Dans le monde des centrales nucléaires françaises, il existe parfois des noms ou expressions un peu surprenants. Parmi eux : « TAGADA ».
Rien à voir avec la célèbre confiserie… Derrière ce nom amusant se cache en réalité une page d’histoire du nucléaire français !
« TAGADA » est un acronyme formé à partir des noms de trois centrales :
- Tricastin (TA)
- Gravelines (GA)
- Dampierre (DA)
Au milieu des années 1970, ces trois sites ont participé à une véritable course contre la montre. Leur objectif ? Être la première centrale de leur génération à produire de l’électricité.
Cette compétition, lancée dans un contexte de développement du parc nucléaire français, reflétait surtout une volonté d’aller vite pour répondre aux besoins croissants en énergie.
Un petit imprévu qui change tout
Pendant longtemps, la centrale du Tricastin semblait bien partie pour franchir la ligne d’arrivée en tête.
Mais quelques jours avant le démarrage, un imprévu technique est venu ralentir les équipes : un équipement important, appelé alternateur (qui permet de produire l’électricité), a rencontré un problème lors des essais.
Rien d’inhabituel dans un projet industriel de cette ampleur : ces tests sont précisément là pour vérifier que tout fonctionne correctement avant la mise en service. L’équipement a donc été remplacé, en toute sécurité.
Et le vainqueur est…
Finalement, c’est la centrale de Gravelines qui a été la première à produire de l’électricité en mars 1980.
Elle a été suivie de près par Dampierre, puis par Tricastin quelques semaines plus tard.
Chaque site a ensuite progressivement mis en service ses différentes unités, contribuant à l’approvisionnement en électricité de millions de foyers.
Un point commun côté conception
Ces trois centrales partagent aussi une particularité technique intéressante :
elles disposent chacune d’une grande salle des machines commune à l’ensemble des réacteurs.
Ce choix, fait à l’époque, permettait d’optimiser la construction et l’organisation des équipements, tout en maintenant des standards élevés de fonctionnement et de sûreté.
Aujourd’hui, ces centrales font partie du paysage énergétique français et illustrent le savoir-faire industriel développé par EDF depuis plusieurs décennies.