Événements significatifs du domaine sûreté concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés au niveau 0 sous l’échelle INES en janvier 2026 :
Non-respect de la conduite à tenir des spécifications techniques d’exploitation
Le 24 décembre 2025, l’unité de production n°4 est en production et un essai périodique* est réalisé sur le diesel d’ultime secours (DUS)**. Un des critères de réussite de l’essai n’est pas atteint et le DUS est déclaré indisponible.
Le diagnostic mené par les équipes de la centrale conclut que c’est une activité de consignation et la mise hors tension d’une armoire électrique le 2 octobre 2025 qui a provoqué la perte de la mémorisation du réglage associé au critère non-atteint lors de l’essai périodique (consigne de vitesse). Le DUS était donc indisponible depuis cette date.
Le 25 décembre un nouveau réglage conforme est réalisé et l’essai périodique est rejoué. Il est déclaré satisfaisant et le DUS est de nouveau considéré disponible.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté de l’installation ou l’environnement. Cependant les spécifications techniques d’exploitation, qui recueillent l’ensemble des règles à respecter pour le pilotage de l’installation, indiquent que la disponibilité du DUS aurait du être retrouvée dans un délai de 1 mois suivant son indisponibilité (le 2 octobre). La direction de la centrale de Paluel a déclaré à l’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection cet événement significatif pour la sûreté au niveau 0 de l’échelle INES le 9 janvier 2026 pour non-respect de la conduite à tenir des STE.
* Sur les centrales nucléaires, des essais périodiques sont régulièrement organisés afin de vérifier le bon fonctionnement des différents systèmes et matériels.
** Construits dans le cadre du déploiement du programme post-Fukushima, les diesels d’ultime secours permettent de disposer d’une alimentation électrique supplémentaire en cas de défaillance des quatre alimentations électriques externes et internes existantes sur chaque réacteur.
Non-respect d’une mesure compensatoire aux spécifications techniques d’exploitation
Le 20 janvier, l’unité de production n°1 est en arrêt programmé depuis le 2 janvier dans le cadre de sa 4ème visite décennale.
Dans le cadre des travaux sur les tableaux électriques de l’unité, un salarié doit réaliser une opération de consignation* sur un disjoncteur d’un tableau électrique qui alimente notamment les systèmes de sauvegarde qui peuvent être nécessaires en situation incidentelle.
A 13h36 il débute son intervention et consigne le mauvais disjoncteur. Cette action a pour conséquence de couper l’alimentation d’un autre tableau électrique provoquant l’indisponibilité de plusieurs équipements requis dans l’état dans lequel se situait le réacteur.
Le salarié se rend aussitôt compte de son erreur et interrompt immédiatement son activité pour prévenir les équipes en charge du pilotage de l’installation. Le tableau électrique est ré-alimenté dans un délai inférieur à une heure, dans le respect des spécifications techniques d’exploitation, qui recueillent l’ensemble des règles à respecter pour le pilotage de l’installation.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté de l’installation ou l’environnement. La direction de la centrale de Paluel a déclaré à l’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection cet événement significatif pour la sûreté au niveau 0 de l’échelle INES le 23 janvier 2026.
* La consignation consiste à mettre en sécurité l’installation afin de permettre la réalisation des interventions de maintenance en toute sécurité (hors électricité et hors fluide).
Le 26 janvier, l’unité de production n°4 est en production.
Des salariés d’une entreprise partenaire réalisent une opération de maintenance programmée sur un des diesels de secours* de l’unité, situé hors zone nucléaire.
En salle des commandes, l’équipe en charge du pilotage de l’unité de production constate l’apparition d’une alarme. Un agent se rend aussitôt en local et observe qu’un des intervenants a, par inadvertance, appuyé sur un interrupteur d’urgence qui a notamment provoqué l’arrêt de la pompe qui alimente le circuit de graissage du diesel de secours. Ce dernier est alors considéré indisponible.
L’agent de la conduite ré-arme l’interrupteur et le système de graissage redémarre. Le diesel de secours est de nouveau disponible.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté de l’installation ou l’environnement. La direction de la centrale de Paluel a déclaré à l’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection cet événement significatif pour la sûreté au niveau 0 de l’échelle INES le 28 janvier 2026.
*Une centrale nucléaire dispose de cinq sources d’alimentation électrique internes (le transformateur de soutirage et le transformateur auxiliaire) et externes (les diesels de secours, le diesel d’ultime secours et la turbine à combustion) et une seule est suffisante pour garantir le fonctionnement des matériels de sûreté. Les « diesels de secours » sont deux puissants groupes électrogènes à moteur diesel qui assurent de façon redondante l’alimentation électrique des systèmes de sûreté en cas de défaillance des autres alimentations électriques.
Arrêt automatique réacteur suite à l’arrivée massive de colmatants
Le 28 janvier, l’unité n°4 est en production.
Entre 21h45 et 22h55, une des pompes d’aspiration de l’eau de mer qui permet d’alimenter le circuit de refroidissement de l'unité de production s’arrête à deux reprises suite à l’arrivée massive de poissons, qui agissent comme des colmatants sur l'installation. Dans les deux cas, la pompe est redémarrée.
La présence massive des poissons provoque, à 23h25 un troisième arrêt de la pompe, puis, à 23h30 l’arrêt de la deuxième pompe d’aspiration, qui agit en redondance*. La perte des deux pompes d’aspiration provoque, conformément aux dispositifs de protection de l’unité de production, l’arrêt automatique du réacteur et la mise en sûreté de l’installation.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté de l’installation ou l’environnement. La direction de la centrale de Paluel a déclaré à l’autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection cet événement significatif pour la sûreté au niveau 0 de l’échelle INES le 28 janvier 2026.
* Dans une centrale nucléaire, de nombreux systèmes sont conçus en redondance (deux voies séparées). Lorsqu’un circuit ou un matériel est indisponible, un autre assure les fonctions similaires.