Une vingtaine de membres de la Commission Locale d’Information était en visite sur le site le 24 juin dernier pour découvrir la centrale nucléaire du Bugey, son fonctionnement et plus particulièrement l’unité n°1 en cours de démantèlement.
Mis en service en 1972 puis arrêté définitivement en 1994, le réacteur Bugey 1 appartient à la filière Uranium Naturel Graphite Gaz (UNGG) qui compte six réacteurs en France. Leur démantèlement constitue un défi industriel inédit à l’échelle mondiale, mené selon une stratégie commune aux six installations.
Le démantèlement de Bugey 1 se déroule en plusieurs étapes. Dès l’arrêt du réacteur, les circuits ont été vidangés et le combustible évacué, permettant d’éliminer plus de 99,9 % de la radioactivité présente dans l’installation. Une deuxième phase a ensuite consisté à réduire progressivement les installations autour du réacteur. De nombreux équipements conventionnels, tels que les transformateurs, le groupe turbo-alternateur, les diesels de secours ou encore la station de pompage ont ainsi été démantelés. Les matériels présents dans les bâtiments nucléaires autour du réacteur ont également été retirés tandis que plusieurs bâtiments conventionnels ont été démolis. Parallèlement, de nouveaux équipements ont été construits pour préparer les futures opérations de démantèlement. À l’issue de cette phase, l’installation sera placée sous surveillance dans l’attente du retour d’expérience du démantèlement du réacteur Chinon A2 prévu à l’horizon 2060. La dernière étape consistera à démanteler le caisson réacteur. En raison de la conception spécifique de cette filière et des exigences de sûreté, cette opération complexe devrait s’étendre sur environ 25 ans. La destination du site restera un usage industriel.
Ce projet de démantèlement s’inscrit donc dans une démarche rigoureuse et maîtrisée, menée sur le long terme pour garantir la sécurité des intervenants, de la population et de l’environnement. Une enquête publique devrait être organisée début 2027 afin de recueillir l’avis du public sur le projet de démantèlement complet avant l’obtention attendue d’un nouveau décret en 2028.