Événements significatifs du domaine sûreté concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés au niveau 0 sous l’échelle INES en avril 2026.

Défaut de maitrise d’un changement d’état d’exploitation 

Le 7 janvier 2026, dans le cadre de la mise à l’arrêt de l’unité de production n°1 pour visite décennale, un changement d’état d’exploitation du réacteur est opéré, après autorisation. Comme prévu dans les consignes, la pression du circuit primaire atteint 5 bars et le réacteur est alors en configuration « arrêt pour intervention ».

L’action sur le débit de charge d’une vanne occasionne la montée en pression du circuit primaire à 5,3 bars. Cette augmentation entraine le passage dans un autre état d’exploitation, non prévu, pendant 1 minute. Cet événement constitue un non-respect des Spécifications techniques d’exploitation (STE), qui recueillent l’ensemble des règles à respecter pour la conduite des installations.

Non remise en configuration d’une vanne à la suite d’un essai

Le 9 avril 2026, l’unité de production n°4 est en fonctionnement et à disposition du réseau électrique national.  Un essai périodique est réalisé sur le circuit de secours d’aspersion enceinte*. Le 10 avril, l’essai est soldé et déclaré satisfaisant. Le 14 avril, les équipes de la centrale constatent que l’une des vannes du circuit EAS, ouverte dans le cadre de l’essai, n’a pas été refermée. Cette dernière est immédiatement remise en conformité. Le circuit EAS est toujours resté disponible. Cependant, cet événement constitue cependant un défaut de configuration au titre de la sûreté des installations.

*Le circuit d'aspersion dans l'enceinte fait partie des dispositifs de sécurité prévus à la conception des réacteurs nucléaires. Il permet de pulvériser, en cas d'accident, de l'eau contenant de la soude dans l'enceinte du réacteur afin d'en diminuer la pression et la température, et de retenir l'iode radioactif qui pourrait être libéré. Afin de s'assurer de la disponibilité et du maintien des performances de ces dispositifs de sécurité, l'exploitant réalise périodiquement des essais (Source ASNR).

Indisponibilité d’un matériel ayant conduit au repli d’une unité de production

Le 27 avril 2026, l’unité de production n°3 est fonctionnement et à disposition du réseau électrique national. Une surveillance en local est sollicitée par la salle de commande à la suite de l’apparition répétée d’une alarme sur une armoire du contrôle commande. Le 28 avril, après analyse, un châssis du contrôle commande en défaut est déclaré indisponible. L’indisponibilité cumulée de plusieurs matériels nécessite, en application des règles générales d’exploitation, de replier l’unité de production sous 1h, dans un état d’exploitation inférieur à 90°C. Après réparation, le châssis est de nouveau disponible et le repli de l’unité est arrêté. 

Non-respect d’une parade associée à la condamnation administrative d’une vanne

Le 17 avril 2026, l’unité de production n°4 est en fonctionnement et à disposition du réseau électrique national. Dans le cadre du remplacement d’un joint sur un matériel situé en zone nucléaire, un rinçage à l’eau est nécessaire. Pour cela, l’autorisation est donnée d’ouvrir une vanne du système d’eau déminéralisé, fermée par une condamnation administrative*. L’une des parades associées à l’autorisation consiste à mettre en place un cadenas sur la vanne avant et après l’intervention afin que seul le métier autorisé puisse manipuler la vanne. Le 18 avril, le cadenas est retiré pour l’opération de maintenance mais il n’est pas reposé à son issue. Le 19 avril, les équipes de la centrale constatent l’absence du cadenas sur la vanne. Elles remettent en place la condamnation administrative. Cet événement a été déclaré le 23 avril 2026, à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.

*Une condamnation administrative (scellé) permet de maintenir un organe important pour la sûreté de l’installation dans une position définie, empêchant toute manœuvre inappropriée.

Événements significatifs du domaine radioprotection concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés au niveau 0 sous l’échelle INES en avril 2026.

Absence de balisage en zone nucléaire

Le 18 mars 2026, lors d’une opération de levage en zone nucléaire de l’unité de production n°1, les équipes de la centrale constatent qu’un balisage « zone orange »* a été retiré. Après échange avec le service prévention des risques, les intervenants réalisant le levage s’engagent à remettre le balisage à la fin de l’opération. Le même jour, à 16h35, à la suite d’une alarme dans le bâtiment réacteur, les salariés quittent la zone nucléaire sans remettre en conformité le balisage « zone orange ». Celui-ci est remis en place par les équipes du site, au cours de la nuit. Cet événement constitue un non-respect des règles de radioprotection. 

* Dans le cadre de la radioprotection des intervenants, les locaux de zone nucléaire sont classés et balisés par des salariés spécialisés en prévention des risques. Cela permet une visualisation de l’exposition plus ou moins importante aux rayonnements ionisants. Les zones sont identifiées par une couleur « bleu, vert, jaune, orange et rouge ».