20 juil 2017

Quand la rénovation énergétique anticipe les évolutions du bâtiment de demain

Quelle place le secteur du bâtiment occupe-t-il dans la stratégie énergétique des collectivités ?

Jean-Pierre Frémont : Depuis la mise en application des réglementations thermiques 2005 et 2012, les bâtiments se font sans cesse moins énergivores. Une tendance à la sobriété entérinée par la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte, ainsi que par la stratégie nationale bas carbone (SNBC). Entre 2010 et 2030, le secteur devra diminuer de 28 % sa consommation d’énergie. S’y ajoutent des objectifs de lutte contre le réchauffement climatique – réduction de 87 % des émissions de gaz à effet de serre entre 2013 et 2050, recours aux énergies renouvelables à hauteur de 32 % de la consommation d’énergie. C’est dire si le bâtiment s’impose pour l’ensemble des acteurs comme l’un des principaux champs d’intervention pour répondre aux enjeux de la transition énergétique. Et ce n’est qu’un début! La rénovation du bâtiment est aussi l’occasion de transformer des usages énergétiques anciens par des usages bas carbone, avec notamment le développement de l’autoconsommation.


Quels sont les enjeux liés à l’amélioration de la performance des parcs immobiliers?

J.-P. F. : Les enjeux sont la réduction des émissions de CO2 en lien avec la loi de transition énergétique pour la croissance verte et la stratégie nationale bas carbone. Les collectivités sont toujours plus nombreuses à s’engager dans des projets de rénovation de bâtiments publics. Au-delà des obligations réglementaires, plusieurs motivations les y incitent: préserver la valeur de leur patrimoine immobilier, alléger la facture énergétique et améliorer le confort des occupants notamment. Que ce soit sur l’efficacité énergétique des bâtiments ou sur les habitudes de consommation, EDF est à la tête d’un capital de connaissances unique. Avec l’appui de ses filiales, le groupe EDF a développé de nombreux outils qui permettent d’établir des diagnostics et des préconisations, préalables à la rénovation, afin d’opter pour des solutions énergétiques bas carbone adaptées à chaque situation. Dans le cas du programme Nov’Écoles, la plus vaste entreprise de rénovation énergétique engagée par la ville de Paris en 2007, Optimal Solutions, filiale de Dalkia, dans le groupe EDF, a combiné une approche sur mesure qui intègre les spécificités architecturales et thermiques de chaque école. Les écoles représentant 25 % du parc immobilier de la capitale, l’objectif de la ville de Paris est de réduire de 30 % les émissions de CO2 et d’atteindre 30 % d’économies d’énergie à l’horizon 2020.
La rénovation du bâtiment est aussi l’occasion de transformer des usages énergétiques anciens par des usages bas carbone, avec notamment le développement de l’autoconsommation.
Jean-Pierre Frémont, directeur Collectivités d'EDF

Sur quels leviers EDF joue-t-elle pour conduire les bâtiments vers la haute performance énergétique et environnementale?

J.-P. F. : Il convient de rappeler que l’électricité fran- çaise est très largement décarbonée, ce qui est un atout. La haute performance énergétique et environnementale passe par les équipements de diffusion de l’énergie, tels les nouveaux radiateurs plus performants sur le plan de la restitution de l’énergie, et donc du confort, connectés et capables de s’adapter aux conditions de vie de l’immeuble, ainsi que les solutions de fourniture – issues de sources aussi décarbonées que possible. L’interview de Jean-Pierre Frémont, directeur Collectivités d’EDF Mais aussi l’isolation du bâti, les systèmes de production locale d’énergies renouvelables, sans oublier les dispositifs de gestion, de stockage et d’échange d’énergie avec les autres bâtiments d’un même îlot ou d’un même quartier… Diagnostics, études énergétiques, l’apport d’EDF repose également sur la mobilisation de ses équipes de recherche et développement pour l’innovation. Elles exercent un rôle de veille et de qualification sur les nouveaux matériaux isolants et sur les solutions de récupération d’énergie et de stockage, grâce auxquels les bâtiments puisent dans l’environnement un maximum d’apports d’énergie « gratuits ». Lorsque des travaux de rénovation sont effectués, l’efficacité énergétique d’un bâtiment dépend des modalités d’exploitation et de suivi des indicateurs. Lorsque cela est possible, des engagements de performance peuvent être apportés par l’opérateur s’il est responsable du pilotage de l’installation. C’est pourquoi ces opérations de rénovation peuvent être assorties de garanties de performance énergétique. Celle-ci prend souvent la forme de contrats de moyenne à longue durée et comportant des engagements chiffrés en termes de consommation, de fiabilité des équipements, de confort des occupants et de reporting. Le management et le pilotage de l’énergie y sont intégrés.

Comment le bâtiment pourrait-il optimiser sa contribution à l’accélération de la transition énergétique?

J.-P. F. : Par exemple en s’ouvrant à des fonctions nouvelles qui en feraient le cœur d’un système énergétique local. Un programme de rénovation peut ainsi donner l’occasion de construire un parking équipé de bornes de recharge. Se dessine alors un modèle où la valeur du bâtiment ne réside plus seulement dans celle du foncier ou des murs, mais dans l’usage et la palette de services proposés aux occupants directs ou à son voisinage. C’est, en perspective, l’émergence de nouveaux champs de compétences dans lesquels EDF sera en mesure de concevoir, mettre en œuvre et exploiter des solutions innovantes au service de ses partenaires, les collectivités.
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