La conduite forcée de l'aménagement hydroélectrique de Luz 3 traverse le sous-sol de la commune de Luz-Saint-Sauveur située dans les Hautes-Pyrénées sur plus de 300 mètres linéaires et à 6 mètres sous le terrain naturel. En 2022, une expertise a révélé des percements et des sous épaisseurs importantes au niveau de la conduite. Pour des contraintes de sureté, l’aménagement a été mis à l'arrêt complet. Comment remplacer un tube enterré en pleine ville sans ouvrir la ville ? La réponse : faire glisser une conduite neuve dans l'ancienne. Facile à dire mais plus compliqué à réaliser !

Une conduite qui fuit à l'envers !

L’aménagement de Luz III, d’une puissance de 11 GWh/an, repose sur une conduite forcée de 410 mètres, largement enterrée et impossible à inspecter de l’extérieur. En 2022, deux perforations sont découvertes dans la partie bétonnée : l’eau ne s’échappe pas, elle s’infiltre depuis le sous-sol. Malgré des réparations et une expertise par ultrasons jugée rassurante, une nouvelle fuite apparaît à proximité, révélant des faiblesses non détectées. En 2024, un contrôle plus performant met en évidence plusieurs zones corrodées. Les analyses confirment un risque de fuite et d'éclatement. La remise en service est suspendue jusqu'à réparation durable.

Pourquoi pas faire une tranchée ?

Remplacer 110 mètres linéaires de conduite à 6 mètres sous terre, entre des habitations, impose la réalisation d’un accès. Cet accès étant dans un milieu urbain, il n’est pas possible de réaliser une fouille « ouverte ». Elle doit être blindée sur toute sa hauteur. Dans certaines zones, la conduite forcée se situe dans la nappe phréatique. Pour des raisons de technicité, sécurité et de nuisances, la solution “tranchée” a été écartée. Une fouille (en amont du sarcophage) a été réalisée car celle-ci présentait de meilleures opportunités : fouille plus réduite et qui se situe au-dessus de la nappe. L'ancienne conduite reste en place comme enveloppe, un conduit neuf vient s'y loger. Après installation des viroles, un colis béton est injecté entre la nouvelle et l'ancienne conduite. 

Un tube à deux voix

Les viroles font 2,25 mètres linéaires. Il faut les descendre dans la fouille, les faire entrer dans l'ancienne conduite et les pousser jusqu'à leur place, en passant un coude. La longueur a été fixée à l’aide d’un scan 3D de l'existant et c'est le point qui a le plus inquiété les équipes. La première virole était posée en moins d’une heure. Restait à faire travailler deux corps de métier dans 1,40 m de diamètre, ce qui n'est pas grand ! La conduite a été "découpée" en tronçons étanches de 9 mètres : pendant que le génie civil remplit l'un de coulis, les chaudronniers installent, soudent le suivant, de l'intérieur, à quelques mètres de là. Une dizaine de personnes au maximum dans le tube, une entrée et une sortie de chaque côté.

Calendrier

La fin des travaux est annoncée pour février mars 2027. Des essais seront effectués dans la foulée et la remise en eau est prévue en avril 2027. Coût, délai, sécurité : à date, tous les voyants sont au vert. 

Diapositive 1 sur 0

1/0

Diapositive 1 sur 0

1/0

Diapositive 1 sur 0

1/0