06 Juin 2014

Le Contrat de Performance Energétique favorise l’efficacité de la dépense publique

Jacques Pélissard, député-maire de Lons-le-Saunier, président de l’Espace Communautaire Lons Agglomération (ECLA), président de l’Association des Maires de France.

Votre avis sur le partenariat engagé entre Lons-le-Saunier et EDF Collectivités depuis 2007 ?

En 2007, Lons-le-Saunier a signé son premier protocole d’éco-efficacité énergétique avec EDF Collectivités. Avec la valorisation des CEE (Certificats d’Economies d’Energie) sur de petites opérations, une méthode de travail partagée, des discussions, cette première étape nous a permis d’initier des réels rapports de partenariat. L’accompagnement que nous a apporté EDF Collectivités dans la réflexion autour du PCET (Plan Climat Energie Territorial) lancé par la communauté d’agglomération, les a confirmés. Pour nous, il est essentiel de conjuguer la planification comme les protocoles d’éco-efficacité énergétique ou le PCET avec des actions ciblées dans une approche globale, dont l’objectif est de contribuer à atteindre les 3x20 à l’horizon 2020 (diminution de 20 % des émissions de gaz à effet de serre, augmentation de 20 % de l’efficacité énergétique, 20 % d’énergies renouvelables dans la consommation finale d’énergie). Création de chaufferies bois, création et extension de réseaux de chaleur, mise en place d’un PDIE (Plan de déplacement Inter-Etablissements), mise à disposition d’un service de Conseil en énergie partagé pour les communes de l’agglomération, aide à la réhabilitation du parc public dans le cadre du PLH (Plan Local Habitat), opération ANRU (Agence nationale pour la Rénovation Urbaine),… font partie des actions menées ces dernière années. Rappelons aussi que Lons-le-Saunier est depuis plus de dix ans investie dans la promotion des circuits courts. La Ville poursuit le développement de l’alimentation à partir de produits bio de proximité pour l’ensemble des 1,2 million de repas produits chaque année dans notre cuisine centrale pour les scolaires, les personnes âgées, l’hôpital, … Avec 100 % de bio pour tous les produits, hormis le maraichage qui est à 25 %, nous avons donc dépassé les objectifs du Grenelle Environnement qui étaient d’atteindre les 20 % d’approvisionnement en bio pour pérenniser les filières d’approvisionnement locales. La création d’une légumerie bio prévue au budget 2014 devrait nous permettre de progresser encore. De l’énergie au bio, l’approche environnementale de Lons-le-Saunier est cohérente et globale.

Le Contrat de Performance Energétique (CPE) est aujourd'hui au coeur de la réflexion des élus. Que pensez-vous de cette approche ?

En 2007, le premier axe de la Charte des maires pour l’Environnement, à laquelle ont souscrit de très nombreuses collectivités territoriales, était « promouvoir la sobriété énergétique, économiser les ressources et lutter contre les changements climatiques ». L’Association des Maires de France (AMF) prônait déjà une politique responsable, en avance sur le Grenelle Environnement. Pour les collectivités territoriales, le CPE est un outil qui permet de fixer des objectifs ambitieux, d’engager une démarche très volontariste en termes d’économies d’énergie et de réduction des émissions de gaz à effet de serre (GES). Cette approche présente un autre avantage, celui d’être une solution globalisante, qui permet une meilleure synergie des actions. Le coût de l’exploitation – souvent assurée par la collectivité territoriale - est très peu pris en compte dans le cas classique d’un marché divisé en plusieurs lots. Portant de la conception réalisation à l’exploitation et à la maintenance, le CPE est à mon sens une formule qui favorise l’efficacité de la dépense publique. C’est celle qu’a choisi Lons-le-Saunier. Suite à un appel d’offres, nous avons confié à un groupement d’entreprises mené par EDF Optimal Solutions1, filiale d'EDF la réhabilitation de huit sites municipaux : trois écoles, deux groupes scolaires, un centre social, la Maison des Associations et la MJC. La ville de Lons-le-Saunier est la première collectivité de France à avoir choisi de financer elle-même son CPE. Ce contrat portant sur 6,8 millions d’euros constitue le plus important projet de la Ville pour les trois années à venir. Il s’agit d’un investissement totalement transparent pour nos administrés et d’un choix militant, dont nous attendons des retombées importantes sur le long terme. Il comprend une garantie sur les résultats : réduction de 42 % des consommations énergétiques et de 63 % des émissions de CO2 sur seize ans.

Qu'attendez-vous de ce projet en termes d'impact pour l'économie locale ?

Le marché du bâtiment et des travaux publics subit de fortes tensions en ce moment. Nous attendons très clairement de ce marché des retombées d’activité pour les entreprises du Jura, qui en ont bien besoin. Un marché nouveau, ce sont aussi des compétences nouvelles à développer pour les entreprises du secteur. La Ville s’attache à promouvoir des produits qui peuvent être issus du territoire jurassien. Nous avons par exemple imposé au cahier des charges du CPE l’utilisation de laine de bois, un isolant naturel qui présente l’avantage de ne pas être l’amiante de demain. Lons-le-Saunier doit se fixer maintenant une nouvelle mission : inviter nos entreprises au développement de cette filière de biomatériaux.

1Le groupement d’entreprises est constitué de EDF Optimal Solutions et de l’Agence Courtois Architectes

 

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