Événements significatifs du domaine sûreté concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés en mai 2026
Déclaration d’un évènement significatif générique de niveau 0 relatif à un écart de conformité d’accumulateurs de batterie de marque FIAMM
Sur les centrales nucléaires, des contrôles périodiques sont régulièrement réalisés afin de vérifier le bon fonctionnement des différents systèmes et matériels. Des contrôles visuels sont donc ainsi menés pour vérifier l’état des batteries. Le rôle des batteries est d’assurer une alimentation permanente et sans coupure pendant 1 heure des tableaux électriques nécessaires au fonctionnement des matériels importants pour la sûreté. A la suite des contrôles, il est apparu que plusieurs d’entre elles, de la marque FIAMM, n’étaient pas conformes à l’attendu et présentaient un vieillissement accéléré. Il a donc été demandé dans le cadre d’une task-force de faire un état des lieux exhaustif des batteries concernées. Par la suite, la task-force a défini une stratégie de surveillance renforcée de ces batteries et, de traitement, si besoin, des défauts observés.
Dans le cas d’une perte potentielle de batterie, il resterait toujours a minima une voie électrique disponible pour assurer le repli et maintenir le réacteur dans un état sûr.
En raison du vieillissement accéléré de ce type de batterie et ce, sur plusieurs sites, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection, le 26 mars 2026, un événement significatif pour la sûreté à caractère générique au niveau 0 de l’échelle INES, qui en compte 7, pour les réacteurs des centrales nucléaire de Belleville, Blayais, Bugey, Cattenom, Chinon, Cruas, Dampierre, Golfech, Nogent, Paluel, Saint Laurent des eaux et Tricastin.
Augmentation de la puissance thermique du réacteur à la suite d’une variation de la fréquence du réseau électrique
Le 26 avril 2026, l’unité de production n°3 de la centrale nucléaire de Paluel est en production.
A 10h00, une soudaine variation de la fréquence du réseau électrique a pour conséquence une augmentation de la puissance thermique du réacteur et le déclenchement d’une alarme en salle des commandes.
Immédiatement, les équipes de la centrale engagent les actions prévues nécessaires afin de remettre l’installation dans une configuration normale d’exploitation.
Cet événement n’a eu aucun impact sur la sécurité du personnel et la sûreté des installations.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 4 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
Arrêt automatique du réacteur lors de la réalisation d’un essai périodique
Le 14 mai 2026, l’unité de production n°2 de la centrale nucléaire de Paluel est en production.
Un essai périodique d’ilotage* est programmé.
Lors de cet essai, les équipes constatent une baisse anormale de la pression d’air dans l’un des circuits de l’installation. Cette situation conduit immédiatement au déclenchement automatique des différents mécanismes de protection du réacteur et à son arrêt automatique**.
Les équipes appliquent les procédures en vigueur lors de la survenue de ce type d’évènement et le réacteur est dans un état sûr.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 17 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
*L'îlotage consiste à isoler le réacteur du réseau électrique externe tout en le maintenant en puissance. Le réacteur produit uniquement par l'intermédiaire de son alternateur, l'énergie électrique nécessaire à son fonctionnement.
** L’’arrêt automatique du réacteur conduit, en quelques secondes, à la chute des grappes absorbantes de neutrons dans le cœur et donc à l'arrêt de la réaction en chaîne.
Non-respect d'une parade associée à la modification temporaire d’une condamnation administrative*
Le 5 mai 2026, l’unité de production n°3 de la centrale nucléaire de Paluel est en production.
Afin de réaliser une opération de maintenance sur l’installation, les équipes de la centrale procèdent à la levée d’une condamnation administrative sur une vanne du circuit de distribution d’eau déminéralisée. L’une des parades associées consiste à mettre en place un cadenas sur la vanne concernée avant et après l’intervention afin que seul le métier autorisé puisse la manipuler. L’opération de maintenance n’a finalement pas lieu comme prévu et est reportée au lendemain.
