Dispositif en place depuis 2017, le mécanisme de capacité évolue au 1er avril 2026 pour renforcer la sécurité d'approvisionnement d’électricité en France tout en simplifiant son fonctionnement. Les effets pour les clients sont visibles à compter du 1er novembre 2026.

Quelles évolutions ? Quels impacts sur la facture des consommateurs professionnels ? EDF décrypte pour vous les principes du nouveau mécanisme de capacité, son fonctionnement et les changements introduits par la réforme.

Information

A retenir

Le mécanisme de capacité garantit la sécurité d’approvisionnement en électricité en France, notamment lors des pics de consommation hivernaux. 

Depuis le 1er avril 2026, il repose sur un modèle centralisé piloté par RTE, qui contractualise les capacités nécessaires et en répartit le coût entre les fournisseurs. Ces nouvelles modalités s'appliquent pour les consommations des clients à compter du 1er novembre 2026 et leurs effets seront visibles sur les factures d'électricité à compter de cette date. 

Pour les entreprises, ce dispositif devient un enjeu de pilotage économique, car son coût dépend directement du niveau de consommation pendant les périodes de pointe. Adapter ses usages peut ainsi contribuer à maîtriser ses dépenses énergétiques et améliorer sa performance. 

Le mécanisme de capacité, qu’est-ce que c’est ?

Le mécanisme de capacité, intégré dans le Code de l’énergie en 2017, vise à garantir l’approvisionnement en électricité en France et à éviter les coupures lors des jours où la consommation est trop élevée. 

Il repose sur la disponibilité des capacités de production (centrales nucléaires, hydrauliques, éoliennes, etc.) lorsque la demande en électricité est élevée et notamment pendant l’hiver. 

Pour les entreprises, ce mécanisme se traduit par un coût supplémentaire, intégré à la facture d’électricité et proportionnel à la consommation pendant les périodes de pointe. 

Le mécanisme de capacité a pour objectif de : 

  • sécuriser la pérennité des moyens existants, 
  • favoriser l’investissement dans de nouveaux moyens de production et de stockage, 
  • encourager l’effacement de consommation. 

Mécanisme de capacité : quelles évolutions en 2026 ?

À compter du 1er avril 2026, le mécanisme de capacité repose désormais sur un modèle centralisé, piloté par RTE, gestionnaire du réseau de transport d'électricité. RTE évalue les besoins nationaux en capacité et contractualise directement avec les exploitants de moyens de production, de stockage ou d'effacement qui s’engagent sur leur disponibilité de capacité pendant les périodes critiques. 

Le financement du dispositif repose sur une contribution acquittée par les fournisseurs d'électricité. Cette taxe est calculée en fonction de la consommation de leurs clients durant les périodes de pointe de consommation. Les fournisseurs répercutent ensuite ce coût dans leurs offres d'électricité. 

Contrairement à l'ancien mécanisme, dans lequel les fournisseurs achetaient directement des garanties de capacité sur un marché dédié, RTE devient désormais l'acheteur unique. 

Ces évolutions visent à simplifier le fonctionnement du mécanisme et à le rendre plus lisible. Elles s’inscrivent dans un contexte de transformation du système électrique, marqué par le développement des énergies renouvelables et la nécessité de sécuriser l’approvisionnement.  

Quelles sont les périodes concernées ?

Les périodes de pointe se concentrent pendant une période de livraison dite «hiver électrique», qui s’étend du 1er novembre au 31 mars, sur les plages horaires 7h–10h et 17h–20h. 

RTE peut identifier jusqu’à 22 jours de pointe chaque hiver : 

  • 6 jours entre novembre et décembre 
  • 16 jours entre janvier et mars 

Qu’est-ce que l’effacement ?

Les entreprises peuvent s’engager à réduire leur consommation électrique lors des périodes de forte demande. En contrepartie, elles perçoivent une rémunération fixe annuelle, qu’elles soient ou non sollicitées par leur opérateur d’effacement. En cas d’activation, une rémunération variable vient également compenser les coûts liés à l’arrêt ou à la réduction des process. 

Le mécanisme de capacité vise ainsi à encourager l’effacement de consommation et à favoriser l’investissement dans de nouveaux moyens de production, pour couvrir les besoins lors des périodes de pointe. 

Comment fonctionne le mécanisme de capacité ?

Le nouveau mécanisme de capacité est centralisé et piloté par RTE, gestionnaire du réseau de transport d’électricité. 

 Il implique les mêmes acteurs, dont les fournisseurs, que dans l’ancien mécanisme, qui deviennent désormais des « contributeurs ». 

1. RTE, le gestionnaire du réseau de transport 

RTE assure un rôle central et transverse dans le mécanisme. Il intervient à chaque étape pour :

  • estimer le besoin national en capacité,
  • contractualiser le volume de capacité nécessaire pour garantir la sécurité d’approvisionnement (en MW), pour chaque période de livraison,
  • calculer le coût total du mécanisme et le prix unitaire de la capacité (quotient en €/MW), à partir des résultats des enchères, puis facturer une quote-part à chaque contributeur,
  • signaler la veille les jours de pointe (PP) pendant la période d’hiver électrique,
  • contrôler la disponibilité des capacités sur les plages de pointe. 

2. Les fournisseurs d’électricité  

Les fournisseurs d’électricité versent à RTE une contribution proportionnelle à la consommation effective de leurs clients pendant les périodes de pointe (PP). Ce coût est répercuté sur les factures d’électricité adressées à leurs clients dans les mêmes proportions. 

3. La Commission de Régulation de l’Énergie

La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) supervise le fonctionnement du dispositif et en encadre les règles et ses paramètres économiques (besoin de capacité, coût du mécanisme de capacité). 

RTE : un rôle central dans le mécanisme de capacité

RTE contractualise les capacités nécessaires via les enchères, et notifie à chaque contributeur redevable la quote-part qui le concerne.

Comment se déroulent les enchères de capacité ?

Le nouveau mécanisme prévoit une réduction significative du nombre d'enchères organisées avant chaque période de livraison (PL). 

Les enchères sont organisées en amont de chaque période de livraison hivernale, afin de sécuriser les capacités disponibles lors des périodes de pointe. À terme, en régime de fonctionnement nominal cible qui sera atteint pour l’hiver 2030‑2031, deux enchères seront organisées : 

  • L’enchère principale, (PL‑4), organisée plusieurs années avant la période concernée, permet de contractualiser la majorité des volumes de capacité, 
  • une seconde enchère, (PL‑1), organisée au mois de juillet, l’année précédant la période de livraison, permet d’ajuster les besoins. 

Cette deuxième enchère permet notamment aux capacités d’effacement et de stockage, plus difficiles à anticiper à moyen terme, de participer au mécanisme. Elle sert également à ajuster les volumes, notamment en cas d’évolution de la demande d’électricité à la hausse. 

Pendant les quatre premières périodes de livraison, une seule enchère est organisée en PL‑1, au mois de juillet. 

Comment est défini le prix des enchères ?

Le prix de la capacité, appelé quotient, est désormais identique pour tous les fournisseurs. Il est constaté par la CRE au plus tard chaque 1er octobre précédant la période de livraison.

Pour les entreprises, ce prix se traduit par un coût intégré à la facture d’électricité, selon des modalités définies par le fournisseur dans le contrat d’électricité.

Retrouvez tous les résultats des enchères de garanties de capacité jusqu’à fin 2025.

Quels impacts pour les entreprises ? 

Le mécanisme de capacité a un impact direct sur la facture d’électricité des entreprises. 

Son coût dépend des modalités de répercussion prévues dans le contrat de fourniture selon les types de clients. Il repose sur le niveau de consommation pendant les périodes de pointe. 

Il constitue également un levier de pilotage économique : en adaptant leurs usages, les entreprises peuvent limiter leur exposition aux coûts liés aux pics de consommation. 

Dans certains cas, elles peuvent aussi bénéficier d’une rémunération complémentaire en participant à des dispositifs d’effacement. 

Foire aux questions