Sur cette période, la centrale de Dampierre-en-Burly a déclaré 15 événements significatifs de sûreté de niveau 0 (écarts) et 1 événements significatifs environnement à l’Autorité de sûreté nucléaire et de Radioprotection.
Événements significatifs de sûreté
Unité de production n°1
Déclaré le 13/05/2025 : Dans la nuit du 10 au 11 mai 2025, un essai périodique doit être réalisé sur un réchauffeur du circuit de vapeur. Pour réaliser l’essai, le protocole d’intervention prévoit une augmentation de la puissance du réacteur.
Lors de l’essai, une baisse de pression dans un des générateurs de vapeur est détectée et entraîne le dépassement d’une limite dans les mesures vibratoire autorisée par les spécifications techniques d’exploitation*.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
* Le pilotage d’un réacteur s’inscrit dans un cadre de prescriptions, parmi lesquelles les spécifications techniques d’exploitation (STE), qui recueillent l’ensemble des règles à respecter pour la conduite des installations.
Déclaré le 16/05/2025 : En 2024, un protocole de contrôle est validé entre l’ASNR et la centrale de Dampierre afin de s’assurer du bon état d’un circuit vapeur situé hors zone nucléaire de l’installation. Ce contrôle prévoit une inspection visuelle des tuyauteries, au plus tard tous les deux mois, si celles-ci sont utilisées.
D’octobre 2024 à mars 2025, la périodicité des contrôles est respectée. En mai 2025, le contrôle visuel est réalisé 2 mois et 8 jours après le précédent, ce qui n’est pas conforme au protocole prévu.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Déclaré le 23/05/2025 : Le 19 mai 2025, un essai périodique doit être réalisé sur un des groupes électrogènes de secours. À 7H36, lors du test, une fuite d’huile est détectée sur le moteur du groupe électrogène, ce qui amène les équipes de la centrale à le considérer comme indisponible ce qui n’est pas permis par les spécifications techniques d’exploitation.
Bien que les autres groupes électrogènes de la centrale soient restés disponibles et que la réparation ait été terminée à 11h, un écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclarés par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Déclaré le 26/06/2025 : Sur les réacteurs en exploitation, des dispositifs de sûreté et de protection du réacteur sont intégrés dès la conception de la centrale. Ces dispositifs analysent en permanence de nombreux paramètres et sont programmés pour intervenir automatiquement en cas d’écart en mettant à l’arrêt le réacteur en toute sûreté.
Le 25 juin 2025, lors d’une opération de réduction de puissance du réacteur, un niveau d’eau haut a été détecté dans l’un des générateurs de vapeur. Cet écart a conduit à l’insertion automatique des grappes de commande pour arrêter automatiquement l’unité de production n°1 en toute sûreté.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Unité de production n°2
Déclaré le 12/06/2025 : Le 15 février 2025, les opérateurs présents en salle de commande doivent procéder à la mise à l’arrêt de l’unité de production pour son arrêt programmé pour simple rechargement. Le processus de mise à l’arrêt suit des consignes précises afin de se dérouler en toute sûreté.
Plusieurs actions successives permettent l’arrêt du réacteur, dans un premier temps, les opérateurs augmentent la concentration en bore* du circuit primaire principal, puis abaissent les grappes de contrôle progressivement. À 0h59, au début de cette opération, l’insertion d’un des groupes de grappe de contrôle n’a pas été réalisée correctement. L’écart a été détecté à 1h20 puis immédiatement corrigé sans conséquence sur la mise à l’arrêt du réacteur.
Le 5 juin, une nouvelle analyse de cet événement a conduit la centrale à déclarer cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
* Le bore, sous forme d’acide borique (H₃BO₃), est ajouté à l’eau du circuit primaire des réacteurs à eau pressurisée (REP) pour réguler la réactivité du cœur. En absorbant les neutrons, il ralentit la réaction en chaîne. La concentration d’acide borique peut être ajusté pour maintenir la stabilité du réacteur ou jusqu’à son arrêt.
Unité de production n°3
Déclaré le 05/05/2025 : Le 28 avril, alors que l’unité de production n°3 est à l’arrêt pour maintenance programmé, un déclenchement de disjoncteur coupe à 12h33 l’alimentation d’un des tableaux électrique de secours. Les spécifications techniques d’exploitation imposent un délai de remise sous tension en 8h et le tableau n’a été réalimenté qu’à 23h14.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Déclaré le 30/05/2025 puis redéclaré le 30/07/2025 : Le 26 mai 2025, lors des opérations de redémarrage de l’unité de production n°3 de la centrale nucléaire de Dampierre-en-Burly, alors en arrêt programmé pour maintenance, les équipes en salle de commande ont constaté un défaut sur un enregistreur papier qui mesure le niveau d’eau d’un des trois générateurs de vapeur. Cet enregistreur est utilisé uniquement en cas de situation incidentelle ou accidentelle.
Dès la détection, les équipes de la centrale sont intervenues pour remettre l’enregistreur en état. Une fois la réparation effectuée, les mesures ont de nouveau été disponibles. La cause venait d’une courroie interne, sortie de son logement, empêchant la plume de l’enregistreur de fonctionner correctement.
Même si cet enregistreur était temporairement indisponible, la surveillance du niveau d’eau du générateur de vapeur concerné de l’unité de production n°3 est restée assurée grâce à d’autres systèmes informatisés retranscris en salle de commande et d’autres équipements redondants.
L’événement a d’abord été déclaré comme un événement de niveau 0 à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) le 30 mai 2025. Cependant après analyse, il s’avère que l’enregistreur était indisponible au-delà de la durée indiquée dans nos spécifications techniques d’exploitation. Ainsi, en raison de la détection tardive de cet écart, qui n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations, l’événement a été reclassé au niveau 1 de l’échelle INES (qui en compte 7).