Le 6 mai dans la nuit, lors d’une ronde, les équipes de la centrale constatent l’absence du cadenas métier sur la vanne. L’installation est immédiatement remise en conformité.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 12 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
*Une condamnation administrative (scellé) permet de maintenir un organe important pour la sûreté de l’installation dans une position définie, empêchant toute manœuvre inappropriée.
Ecart qualité ayant engendré le remplacement d’un clapet erroné
Le 6 mai 2026, l’unité de production n°1 de la centrale nucléaire de Paluel est en arrêt programmé dans le cadre de la réalisation de sa 4ème visite décennale.
En amont de la réalisation de l'épreuve hydraulique du circuit primaire, les équipes de la centrale réalisent une pré-visite de l’installation.
A cette occasion, un écart entre les numéros de soudure en local et la gamme de contrôle est identifié. Des investigations sont alors menées et permettent de confirmer une inversion entre les deux repères d’identification des robinets.
Cette inversion a été détectée à posteriori du remplacement d’un robinet sur l’installation. Elle a donc eu pour conséquence le remplacement du mauvais robinet. De plus, les dossiers réglementaires requis pour réaliser les opérations de maintenance n’étaient pas conformes.
L’installation a été remise en conformité et les dossiers réglementaires ont été renvoyés en validation à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), conformément aux attendus.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 13 mai 2026, à l’ASNR au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
Ecart qualité ayant engendré la réalisation erroné d’un contrôle radiographique sur un clapet
Le 12 mai 2026, l’unité de production n°1 de la centrale nucléaire de Paluel est en arrêt programmé dans le cadre de la réalisation de sa 4ème visite décennale.
Avant de réaliser l'épreuve hydraulique du circuit primaire, un tir radiographique visant à vérifier l’état d’une soudure est réalisé sur un clapet préalablement identifié sur l’installation.
Une opération similaire avait déjà été réalisée durant la 3ème visite décennale de l’unité de production n°1 en juin 2016.
Des investigations menées par les équipes de la centrale confirment un écart dans le contrôle réalisé en 2016. En effet, le clapet concerné à l’époque aurait dû être identique à celui de 2026.
Les soudures des deux clapets ne montrent aucune anomalie depuis leur fabrication.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 18 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
* Tir radiographique : technique de contrôle non destructif consistant à positionner une source radioactive à proximité de l’élément à contrôler, de façon à obtenir un film radiographique permettant ensuite, par lecture du film, un contrôle de qualité de la pièce.
Non-respect d’une spécification technique d’exploitation (STE)*
Le 4 mai 2026, l’unité de production n°2 de la centrale nucléaire de Paluel est en production.
Une opération de maintenance sur le circuit d’aspersion de l’enceinte réacteur est programmée. Afin de réaliser cette activité et en application des procédures, il est nécessaire de déconnecter temporairement différents matériels du circuit.
Les équipes présentent en salle de commandes identifient qu’un des matériels a été déconnecté par erreur. Les actions permettant de remettre l’installation en conformité sont immédiatement engagées.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 5 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
* Spécification technique d’exploitation (STE). Les STE sont un recueil de règles approuvées par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation. Elles prescrivent notamment la puissance thermique de fonctionnement des réacteurs.
Non-respect d’une spécification technique d’exploitation (STE)*
Le 28 avril 2026, l’unité de production n°2 de la centrale nucléaire de Paluel est en production.
Une consignation est posée afin de condamner temporairement l'alimentation principale de la protection incendie de la salle des machines et des transformateurs de soutirage et auxiliaires.
Durant cette période, il est prévu que la protection incendie soit uniquement assurée par l'alimentation de secours du système incendie. La vanne dédiée doit donc rester en position ouverte.
Le 9 mai 2026, les équipes de la centrale constatent l’absence d’eau d’extinction malgré l’ouverture de la vanne. Les investigations menées ont permis de confirmer que la vanne était finalement en position fermée.
Les actions permettant de remettre l’installation en conformité sont immédiatement engagées.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 12 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
* Spécification technique d’exploitation (STE). Les STE sont un recueil de règles approuvées par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation. Elles prescrivent notamment la puissance thermique de fonctionnement des réacteurs.
