Depuis ce vendredi 8 mai à 23h30, l’unité n°1 de la centrale nucléaire EDF de Golfech ne produit plus d’électricité et ce n’est pas une surprise. Depuis plusieurs mois, les équipes EDF et les partenaires industriels préparent cet arrêt annuel pour maintenance, au service d’une sûreté toujours renforcée. Pour en savoir plus, nous avons posé quelques questions à Elise Singier, Cheffe de mission production à la centrale nucléaire de Golfech.
Si un réacteur fonctionne en continu, il est nécessaire de l’arrêter, tous les 12 à 18 mois, pour recharger une partie de son combustible et procéder à de la maintenance. En quoi consiste l’arrêt de l’unité n°1 qui débute ?
« L’unité de production n°1 a été mise à l’arrêt, en toute sûreté, par les équipes d’exploitation de la centrale, pour permettre de réaliser ce qu’on appelle dans notre jargon « une visite partielle ». Cet arrêt est réalisé en alternance avec un "arrêt pour simple rechargement", réalisé au début de l’année 2025 sur la même unité.
La visite partielle est un moment industriel important consacré au renouvellement d’un tiers du combustible contenu dans la cuve du réacteur et à un important programme périodique de contrôles et de maintenance. Le volume d’activités étant conséquent, nous devrions être mobilisés jusqu’au milieu de l’été pour permettre ensuite au réacteur de redémarrer et produire de nouveau une électricité utile à tous. »
Quels types d’activités seront réalisées ?
« Nous mènerons plus de 13 560 activités à la fois en salle des machines et en zone contrôlée, partie nucléaire des installations. On procédera à de la maintenance préventive et aussi corrective. Il est prévu par exemple la visite complète du circuit secondaire principal via une épreuve hydraulique pour confirmer son étanchéité ou encore la visite complète du corps basse pression de la turbine, équipement majeur pour produire de l’électricité.
Dans une logique d’amélioration continue, nous mènerons aussi 48 modifications des installations, comme la rénovation du contrôle commande ou encore le remplacement de pompes en salle des machines. Celles-ci, tout comme les contrôles et la maintenance, participeront à renforcer la robustesse et la sûreté de la centrale. »
Pour réussir ce défi industriel, vous aurez besoin de compétences et d’expertises ?
« Un arrêt, c’est une aventure humaine toujours riche qui nécessite l’expertise et la collaboration de nombreux salariés, à la fois des ressources internes EDF et d’entreprises partenaires. Pour cette visite partielle, ce sont près de de 1 800 salariés qui seront mobilisés et qui par leur présence ici à Golfech participeront à la vie du territoire.
Pour que tout fonctionne correctement, il est donc nécessaire que tous fassent preuve de professionnalisme et de rigueur en appliquant les exigences attendues d’un professionnel du nucléaire en matière de sûreté, sécurité, radioprotection, respect de l’environnement… Et puis il est important de coordonner et piloter tout ce qu’il se passe. Cela est assuré par une équipe d’une centaine de salariés EDF dont je fais partie, composée de femmes et d’hommes, représentant la majorité des métiers de la centrale comme, par exemple, la planification, la logistique, la robinetterie, la chaudronnerie, l’électricité, l’instrumentation, la chimie, etc. »
De son côté, l’unité n°2 continuera à produire de l’électricité ?
« Oui, d’autres salariés de la centrale seront bien évidemment mobilisés pour assurer notre mission de service public en toute sûreté et ainsi garantir, via l’unité n°2, la production d’une électricité faible en émission de CO2, fiable, compétitive et utile à la souveraineté énergétique de notre pays. »