À seulement 21 ans, le parcours de Térence Trahay fait déjà référence. Passionné de moto, il a choisi la voie de l’alternance pour s’orienter vers les métiers de la chaudronnerie et de la soudure. En 2025, il obtient une Médaille d’Or en soudure au prestigieux concours des Meilleurs Apprentis de France avant de rejoindre, quelques mois plus tard, les équipes de la centrale. Rencontre avec ce jeune homme passionné.
Térence, peux-tu nous dire d’où tu viens et comment tu es « tombé dans la chaudronnerie » tout petit ?
Je suis originaire de Saint-Martin-Du-Mont, dans l’Ain, à quelques kilomètres de Bourg-en-Bresse. Depuis mon plus jeune âge, je suis passionné de sports mécaniques, de trial, motocross et VTT de descente. Je fais des compétitions au niveau régional dans la ligue Pays de Savoie-Ain-Rhône. Après un bac général à Bourg, je me projetais sur des études dans le sport. Mais finalement l’année de terminale m’a fait douter : j’adore bricoler. Depuis tout petit, j’ai les mains dans le cambouis avec mon père... J’avais des amis en apprentissage dans la chaudronnerie et leurs témoignages ont attisé ma curiosité. Après une semaine de stage de découverte au sein d’une entreprise spécialisée en métallurgie et chaudronnerie où j’ai pu meuler et souder, j’étais convaincu de ma future orientation.
Quelle formation as-tu suivie pour te professionnaliser dans ce domaine ?
J’ai découvert que l’AFPMA de Péronnas, qui était très proche de chez moi, proposait des bacs professionnels réputés dans ce domaine. C’est ainsi qu’après mon bac général je me suis relancé dans un bac pro Technicien en chaudronnerie industrielle en 2 ans. J’ai fait ma première année en alternance dans une entreprise agroalimentaire qui réalisait de grosses pièces de chaudronnerie en acier, inox et aluminium pour des usines. Pour la seconde année, j’ai intégré une carrosserie industrielle près de Bourg-en-Bresse. Mon centre de formation proposait une mention complémentaire Technicien de soudage, j’ai alors décidé de rempiler pour une année supplémentaire, toujours en alternance. Mon grand frère étant dessinateur industriel dans une entreprise qui créé des châssis de fenêtres pour les professionnels et particuliers. J’ai intégré son entreprise pour l’année scolaire 2024/2025 et me suis occupé de menuiseries haut de gamme, de châssis de fenêtres coupe-feu ou encore de portes anti-effractions.
Comment en es-tu venu à participer aux concours des Meilleurs Apprentis de France ?
C’est mon tuteur, qui était chef d’atelier mais aussi Meilleur Ouvrier de France, qui m’a parlé de ce concours. Après quelques discussions entre l’école et mon entreprise pour m’aménager un planning adapté, faire les demandes de matières premières, les métaux d’apport pour le soudage et les demandes de sponsoring, j’étais lancé et l’aventure a débuté. Ce fut un challenge incroyable mais intense ! Inscrit tardivement, je n’avais que deux mois pour réaliser la pièce demandée, un camion en acier, transporteur de tubes inox. Les critères étaient nombreux et exigeants. L’AFPMA m’a confié les clés de leur atelier afin que je puisse travailler sur mon projet avant et après les cours ainsi que les week-ends. Mon camion achevé, je l’ai envoyé au CERN (Laboratoire européen pour la physique des particules) à Genève pour la première évaluation départementale puis régionale.
Ayant obtenu une note supérieure à 17/20, ma pièce a été envoyée à Strasbourg pour la finale nationale du concours des Meilleurs Apprentis de France. Cette finale a récompensé 350 apprentis sur 6 000 candidats, tous métiers confondus. En soudure, nous sommes 6 apprentis à avoir obtenu une médaille d’Or.
Et comment es-tu arrivé jusqu’à la centrale du Bugey ?
Mon père et mon oncle ont tous les deux travaillé en centrale nucléaire, ce milieu ne m’était donc pas inconnu. Une fois diplômé, j’ai postulé à une offre d’agent technique en chaudronnerie sur le site d’edf-recrute. J’ai passé plusieurs entretiens et j’ai finalement rejoint les équipes du service Robinetterie-Chaudronnerie au mois de décembre. J’ai rapidement été mis dans le bain de ce nouvel environnement passionnant. Sur le terrain, j’ai pu découvrir la multitude d’activités réalisées lors de l’arrêt pour maintenance d’un réacteur nucléaire. Accompagné dans ma prise de poste, j’ai aussi suivi des formations initiales et formations habilitantes qui me permettront d’exercer ma passion et de réaliser de belles soudures sur les installations !