Le chantier Romanche-Gavet : un projet d’eau et d’avenir

Le nouvel aménagement hydroélectrique de Gavet est presque entièrement souterrain. Il remplace 6 centrales et 5 barrages anciens par 1 nouveau barrage et 1 nouvelle centrale, plus performante (+40% de production sur le même tronçon de rivière), plus sûre et plus respectueuse de son environnement. D’une puissance de 97 mégawatts (MW), la centrale hydraulique de Gavet produira 560 millions de kWh/an, l’équivalent de la consommation électrique des habitants des villes de Grenoble et de Chambéry, à partir d’une ressource d’énergie décarbonée et renouvelable : l’eau.

40% d’électricité produite en plus sur le même tronçon de rivière

Le nouveau barrage, la galerie de 10 km et la nouvelle centrale souterraine optimisent l’exploitation de l’eau de la rivière :

  • la centrale est équipée de 2 groupes Francis pour une puissance maximale de 97 MW ;
  • entre le barrage et les turbines, les 280 mètres dénivelé permettent à la chute d’eau de faire tourner chaque rotor de 92 tonnes à la vitesse de 500 tours/minute ;
  • la production annuelle moyenne est estimée à 560 millions de kWh (soit 40% de plus que les 6 anciennes centrales) qui est l’équivalent de la consommation résidentielle des habitants de Grenoble et de Chambéry cumulés (230 000 habitants).

Plus de sûreté pour tous les usages

Le nouvel aménagement a été conçu pour répondre à des enjeux d’accès plus sécurisé à la rivière, grâce à l’introduction d’une innovation unique en France : les dissipateurs d’énergie.
Conçus et installés pour éviter les fortes variations de débit dans le tronçon dit « court-circuité » (entre le barrage et la centrale), les dissipateurs sont une « sortie de secours sécurisée » de l’eau dans la rivière. En effet, en cas d’arrêt impromptu d’un groupe de production, le débit de la rivière n’est plus amplifié brutalement du fait de la non-utilisation de l’eau par la centrale : la force de l’eau présente dans la galerie est « dissipée » avant d’être rendu à la rivière à l’aval de la centrale. Les dissipateurs évitent ainsi des variations non-maitrisées de débit dans la rivière, le temps que l’exploitant du barrage augmente progressivement, par palier, le volume d’eau dans le tronçon, tout en respectant le lit naturel de la rivière.

Un aménagement mieux intégré dans son environnement et son territoire

La vallée de la Moyenne Romanche est étroite, à peine quelques centaines de mètres par endroit. Il était impossible d’y construire une centrale extérieure sans empiéter grandement sur les espaces de vie des riverains ! La majeure partie du nouvel aménagement est donc souterrain, creusé sous le massif de Belledonne. Seuls le barrage et les ouvrages de restitution de l’eau sont visibles et s’intègrent harmonieusement dans le paysage. De faibles hauteurs et bardés de bois qui se patine avec le temps, ils se fondent dans le paysage rocheux de la montagne.
Apres la construction du barrage, ses berges ont été renaturées avec la plantation d’espèces locales cueillies dans un rayon de 25 km autour du barrage afin d’éviter la prolifération de plantes invasives.
Le barrage comprend, en outre, une passe à poisson qui permettra aux poissons de la Romanche de frayer sur plus de 30 km entre Gavet et Venosc, en passant par Bourg d‘Oisans.
La déconstruction puis la renaturation des 5 barrages, de minimum 3 des anciennes centrales et des ouvrages annexes (cheminée d’équilibre, conduites forcées, canaux,…) permettra, à horizon 2021, d’offrir un aspect plus naturel à la vallée, tout en libérant des espaces propices au développement de nouveaux usages.