Le protocole de Kyoto

D'ici à 2050, les émissions mondiales de gaz à effet de serre devront être diminuées de moitié si l'on veut limiter l'augmentation de la température à 2 °C par rapport à l'ère pré-industrielle. Des engagements ont déjà été pris à l'échelle internationale pour agir.

Depuis la Convention-cadre des Nations Unies sur les changements climatiques (CCNUCC) adoptée en 1992 à Rio de Janeiro, un état des lieux de la situation est régulièrement réalisé par le GIEC.

En parallèle, les représentants politiques de l'ensemble des pays de la planète se réunissent régulièrement pour mesurer l’avancée de la lutte contre le changement climatique, dans le cadre du Protocole de Kyoto, lancé en 1997 et entré en vigueur en 2005, qui définit des objectifs et des moyens pour mettre en oeuvre la CCNUCC.

Ce Protocole comporte 2 niveaux d'implication pour les pays qui ont ratifié le protocole :

  • une réduction de 5,2 % des émissions des 6 principaux gaz à effet de serre des pays développés entre 2008 et 2012, par rapport aux niveaux de 1990
  • des inventaires d'émissions pour les pays en plein développement économique

Pour cela, le protocole propose 2 niveaux d'actions :

  • national : renforcer ou mettre en place des politiques de réduction des émissions, augmenter l'efficacité énergétique, promouvoir des formes d'agriculture durables, développer des sources d'énergies renouvelables...
  • international : coopérer avec les autres signataires en échangeant expériences et informations et en coordonnant les politiques nationales

Les objectifs étant très ambitieux, il prévoit en complément 4 mécanismes de flexibilité pour les atteindre :

  • les permis d'émission qui autorisent la vente et l'achat des droits à émettre entre pays industrialisés
  • la mise en œuvre conjointe (MOC) qui permet de procéder à des investissements dans un pays développé et bénéficier ainsi des crédits d’émission générés par les réductions d'émissions de gaz à effet de serre obtenues. Ce processus est fondé sur le principe de l'optimisation des systèmes les moins performants
  • le mécanisme de développement propre (MDP), identique au procédé précédent, mais dans un pays en voie de développement. L'objectif n'est pas de réduire les émissions par la modernisation des infrastructures mais de créer des installations plus propres que celles déjà en activité
  • la compensation volontaire, qui consiste pour des entreprises, des particuliers ou des acteurs publics, à acheter des crédits carbone correspondant à tout ou partie de leurs émissions de GES. Les crédits-carbone utilisés sont issus de projets de réduction d’émissions, plus diversifiés que ceux du MDP et de la MOC

L'après Kyoto

La conférence internationale sur le climat de Doha (Qatar) de 2012 a permis de prolonger jusqu'en 2020 le protocole de Kyoto qui arrivait à échéance, et ainsi ouvrir un nouvel acte d'engagement pour ce protocole.

Dans la continuité des accords de Cancun (Mexique) en 2010, de premiers engagements pour la période post-2012 ont été prévus. Notamment :

  • un objectif de stabilisation de l’accroissement de la température moyenne de + 2 °C d’ici à la fin du siècle, soit le niveau recommandé par le GIEC
  • des financements de la part des pays développés pour les politiques climatiques d’atténuation et d’adaptation des pays en développement pour un montant de 30 milliards de dollars d’ici à 2012 puis de 100 milliards de dollars par an d’ici à 2020
  • des engagements volontaires de réduction d’émissions à l’horizon 2020

Pour autant, la non-adhésion des États-Unis au Protocole, le retrait de la Russie, du Japon et du Canada et l'explosion des émissions des pays émergents dispensés d’objectifs de réduction constituent des freins importants à la poursuite des efforts de réduction de gaz à effet de serre, et en particulier de CO2.

Ainsi, pour atteindre les objectifs fixés, un nouvel accord international doit être conclu rapidement lors des 2 prochaines conférences (Lima en 2014 et Paris en 2015) pour une entrée en vigueur en 2020. Contrairement au protocole de Kyoto, cet accord ne concernerait pas que les nations industrialisées mais tous les pays, y compris les grands émergents et les États-Unis.

En effet, bien que les émissions mondiales de CO2 dues à l’énergie diminuent d'une année sur l'autre ces dernières années, elles ont augmenté de plus de 51 % par rapport à 1990.

À elle seule, la Chine dépasse aujourd'hui le niveau d'émissions des États-Unis et celui de la zone Europe/ex-Urss.

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