Le circuit d’injection de sécurité (RIS) est un système de secours conçu pour assurer le refroidissement du réacteur. Il permet d’injecter dans le circuit primaire de l’eau contenant du bore à forte pression, assurant la maîtrise de la réaction en chaîne.
Il est composé de deux voies indépendantes, A et B, comprenant chacune une pompe basse pression et une pompe moyenne pression. Lorsque l’une des deux voies est indisponible, l’autre voie permet d’assurer des fonctions similaires si nécessaire. Ces pompes sont situées en zone nucléaire, dans le Bâtiment des auxiliaires de sauvegarde (BAS).
Les règles générales d’exploitation (RGE) sont approuvées par l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR), et définissent le domaine autorisé de fonctionnement d’une centrale nucléaire et les prescriptions de conduite du réacteur associées. Elles prescrivent également les délais maximums d’intervention en cas d’indisponibilité fortuite de certains matériels.
Les essais périodiques permettent de vérifier le bon fonctionnement des matériels. Des essais de mesures de débits sont par exemple réalisés sur le circuit RIS.
Le 12 juillet 2025, l’unité de production n°1 de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire est en fonctionnement. Lors d’une ronde de surveillance, un goutte-à-goutte est détecté sur une des deux pompes moyenne pression du circuit RIS (environ 20 gouttes par minute lorsque la pompe est en service, et une goutte toutes les cinq minutes lorsque la pompe est à l’arrêt). Après instruction, la pompe est déclarée disponible, le débit du goutte-à-goutte ne remettant pas en cause sa fonctionnalité. Le goutte-à-goutte est collecté par les dispositifs de collecte prévus à cet effet, sans impact sur l’environnement extérieur au site.
Le 20 août 2025, une augmentation du goutte-à-goutte est identifiée. L’analyse conclut que les performances de la pompe ne sont pas altérées, la pompe est disponible. Une surveillance quotidienne est réalisée.
Le 27 août 2025, une intervention avant le prochain essai périodique de la pompe (au plus tard le 27 octobre 2025) pour resserrer la bride de la pompe est demandée.
Le 22 octobre 2025, malgré une intervention de resserrage satisfaisante lorsque la pompe est à l’arrêt, une dégradation du débit de fuite est constatée lors de la mise en service de la pompe durant l’essai périodique du matériel. La pompe est déclarée indisponible. Les trois autres pompes du circuit RIS sont fonctionnelles et disponibles.
L’eau issue de la fuite est toujours collectée par les systèmes dédiés au sein du Bâtiment des auxiliaires de sauvegarde.
Conformément aux règles générales d’exploitation, la maintenance doit être réalisée sous 3 jours. Si non, le réacteur doit être mis à l’arrêt.
Le 25 octobre 2025, après le remplacement d’un joint sur la pompe, celle-ci s’arrête automatiquement lors de son redémarrage. Les opérations de maintenance ne permettant pas de retrouver les fonctionnalités attendues, les équipes mettent à l’arrêt le réacteur de l’unité de production n°1 dans le respect des règles générales d’exploitation, et les opérations de maintenance se poursuivent.
Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle ni sur la sûreté des installations ni sur l’environnement.
Toutefois, en raison de la mise à l’arrêt du réacteur conformément aux RGE, la direction de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire a déclaré le 28 octobre 2025 à l’Autorité de sûreté nucléaire et radioprotection un événement significatif de sûreté de niveau 0 sur l’échelle INES, graduée de 0 à 7.
A la suite des échanges tenus avec l’ASNR, considérant l’analyse portée sur cet événement insuffisante, la direction de la centrale nucléaire de Belleville-sur-Loire a donc redéclaré cet événement le 30 janvier 2026 à l’ASNR au niveau 1 de l’échelle INES.