Les salariés d’EDF innovent en permanence, et améliorent le quotidien sur les sites de production. Mais pas uniquement au bénéfice d’EDF. L’initiative de Sébastien Vrac se positionne en faveur de la préservation de la nature : il a inventé un filtre anti-pollution en cheveux recyclés. Un produit récompensé jusqu’au Ministère de la Défense ! On s’est entretenu avec lui.🎙️
Une success story qui dépasse la Normandie !
Sébastien lutte contre la pollution marine. Son invention, médaillée au concours Lépine 2025, empêche les déchets de rejoindre les eaux et tout Cherbourg s’en est doté ! Il s’agit d’un filtre pour caniveaux, à base de cheveux recyclés récupérés chez les coiffeurs de Cherbourg et ses alentours.
Sébastien, peux-tu nous présenter ton parcours ?
« J’ai travaillé durant 22 ans dans la Marine nationale à l’Arsenal de Cherbourg, comme mécanicien, affecté entre autres au poste à la cellule antipollution. Aujourd’hui, je suis salarié à EDF comme agent de maîtrise en mécanique. En 2012, j’avais créé des filtres pour retenir les polluants, lors des travaux de maintenance des bateaux à la Marine, avant qu’ils n’atteignent la mer. »
D’où te vient cette idée ?
« À l’époque de la Marine, j’avais déjà songé à utiliser des cheveux… mais ils faisaient un bouchon. Les cheveux sont à la fois fins et robustes, ils ne se déchirent pas, ne se dégradent pas. Ils ont un fort pouvoir filtrant et constituent des ressources inépuisables. Quelques années plus tard, en me promenant sur un quai, je m’arrête devant une plaque d’égout émaillée avec l’inscription « Ici commence la mer », apposées pour sensibiliser à la pollution urbaine. Personne n’avait pensé à disposer des filtres à l’intérieur des caniveaux. Or il s’y déverse tous nos déchets : mégots, détritus, plastique, sédiments comme des résidus de plaquettes de frein, scories de gomme dues à l’usure des pneus… Tout cela était destiné à finir en mer. C’est là que j’ai eu l’idée de stopper la pollution en imaginant des filtres naturels et biodégradables, à base de cheveux “recyclés”. Les premiers ont été installés à Cherbourg en 2023. C’est dans un salon de coiffure, rue du Maréchal-Foch de Cherbourg-en-Cotentin (Manche), que commence cette histoire. J’ai créé l’entreprise Cotentin Filtration et le filtre “Dépollu’Mer”. Aujourd’hui, 28 salons de coiffure et coiffeurs à domicile me mettent de côté les cheveux de leur clientèle. J’ai même été contacté par une dame séduite par mon initiative. Elle a voulu me faire parvenir quelques mèches par colis directement chez moi. »
Photo de Sébastien et sa conjointe, depuis leur atelier, situé au fond de son jardin.
Filtres naturels et biodégradables qui protègent nos océans
« Mes filtres sont en voilage, constitués de boudins. Je bourre ces poches filtrantes de cheveux longs et ma femme fait la dernière couture. Nous y passons toutes nos soirées ! La mise au point a été ardue : la petite maille des poches devait pouvoir laisser passer l’eau mais retenir les cheveux. Il me faut 400 grammes de cheveux pour faire un seul filtre.
Une cinquantaine de filtres équipent les rues piétonnes et le port de plaisance de Cherbourg-en-Cotentin. Plusieurs villes ont fait appel à Sébastien Vrac, pour protéger le littoral, les ports ou les fleuves et rivières. De Landerneau (Finistère) à Lannion (Côtes-d’Armor) ou au port de Dives-sur-Mer (Calvados), les filtres se répandent.
En 2024, j’ai récolté 29 kilos de mégots. Or, il faut savoir qu’un seul mégot pollue 500 litres d’eau. En 2025, j’ai récolté 150 000 mégots. La rue de la Paix de Cherbourg, c’est 1 kg de sédiments par mois ! ».
Tu t’attendais à cet engouement médiatique ?
J’ai été récompensé pour mon invention par la médaille d’argent de l’Impact (environnemental) au Concours international Lépine, en mai 2025 et Médaille d’or des nouvelles technologies. J’ai été invité au Ministère de la Défense pour la remise de mon prix, je me rappellerai toute ma vie des WC en marbre de l’hôtel de la Défense ! A la Marine, j’ai reçu le Trophée développement durable de la Défense, le Prix Amiral Lepichon. »
Les médias nationaux : France 2, TF1, BFM m’ont sollicité, ainsi que les médias du web comme le Média positif ou Explore média ».
As-tu rencontré des difficultés ?
« C’est difficile de trouver une écoute, un soutien au moment du développement. 3ans. Il peut y avoir des blocages décisionnels, mais avec l'énergie et la volonté on y parvient ! ».
En savoir plus : cotentin-filtration.com