Déclaré le 06/06/2025 : Le 20 mai 2025, un capteur d’instrumentation est posé en préalable à la réalisation d’un essai périodique sur une pompe. Lors de l’essai, les premières données mesurées sont incompatibles avec les résultats attendus. Une intervention réalisée immédiatement va permettre de retrouver des résultats conformes à l’attendu.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Déclaré le 11/06/2025 : Le 16 mai 2025, les opérateurs présents en salle de commande constatent une alarme indiquant une baisse de la concentration en bore du circuit primaire. Cette diminution progressive est concomitante à la mise en service du déminéralisateur. L’arrêt du déminéralisateur a eu pour effet immédiat de stabiliser la concentration en bore du circuit.
Après analyse, il apparaît que la dilution du circuit primaire est due à la fermeture incomplète d’une vanne entre les deux circuits.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Déclaré le 12/06/2025 : Afin de pouvoir réaliser certaines interventions, il est parfois nécessaire d’avoir recours à un DMP* (Dispositions et Moyens Particuliers) qui permet au matériel de pouvoir assurer sa fonction et à l’intervenant de réaliser son opération.
Le 21 avril 2025, lors d’une intervention sur des citernes du système de protection incendie du bâtiment réacteur, un DMP n’est pas posé sur le bouchon de la citerne tel que prévu sur le plan. Le 7 mai, date programmée de la dépose du DMP, les intervenants ne constatent pas l’erreur et dépose le bouchon d’origine à la place du DMP. Le 23 mai, un inventaire physique et administratif des DMP fait apparaître une incohérence, les bouchons des citernes sont en place, mais les DMP sont absents du magasin. Un contrôle complémentaire sur le terrain va permettre de détecter l’anomalie et la corriger immédiatement.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
* DMP : (Dispositions et Moyens Particuliers) est une disposition ou un moyen dont la mise en exploitation modifie l'état fonctionnel de l'installation et dont l'utilisation, en dehors du circuit pour le(s) quel(s) son emploi est initialement prévu, n’est pas autorisé.
Déclaré le 12/06/2025 : le 3 juin 2025 l’unité de production n°3 est en phase de redémarrage après son arrêt pour maintenance programmée. Pour réaliser le couplage du réacteur au réseau électrique, les opérateurs doivent suivre les « consignes générales d’exploitation » et s’appuyer sur un document de référence créé localement.
Lors des manœuvres d’exploitation pour augmenter progressivement la puissance de l’unité de production, les opérateurs appliquent le document local quand une variation de fréquence sur le réseau électrique national* génère aune augmentation de la puissance du réacteur. Si cette augmentation de puissance est parfaitement gérée par les opérateurs présents en salle de commande avec un respect des limites prévues dans les spécifications techniques d’exploitation, il apparaît un écart entre les « consignes générales d’exploitation » et le document de référence local. Dans le premier, les grappes de commande doivent être en automatique avant le couplage au réseau et dans le second après le couplage au réseau.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
* les variations de fréquences sur le réseau électrique sont principalement causées par un déséquilibre entre la production et la consommation d’électricité. Les énergies renouvelables comme le solaire et l’éolien sont intermittentes : elles dépendent du soleil et du vent, ce qui peut provoquer des fluctuations de la fréquence rapides en cas d’interruption.
Déclaré le 23/06/2025 : le 29 mai 2025, un contrôle fait apparaître des pièces manquantes sur le grappin de la machine de chargement des assemblages combustibles avec le risque potentiel que les pièces soient présentes dans la cuve du réacteur.
Ce sujet va être abordé successivement avec, le responsable métier, le chef de projet d’arrêt de tranche puis le directeur de projet d’arrêt de tranche, mais sans qu’il soit mis à l’ordre du jour de la réunion qui valide l’autorisation de changement d’état de l’unité de production (passage de réacteur à l’arrêt à réacteur en fonctionnement).
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Déclaré le 25/06/2025 : Le 18 juin, un essai périodique est réalisé sur un des groupes électrogène de secours du site en le couplant à une des pompes de transfert de fioul (ces pompes doivent être inversées à chaque essai).
Le 18 juin, l’essai du groupe a été réalisé avec la mauvaise pompe. Il a donc été de nouveau réalisé le lendemain avec la bonne pompe.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Déclaré le 27/06/2025 : le 27 mai 2025, un essai périodique portant sur le temps de chute des grappes de contrôle est réalisé. L’un des critères de réussite de l’essai indique que le temps de chute doit être inférieur ou égale à 1.75 seconde. À l’issu de l’essai, celui-ci est déclaré conforme.
Le 18 juin 2025, une seconde analyse fait apparaitre que le temps de chute mesuré lors de l’essai était de 1.759 seconde, soit un écart de 9 millièmes de seconde.
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Commun à plusieurs unités de production :
Déclaré le 16/05/2025 : Le 5 mai 2025, un contrôle interne, réalisé par un service de maintenance sur des demandes de travaux en cours sur les trappes de désenfumage, fait apparaître un retard dans la programmation des interventions de maintenances. Après analyse avec la filière indépendante de sûreté, un des critères des règles générales d’exploitation n’est pas respecté (réalisation des travaux sous 30 jours).
Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.
Événement significatif environnement
Déclaré le 16/06/2025 : Le 23/04/2025, un débordement dans un puisard en raison d’un défaut de fonctionnement d’une pompe, est collecté dans une rétention ultime. Dans cette situation, les effluents collectés dans la rétention doivent être pompés sous 48h.
Le pompage n’ayant eu lieu que le 27/04, la centrale de Dampierre-en-Burly a déclaré cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur l’environnement à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection.