04 fév. 2021

EPIFLEX, une solution d’économie circulaire pour les territoires

La solution EPIFLEX développée par la R&D d’EDF et les Mines ParisTech est une démarche innovante permettant de concevoir des éco-parcs industriels valorisant les flux de matières et d’énergies d’un territoire via la mise en place de réseaux d’échanges et de technologies innovantes.

La démarche a été développée dans le cadre du projet du même nom EPIFLEX (2019-2021), porté par la R&D EDF, soutenu et financé par l’ADEME. Elle a été appliquée pour la première fois sur la zone industrialo-portuaire de Dunkerque en partenariat avec différents acteurs industriels et institutionnels, visant à faire de ce territoire le premier démonstrateur de cette méthodologie innovante. Une première restitution faite aux parties prenantes en janvier 2021 a montré l’enthousiasme des industriels et du territoire quant aux solutions proposées par EPIFLEX.

 

D’une économie linéaire à une économie circulaire

La limitation des ressources de la planète nous conduit à réfléchir à un changement de paradigme et en particulier à la mise en place de modes d’organisations différents au sein des territoires afin de passer d’une économie linéaire à une économie circulaire. Dans ces organisations, chaque flux sortant d’un acteur du territoire, appelé aujourd’hui déchet, devient une ressource pour un autre acteur. Ainsi les flux d’énergies et de matières sont valorisés au mieux, réduisant ainsi l’impact sur les ressources du territoire et sur l’environnement. De telles organisations sont appelées des éco-parcs industriels.
 

Une démarche pour des territoires innovants, résilients et attractifs

EPIFLEX permet la minimisation de l’impact environnemental des territoires via la réduction de l’empreinte carbone des sites industriels, la réduction des ressources utilisées et la réduction de la génération de déchets rendant ainsi les territoires innovants, résilients et plus attractifs. La réduction des coûts de fonctionnement des entreprises engendrés permet de renforcer la compétitivité des industriels.

La démarche est à la fois systémique car elle s’applique à l’échelle d’un système défini et générique car elle est réplicable sur tout type de territoire.

 

 

Le territoire dunkerquois, premier démonstrateur de cette méthodologie innovante

Celui-ci est soutenu par le territoire dunkerquois et en particulier la Communauté Urbaine de Dunkerque, le Grand Port Maritime de Dunkerque, ECOPAL, Pôlénergie, l’AGUR, la CCI Hauts de France, Euraénergie et le Syndicat de l’eau du Dunkerquois. Le périmètre d’étude regroupe une trentaine de sites industriels.

Les problématiques identifiées sur le territoire et traitées par EPIFLEX sont un important gisement de chaleur fatale et des tensions sur la ressource en eau du territoire en particulier en eau industrielle.
Après une collecte de données et l’implication de la plupart des sites concernés, les études menées ont montré de premières solutions pertinentes qui engendrent des gains conséquents sur les coûts opératoires des industriels, sur les consommations en eau et en énergie fossile contribuant ainsi à la décarbonation des industriels et du territoire.

Ces solutions ont été présentées fin janvier lors d’une journée de restitution qui a réuni 67 personnes (industriels, représentants des institutions du territoire et de la région) très enthousiastes par la promesse de gains économiques et environnementaux.

 

Une solution basée sur l’outil PHOENIX

​​​​​​​La solution EPIFLEX est basée sur l’outil d’aide à la décision PHOENIX, développé par la R&D d'EDF,  dans lequel est implémenté une méthode innovante d’intégration énergies/matières sous la forme d’un problème d’optimisation minimisant les coûts globaux comprenant les couts d’investissement et les couts opératoires.

La résolution mathématique du problème d'optimisation permet d’obtenir une solution optimale sur critères technico-économiques garantissant la rentabilité de la solution et des technologies proposées (échangeurs, réseaux, pompes à chaleur, unités de traitement, systèmes de conversions, stockages…).

PHOENIX prend en compte la dynamique des systèmes selon trois échelles distinctes : l’échelle horaire et l’échelle saisonnière pour la prise en compte de la temporalité des procédés ainsi que l’échelle annuelle permettant de prendre en compte la dynamique territoriale avec l’arrivée de nouveaux industriels ou la fermeture de sites.

La démarche étant générique et réplicable, d'autres territoires se montrent intéressés : des études ont débuté à Fos sur Mer et des discussions sont en cours sur d'autres zones industrialo-portuaires avec les Directions Actions Régionales d'EDF. L'application de la démarche est aussi en réflexion dans le cadre des études Post-Fessenheim.

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Pour toute information complémentaire, contactez solene.le-bourdiec@edf.fr