La publication au journal officiel du décret autorisant le démantèlement complet de la centrale nucléaire de Fessenheim le 3 mai 2026 constitue une étape décisive. Elle ouvre la voie au lancement des premières opérations de démantèlement dans les bâtiments nucléaires. Ces opérations pourront débuter dans les semaines à venir après l’approbation par l’ASNR de nouvelles règles générales d’exploitation adaptées au démantèlement.

Une préparation technique exemplaire 

Dès l’arrêt définitif des réacteurs, en 2020, la centrale nucléaire de Fessenheim est entrée dans une phase de pré-démantèlement, visant à préparer les opérations de démantèlement des installations nucléaires. Les travaux réalisés comprennent :

  • l’évacuation de l’ensemble du combustible nucléaire soit 99,9 % de la radioactivité présente sur le site ;
  • l’adaptation des installations aux opérations de démantèlement, avec l’aménagement de la salle des machines en zone d’entreposage et de transit de déchets issus des bâtiments nucléaires ; 
  • la rénovation des équipements, tels que les ponts de levage qui seront utilisés dans le cadre des opérations de démantèlement ; 
  • la valorisation de 30 millions d’euros d’équipements, en leur donnant une seconde vie sur le parc nucléaire en exploitation.

Les premiers chantiers emblématiques du démantèlement seront engagés dès 2026

Réalisées par EDF, Cyclife Engineering (filiale d’EDF) et les partenaires industriels locaux, les premières opérations de démantèlement des bâtiments nucléaires seront engagées dès 2026, sous le contrôle de l’ASNR. Parmi elles : 

  • le retrait des alvéoles de maintien des éléments combustible dans la piscine du bâtiment combustible n°1 ;
  • la dépose des trois générateurs de vapeur du bâtiment réacteur n°1. 

Ces opérations seront ensuite menées dans les bâtiments nucléaires du réacteur n°2. Elles seront suivies du démantèlement électromécanique, de l’assainissement des structures, de la démolition des bâtiments et de la réhabilitation du site, permettant de le restituer pour un nouvel usage industriel dans les meilleures conditions de sécurité, de sûreté et de maîtrise technique. Le contrôle des rejets et la surveillance de l’environnement du site se poursuivront tout au long du démantèlement : 3 000 prélèvements et 4 500 analyses sont réalisés chaque année. 

Le démantèlement de Fessenheim générera 405 000 tonnes de matériaux dont 95 % non-radioactifs. Il s’agit pour l’essentiel de bétons qui seront réutilisés sur site comme remblais. Les 5 % de déchets radioactifs seront triés et orientés vers des filières dédiées, selon leur nature et leur niveau de radioactivité. 

Le chantier durera jusqu’en 2048 et mobilisera 300 personnes en moyenne par an. 

Le coût du démantèlement de la centrale de Fessenheim est provisionné dans les comptes du groupe EDF, comme pour chaque réacteur en France.

Delphine RORIVE, chargée de mission communication et tertiaire : 07 60 86 95 32