La fiscalité de l’électricité applicable aux acteurs publics et collectivités s’inscrit dans un cadre réglementaire en constante évolution. En 2026, plusieurs changements concernent les taxes et contributions liées à l’électricité, avec des effets variables selon les usages, les équipements et les activités concernées. Tour d’horizon des règles applicables, des évolutions récentes et impact sur les dépenses énergétiques des collectivités.

Quelles sont les taxes appliquées à l’électricité aujourd’hui ?

Trois taxes et contributions principales s’appliquent à l’électricité consommée par les collectivités. Elles sont dues quel que soit le fournisseur et figurent sur l’ensemble des factures d’électricité. Fixées par les pouvoirs publics, elles représentent une part de la facture d’électricité et participent au financement de différentes politiques publiques et missions de service public. 

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    L’accise sur l’électricité

    L’accise sur l’électricité est une taxe régie par le Code des impositions sur les biens et services, qui est reversée au budget de l’État. L'accise s’applique à l’ensemble des consommateurs finals d’électricité depuis le 1er janvier 2004. 

    En savoir plus sur l’accise

  • 2

    La contribution tarifaire d’acheminement

    La CTA correspond à une taxe calculée sur les coûts de transport et de distribution de l’énergie, par application d’un taux sur la part fixe du Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE). Elle permet de financer les anciens droits à la retraite des activités régulées, ainsi qu’une quote-part des coûts liés à leur intégration au régime général. 

  • 3

    La TVA sur l’électricité

    La taxe sur la valeur ajoutée (TVA) est un impôt indirect sur la consommation qui est proportionnelle à la valeur des biens et des services taxés. Elle s’applique à l’électricité ainsi qu’aux autres composantes de la facture, conformément aux règles fiscales en vigueur.

    En savoir plus sur la TVA 

Évolutions des taxes et contributions en 2026

La loi de finances pour 2026 a modifié le niveau de taxation de l’électricité. Les évolutions concernent principalement l’accise sur l’électricité et la contribution tarifaire d’acheminement.

Révisions des taxes sur l’électricité

Accise

Depuis le 1er février 2026, les tarifs d’accise sur l’électricité ont été revalorisés à la hausse, conformément aux tarifs prévus par la loi de finances pour 2025, majorés de l’inflation. Cette évolution s’applique à l’ensemble des consommateurs finals d’électricité, dont les collectivités, selon les usages déclarés et la puissance des sites concernés. 

Voir les barèmes détaillés 

CTA 

Au 1er février 2026, les taux de la contribution tarifaire d’acheminement ont été revus à la baisse par le législateur : 

  • pour les sites raccordés au réseau public de transport (RTE), le taux de CTA est fixé à 5% ;
  • pour les sites raccordés au réseau public de distribution (Enedis), le taux de CTA est fixé à 15%. 

La CTA reste  soumise à la TVA au taux de 20% depuis le 1er août 2025. 

Prochaines échéances réglementaires

Évolutions à venir de l’accise  

Une évolution à la baisse des tarifs d’accise sur l’électricité est prévue au 1er août 2026, pour les taux pleins uniquement, conformément aux dispositions de la loi de finances pour 2026. Ces ajustements s’inscrivent dans la continuité des évolutions engagées depuis 2025.

Informations

Impact de l’évolution des taxes sur le budget électricité de votre collectivité 

L’évolution des taxes et contributions ne conduisent pas forcément à une augmentation du budget électricité, ils doivent être considérés de façon globale. Par exemple, la revalorisation de l’accise intervenue au 1er février 2026 a été compensée par la baisse des taux de CTA en moyenne pour l’ensemble des clients.
L’impact final dépend de plusieurs paramètres s, notamment la puissance souscrite, le mode de raccordement des sites, les profils de consommation et, le cas échéant, l’éligibilité à des régimes spécifiques. 

Tout savoir de l’accise sur l’électricité

Comprendre l’accise sur l’électricité

L’accise sur l’électricité est régie par le Code des impositions sur les biens et services (CIBS), qui en fixe le cadre juridique, les catégories fiscales et les modalités d’application. Sa gestion et son recouvrement ont été transférés à la Direction Générale des Finances Publiques depuis le 01/01/2022. Collectée par les fournisseurs d’énergie depuis le 1er janvier 2004, cette taxe est ensuite reversée à l’État. Les collectivités peuvent bénéficier, sous certaines conditions, d’exonération ou de tarifs réduits. À noter que l’accise sur l’électricité est soumise à la TVA. 

Les différences entre accise, TICFE et CSPE

Les termes CSPE (Contribution au service public de l’électricité) et TICFE (Taxe intérieure sur la consommation finale d’électricité) désignent les anciens noms de cette taxe. Depuis la réforme de la fiscalité énergétique en 2022, ces appellations ont été remplacées par une dénomination unique : l’accise sur l’électricité. 

