27 juil 2017

Préparer l’avenir du stockage d’énergie

Batteries, stations de transfert d’énergie par pompage STEP, stockage souterrain d’air comprimé, etc. Les solutions de stockage sont aujourd’hui bien installées dans le paysage énergétique. Leur principal atout est de faciliter la gestion des flexibilités dans les systèmes électriques, et donc l’intégration du solaire et de l’éolien, variables par nature. On peut par exemple stocker l’énergie en période d’excédent de production et la réintroduire sur le réseau lors des pics de consommation.
« Les autres cas d’application sont la constitution de réserves, pour parer notamment à différents aléas des systèmes électriques comme la perte de groupes de production, et le stockage de l’énergie produite localement pour éviter de saturer les réseaux de distribution »
explique Étienne Brière, directeur des programmes énergies renouvelables, stockage et environnement à la R&D d’EDF.
Mais le stockage, loin de ne s’appliquer qu’à l’électricité, trouve également des débouchés dans le domaine thermique. En France, à Brest, l’exemple du vaste réservoir d’eau chaude (1 000 m³), conçu par Éco Chaleur de Brest (filiale de Dalkia) et construit sur un campus universitaire, illustre les bénéfices que cette option peut apporter aux territoires. L’eau est chauffée par une unité de valorisation énergétique des déchets qui produit de la chaleur en brûlant les ordures ménagères; le réservoir restitue cette énergie lors d’une demande de pointe, permettant ainsi d’éviter de faire appel aux chaufferies au gaz.

La bonne énergie, au bon endroit, au bon moment

Parmi les technologies de stockage existantes, beaucoup restent pénalisées par leur coût élevé et leur rendement insuffisant. L’ambition d’EDF est de sélectionner les plus prometteuses, d’identifier les usages auxquels elles se prêtent et de les faire progresser sur des paramètres ciblés: densité énergétique, sûreté de fonctionnement, prix, etc. Dans le domaine des batteries, des recherches sont engagées sur le couple chimique zincair, potentiellement plus performant que la filière dominante lithium-ion, pour certaines applications comme le stockage d’énergie sur plusieurs heures. Elles se sont déjà traduites par la mise en place de plusieurs brevets et la création de la société Zinium en charge de l’industrialisation de cette nouvelle technologie.
« Nous réfléchissons aussi aux moyens d’utiliser les batteries pour aider les collectivités et leurs administrés à récupérer rapidement les fonctions minimales après un événement météorologique violent, comme notamment la possibilité de s’éclairer le soir »
souligne Étienne Brière.
Toutes ces pistes et bien d’autres ont été pré- sentées le 23 juin à Bordeaux, lors de la nouvelle édition du Printemps de la Recherche, une journée organisée par la R&D d’EDF. « Le stockage donne lieu à un fourmillement d’innovations qu’il faut encourager. C’est à cette condition que, dans la diversité de leurs problématiques, les territoires pourront disposer de solutions permettant de délivrer la bonne énergie, au bon endroit, et au bon moment! »
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