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Vendredi 27 mars, l’EPR de Flamanville a réalisé une manœuvre importante dans son programme de mise en service : un îlotage à pleine puissance, autrement dit un test où l’installation se déconnecte volontairement du réseau électrique pour fonctionner entièrement en autonomie. Une opération courte, très encadrée, qui marque un jalon décisif avant la fin des essais de démarrage.

Le dernier briefing, en salle de commande, a réuni l’ensemble des acteurs de l’essai ainsi que les observateurs de l’ASNR 

Qu’est‑ce que l’îlotage ?

En temps normal, une centrale nucléaire est reliée au réseau national : elle y injecte son électricité et en reçoit aussi une petite partie pour alimenter ses propres équipements.
Lors d’un îlotage, c’est tout l’inverse : le réacteur s’isole du réseau et s’alimente lui-même.

C’est précisément ce qui s’est passé vendredi 27 mars à 10h10 : les équipes ont ouvert le disjoncteur reliant l’EPR au réseau et l’installation a fonctionné seule pendant deux heures à puissance réduite. « L’ouverture du disjoncteur et la baisse de puissance du réacteur de 100% à 25% est très brève (quelques minutes), mais ce sont les deux heures qui suivent qui sont essentielles pour observer comment l’ensemble des systèmes se stabilise », explique Sébastien Frand, ingénieur en charge de la conduite de l’essai.

Une autonomie parfaitement maîtrisée

Pendant l’îlotage, l’unité de production continue de produire de l’électricité, mais à une puissance plus faible (entre 20 et 25%) qui permet tout de même de produire 90 MW soit la puissance électrique nécessaire à l’alimentation des équipements internes essentiels à la sûreté : pompes, systèmes de contrôle, auxiliaires…

À 13h15, l’unité de production a pu être reconnectée au réseau.

Une opération préparée dans le détail

Derrière cette manœuvre de quelques minutes, plusieurs semaines de préparation ont été nécessaires : une analyse de risques détaillée, une répétition de l’essai sur simulateur et un briefing réunissant toutes les équipes impliquées : conduite, ingénierie, essais, métrologie, Division technique générale… 

« La clé, c’est que tout le monde partage le même plan d’actions et les mêmes réflexes, du début à la fin de l’essai»souligne Sébastien. Ce briefing sest déroulé en salle de commande en présence de lensemble des acteurs et dobservateurs de lAutorité de sûreté nucléaire et de radioprotection.

Les prochaines étapes porteront maintenant sur des essais dits de «perte de matériel» : des tests où lon simule lindisponibilité dun équipement pour vérifier que la centrale réduit automatiquement sa puissance.

Vers la fin des essais de démarrage

D’autres essais techniques sont programmés dans les semaines à venir, ceux-ci marqueront la fin de la phase d’essais de démarrage de l’EPR de Flamanville.

Une fois l’ensemble des essais réalisés, l’installation entrera dans une nouvelle période : une phase de production qui se poursuivra jusqu’à une première étape majeure d’exploitation, la visite complète n°1 (VC1) programmée pour le 26 septembre 2026.