Évolution de l’accise en 2026 selon la puissance et l’usage

L’accise sur l’électricité évolue en fonction de la puissance sous laquelle l’électricité est fournie (exprimée en kilovoltampères, kVA) et de la nature des usages pour lesquels l’électricité est consommée (activités économiques ou non économiques). 

Ces critères permettent de distinguer quatre catégories fiscales, définies par la réglementation. Les évolutions intervenues en 2026 s’inscrivent dans le cadre fixé par les lois de finances successives, avec une revalorisation des tarifs applicables. 

Les tarifs d’accise qui s’appliquent aux collectivités 

Les tarifs d’accise applicables aux collectivités varient selon les catégories fiscales, en fonction de la puissance souscrite et de l’usage déclaré. Ces tarifs ont été revalorisés à la hausse au 1er février 2026 mais feront l’objet d’une légère baisse au 1er août 2026. 

Les tarifs pleins pour 2026 sont récapitulés dans le tableau ci-dessous :  

Catégorie fiscale (électricité) Activités pour les besoins desquelles l'électricité est consommée Puissance sous laquelle l'électricité est fournie Tarif c€/KWh(1) du 1er février 2026 Tarif c€/KWh(1) 1er août 2026 Public concerné
Ménages et assimilés Activités non économiques Inférieure ou égale à 250 kVA 3,085 3,062 Particuliers (abonnements jusqu’à 36 kVA), services publics et collectivités pour leurs sites dont la puissance ne dépasse pas 250 kVA (ex : éclairage public, locaux communaux de taille moyenne etc.). 
Ménages et assimilés Activités économiques Inférieure ou égale à 36 kVA 3,085 3,062 Activité économique pour une collectivité, exercée comme un opérateur sur un marché, c’est-à-dire impliquant la fourniture de biens ou services à des usagers contre paiement. (ex : exploitation d’un parking payant) 
Entreprises et assimilés  Activités économiques Supérieure à 33 kVA et inférieure ou égale à 250 kVA 2,658 2,635 Taux normal “professionnel” appliqué aux consommateurs importants.  
Entreprises et assimilés  Activités économiques Supérieure à 36 kVA 2,658 2,635 Rarement appliqué aux collectivités. Les collectivités y sont soumises pour leurs installations d’une puissance supérieure à 250 kVA (ex : très grand équipement ou réseau public). 

 

Concernant le gaz naturel, vous pouvez consulter notre page dédiée à l’accise sur les gaz naturels (ex-TICGN) pour en savoir plus sur cette taxe et son application. 

Activités économiques ou non économiques : quel régime fiscal pour les collectivités ?

Une activité économique s’entend d’une activité exercée en vue d’obtenir des recettes présentant un caractère de permanence, en lien direct avec ses actes. Cela suppose donc l’exercice d’une activité à titre onéreux. Une activité non-économique s’entend d’une activité liée à l’exercice de l’autorité publique, sans but lucratif notamment.  

L’analyse de l’activité des collectivités doit être conduite par chaque collectivité directement au regard de son activité réelle et communiquée à son fournisseur. Ce dernier ne saurait être tenu responsable de la qualification retenue.  

La nature de l’activité détermine
 le tarif de l’accise 

Pour une collectivité, le bon régime dépend de l’usage réel du site. Par exemple, une salle municipale gratuite relève plutôt d’une activité non économique alors qu’une piscine payante ou un parking exploité contre rémunération relèvent d’une activité économique. La qualification économique ou non économique, combinée à la puissance souscrite, détermine la catégorie fiscale et donc le taux d’accise applicable pour les collectivités dont l’analyse doit être faite au cas par cas. 

Services publics relevant d’activités non économiques ?

 Les activités non économiques correspondent en principe aux services publics exercés hors logique marchande. Elles sont assurées dans l’intérêt général, sans vente de biens ou de services. 

  • éclairage public 
  • bâtiments administratifs, écoles, crèches, médiathèques 
  • services de sécurité civile 
  • espaces publics et équipements gratuits 

Ces usages relèvent en principe de la catégorie « ménages et assimilés » tant que la puissance reste inférieure ou égale à 250 kVA. Au-delà de 250 kVA, un usage non économique peut relever de la catégorie « entreprises et assimilés ». Ce cas reste rare pour les collectivités. 

Quel régime pour les régies, piscines et équipements à activité économique ? 

Une activité est généralement économique lorsqu’elle est exercée de manière lucrative. C’est le cas, par exemple, d’un parking payant, d’une piscine avec droit d’entrée ou d’un équipement loué. 

  • parkings payants et régies de stationnement 
  • piscines, patinoires ou équipements exploités avec billetterie 
  • services ou équipements loués à des tiers 
  • certaines régies de transport, de port ou de distribution 

Pour ces usages, l’électricité suit le régime des activités économiques. Jusqu’à 36 kVA, le site reste dans la catégorie « ménages et assimilés ». Au-delà, il relève de la catégorie « entreprises et assimilés ». Pour appliquer le bon tarif, la collectivité doit donc qualifier chaque site selon son usage réel. Un changement d’usage peut entraîner un changement de régime d’accise. 