Dégradation d’un élément de la pompe du système d’aspersion de secours de l’enceinte
Le 11 mars 2026, l’unité de production n°1 de la centrale nucléaire de Paluel est en arrêt programmé dans le cadre de la réalisation de sa 4ème visite décennale.
Les équipes de la centrale procèdent à une visite du système d’aspersion de secours de l’enceinte du réacteur. A cette occasion, des fragments étrangers sont découverts à l’intérieur du système.
Afin d’en identifier l’origine, la pompe du système d’aspersion de secours de l’enceinte est ouverte. A cette occasion, une dégradation d’un élément de la pompe est constatée. Les fragments sont extraits du système.
Le remplacement de l’élément dégradé est effectué.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Il a toutefois été déclaré le 5 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
Événements significatifs du domaine radioprotection concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés en mai 2026
Débordement de la piscine du bâtiment réacteur
Les 26 et 27 avril 2026, l’unité de production n°1 de la centrale nucléaire de Paluel est en arrêt programmé dans le cadre de la réalisation de sa visite décennale.
La réalisation d’une épreuve réglementaire du circuit primaire principal nécessite son remplissage en eau borée*.
Lors de cette phase, la mauvaise configuration d’une vanne du circuit conduit à un débordement d’eau borée de la piscine du bâtiment réacteur.
Dès la détection de l’événement, les équipes sur place stoppent le remplissage en eau de la piscine et procèdent à une remise en conformité de l’installation.
Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le personnel, ni sur l’environnement. Les effluents ont été collectés et des actions de décontamination ont été menées.
Cet événement a été déclaré le 5 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
*L’eau borée utilisée en centrale nucléaire est de l’eau dans laquelle on a dissous du bore, généralement sous forme d’acide borique. Dans les réacteurs à eau pressurisée, comme ceux du parc nucléaire français, elle sert surtout à contrôler la réaction nucléaire. Le bore a une propriété essentielle : il absorbe les neutrons. Or les neutrons sont nécessaires pour entretenir la réaction en chaîne dans le cœur du réacteur. Plus l’eau contient de bore, plus elle freine la réaction nucléaire.
Débordement d’eau borée dans le bâtiment réacteur
Le 8 mai 2026, l’unité de production n°1 de la centrale nucléaire de Paluel est en arrêt programmé dans le cadre de la réalisation de sa visite décennale.
Dans le cadre des opérations de maintenance à réaliser, les équipes de la centrale procèdent au remplissage du circuit d’injection de sécurité (RIS)*.
Le niveau d’eau injecté est supérieur au niveau requis par les consignes. Cette situation conduit donc à un débordement d’eau borée dans le bâtiment réacteur. Le remplissage est immédiatement stoppé et l’installation est remise en conformité.
Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le personnel, ni sur l’environnement. Les effluents ont été collectés et des actions de décontamination ont été menées. Il a toutefois été déclaré le 13 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
* Le circuit RIS est un système de secours conçu pour assurer le refroidissement du réacteur. Il permet d’injecter dans le circuit primaire de l’eau contenant du bore à forte pression, assurant la maîtrise de la réaction en chaîne.
Erreur de classification et de signalisation d’un sac de déchets nucléaires
Le 6 juin 2025, l’unité de production n°4 de la centrale nucléaire de Paluel est en production.
A l’issue d’une intervention en zone nucléaire, des salariés déposent des sacs de déchets dans une zone spécifique afin qu’ils soient pris en charge par la filière de traitement dédiée.
Ces sacs sont identifiés comme ayant un débit d'équivalent de dose* relevant d’une zone orange.
Lors d’une opération de contrôle réalisée à posteriori, un intervenant identifie que l’un des sacs présente un débit de dose relevant d’une zone rouge. Il engage immédiatement les actions afin qu’il soit pris en charge de manière conforme.
Cet événement n’a pas eu de conséquence sur le personnel puisque les sacs ont toujours été situation représente un écart et a fait l’objet d’une déclaration le 4 mai 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
*Le débit d'équivalent de dose d’une zone orange est susceptible d'être compris entre 2 millisievert par heure (mSv/h) et 100 mSv/h. Pour la zone orange, il est supérieur à 100 mSv/h.