26 déc 2017

Le biogaz, filière en devenir pour les déchets organiques

Il permet de produire de l’énergie, de fabriquer des engrais, d’alimenter le réseau de ville en gaz renouvelable… Le biogaz, issu de la transformation des déchets organiques, s’affirme comme l’allié des collectivités dans leur démarche de transition énergétique. Éclairages.

Voilà encore quelques années, le traitement des déchets organiques était largement dominé par l’incinération et l’enfouissement. C’était avant le développement de solutions permettant de valoriser le biogaz…

Ce dernier résulte d’un processus naturel de fermentation biologique appelé méthanisation. Il peut contribuer à la production d’énergie en étant brûlé dans une unité de cogénération pour obtenir de l’électricité et de la chaleur. L’autre option consiste à épurer le biogaz pour le transformer en biométhane, un produit présentant les mêmes caractéristiques chimiques que le gaz naturel, et qui peut être injecté dans le réseau de gaz de ville. S’y ajoutent des débouchés agricoles puisque le sous-produit de la méthanisation – le digestat – est utilisé comme fertilisant.

« Au travers de toutes ces applications, le biogaz participe au développement de l’économie circulaire en servant de matière première pour des solutions de production d’énergie décentralisée, explique Gaël Pourret, directeur commercial de Dalkia Biogaz, filiale de Dalkia. Les collectivités peuvent trouver dans ces solutions un nouvel exutoire et un moyen de réduire l’empreinte carbone des déchets générés localement, ainsi qu’une source d’énergie renouvelable. »

Garantir les approvisionnements

Avec les agriculteurs et les industriels, les collectivités sont les acteurs confrontés aux plus importants volumes de ressources organiques – issues, notamment, des décharges et des stations d’épuration. L’une des exigences de la production du biogaz est de garantir la fourniture de déchets en quantités suffisantes et régulières.

« Conformément au besoin exprimé de la collectivité, notre travail peut notamment consister à définir le volume de déchets justifiant la construction d’un outil de valorisation. Pour atteindre la taille critique, les collectivités peuvent faire appel à des partenaires tels que des coopératives agricoles ou des industriels », précise Gaël Pourret.

À Auch (32), par exemple, Dalkia Biogaz exploite une installation qui traite environ 40 000 tonnes de matières en provenance de tout le département : boues, déchets issus des abattoirs, fumier, lisier des agriculteurs, rebuts de l’industrie alimentaire, etc.

L’acceptation des projets peut constituer un autre point d’attention, qui implique – lorsque le lieu d’implantation envisagé ne se situe pas en zone isolée ou sur une emprise industrielle – de porter une attention particulière à la communication auprès des riverains.

Optimiser les fonctionnements

La viabilité d’un projet autour du biogaz nécessite une bonne maîtrise de la valorisation énergétique, afin de parvenir à l’équilibre économique en vendant l’énergie produite. Non loin de Chalon-sur-Saône (71), une unité de tri-méthanisation-compostage d’ordures ménagères a trouvé l’équation gagnante. Exploitée par TIRU, filiale de Dalkia, pour le compte du Syndicat mixte d’élimination et de traitement des déchets de Saône-et-Loire, elle produit du biométhane destiné en intégralité aux fours d’un fabricant de tuiles, implanté à proximité.

Par ailleurs, une fois les outils industriels mis en service, il reste à optimiser leur fonctionnement. C’est ce qu’a fait Dalkia Biogaz, en Charente, auprès d’une entreprise qui exploite des microturbines à gaz produisant de la chaleur et de l’électricité à partir du biogaz obtenu par dépollution des effluents issus de la distillation du cognac. « Le client souhaitait augmenter sa capacité de production, mais il voulait être sûr de pouvoir vendre l’énergie dans des conditions satisfaisantes, indique Gaël Pourret. Avec l’augmentation de la durée réglementaire d’un contrat d’achat d’électricité, de quinze à vingt ans, c’était le cas ! » L’installation d’un moteur de 1 MW (soit un doublement de la capacité de production) permet aujourd’hui de valoriser davantage de biogaz et d’améliorer la fiabilité des installations.

TOURS : DE LA COGÉNÉRATION À L’ÉPURATION

Après Grenoble et Strasbourg, la station d’épuration de Tours Métropole Val de Loire a sauté le pas. En décembre 2016, elle a mis en service une unité de purification permettant de transformer le biogaz en biométhane prêt à être injecté dans le réseau. Dalkia Biogaz, filiale de Dalkia, a investi 1,7 million d’euros dans cet outil, qui peut produire 90 normo mètres cubes (Nm3) de biométhane par heure, et alimenter ainsi en gaz l’équivalent de 700 foyers.

Un contrat d’exploitation a été conclu pour une durée de quinze ans. L’optimisation du fonctionnement du digesteur devrait permettre de consacrer une part plus importante du biogaz produit à l’injection dans le réseau.

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