Informations

Quel régime s’applique à l’éclairage public ?   

L’éclairage public relève d’une activité non économique. Il s’agit d’un service gratuit, sans facturation aux usagers. Il relève donc, dans la plupart des cas, de la catégorie « ménages et assimilés » Si la puissance dépasse 250 kVA, le site peut relever de la catégorie « entreprises et assimilés ». 

Exonérations et tarifs réduits d’accise : dans quels cas les collectivités peuvent en bénéficier ?

Des tarifs réduits ou exonérations d’accises  peuvent être appliqués dans des cas spécifiques prévus par la loi (par exemple certains usages industriels, ou des services de transport électrifié). Quelques activités particulières des collectivités peuvent entrer dans les cas de tarif réduit ou d'exonérations (analyse à conduire au cas par cas par chaque collectivité) : 

  • Transports guidés ou électriques exploités par la collectivité : trains, métros, tramways, remontées mécaniques. L’électricité utilisée pour la traction de ces transports bénéficie d’un tarif d’accise réduit de 0,5 €/MWh, conformément aux dispositions fiscales.  
  • Services publics industriels très énergivores : dans certains cas rares, une collectivité peut gérer une activité de nature industrielle (par exemple, une usine d’eau potable, un incinérateur de déchets, une régie de chauffage urbain) bénéficiant de tarifs réduits pouvant descendre à 0,5 €/MWh 

Ces situations restent marginales et nécessitent une étude technique et financière approfondie conduite par chaque collectivité pour démontrer l’éligibilité aux yeux de l’administration.

Le cas de l’autoproduction d’électricité par la collectivité pour sa propre consommation est un peu spécifique. Si la commune exploite des installations d’énergies renouvelables (solaire, biomasse, hydraulique) et autoconsomme l’électricité produite, cette consommation peut être exonérée d’accise. La loi prévoit en effet un taux d’accise nul (0 €/MWh) pour les « petits producteurs en autoconsommation », par exemple une mairie équipée d’une centrale photovoltaïque de moins de 1 MW qui utilise directement son électricité (dans la limite de 240 millions de kWh par an et par site).

Informations

En pratique, comment bénéficier de ces tarifs réduits ou exonérations ?

Dès qu’une collectivité identifie une consommation d’électricité éligible à un tarif d’accise réduit ou nul, elle doit le signaler officiellement à son fournisseur. La procédure est simple : il suffit de remplir une attestation d’accise (formulaire cerfa n° 2040-TIC-ATT-E SD) et de l’envoyer au fournisseur d’électricité, par e-mail à l’adresse figurant sur vos factures.. 

Une fois l’attestation reçue, le fournisseur appliquera automatiquement le tarif réduit ou l’exonération correspondante sur les factures suivantes. Cette attestation reste valable toute la durée du contrat de fourniture, mais doit être renouvelée en cas de changement de fournisseur ou de modification dans les conditions du contrat.  

Quel délai pour transmettre une demande d’exonération ?

Si vous communiquez votre attestation à votre fournisseur avant le 10 du mois M, l’exonération ou le tarif réduit sera applicable aux consommations à partir du 1er jour du mois M. Si vous envoyez votre attestation après le 10 du mois M, l’exonération ou le tarif réduit sera applicable à partir du 1er jour du mois M+1. 

À défaut d’attestation transmise en amont, la collectivité paiera l’accise au tarif normal puis pourra réclamer un remboursement ultérieur auprès de l’administration fiscale (DGFiP) si elle prouve son éligibilité. Cette demande doit être effectuée dans un délai maximal de deux ans après le paiement de la taxe. En savoir plus : Accises sur les énergies - Consommateurs d'énergie 

Tout savoir de la TVA

  • Quels taux s’appliquent aux collectivités en 2026 ?

    Pour l’électricité, le taux de TVA de 20% est applicable à tous les clients, quelque soit leur forme et la puissance souscrite, sur l’abonnement et la consommation.  

  • Sur quelles composantes de la facture la TVA s’applique-t-elle ?

    La TVA s’applique sur l’ensemble des composantes de la facture d’électricité. Elle concerne notamment l’abonnement, le prix de l’énergie, les coûts d’acheminement et les taxes et contributions, comme l’accise sur l’électricité et la contribution tarifaire d’acheminement (CTA).

  • Les collectivités peuvent-elles récupérer la TVA sur l’électricité ? 

    La récupération de la TVA dépend du statut fiscal de la collectivité et de la nature de l’activité concernée selon qu’elle est soumise ou non aux impôts commerciaux et assujettie à la TVA. 

Foire aux questions

(1) À titre de référence, 1 c€/kWh correspond à 10 €/MWh