’équipements actifs et de redondances ;
- améliorer la compétitivité et la standardisation des futurs réacteurs, notamment les Small Modular Reactors comme le NUWARD SMR. Cependant, leur licensing reste complexe : il nécessite de développer de nouveaux essais, de valider des modèles de calcul spécifiques et d’adapter les méthodologies d’analyse de sûreté.
Une rencontre internationale réunissant toutes les expertises

Le workshop a permis de rassembler un large éventail d’acteurs :
- concepteurs de réacteurs ;
- autorités de sûreté ;
- équipes expérimentales ;
- développeurs de codes de calcul ;
- spécialistes des analyses déterministes de sûreté ;
- experts en analyses probabilistes de sûreté ;
- spécialistes des facteurs humains et organisationnels.
Cette diversité d’expertises a permis de dresser un panorama complet de l’état de l’art, d’identifier les verrous technologiques, et de mettre en évidence de nombreux points transverses entre disciplines. Le workshop a également favorisé l’émergence de nouvelles pistes de collaboration scientifique et méthodologique.
Vers une feuille de route internationale
Les conclusions de l’événement feront l’objet d’un rapport de l’OECD/NEA, élaboré en collaboration avec EASI SMR.
Ce rapport établira une feuille de route visant à lever les principaux verrous identifiés pour :
- renforcer la démonstration de sûreté des systèmes passifs ;
- améliorer la cohérence internationale des approches d’analyse ;
- soutenir l’accélération du licensing des futurs SMR en Europe.
Un succès pour EDF et ses partenaires
Le succès de cet événement, tant par la participation que par la qualité des échanges, témoigne du rôle structurant d’EDF dans la communauté internationale travaillant sur les SMR et les systèmes passifs.
Ce workshop marque une étape importante dans la collaboration entre EDF, l’OECD/NEA, l’AIEA et l’ensemble des acteurs impliqués dans la sûreté des réacteurs du futur.