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Les Règles générales d’exploitation sont les règles qui définissent le domaine autorisé de fonctionnement de l’installation et les prescriptions de conduite du réacteur associées. Elles encadrent notamment les interventions réalisées sur les équipements contribuant à la sûreté et prescrivent, au travers du chapitre dédié aux Spécifications Techniques d’Exploitation (STE), la conduite à tenir en cas d’indisponibilité de matériels. 

Le 18 mars 2026, une évaluation de sûreté des unités de production n°2 et 3 met en évidence le débranchement d’une cellule électrique sur l’unité de production n°3. Cette cellule alimente une vanne motorisée indispensable au fonctionnement de la ligne d’injection du système EAS U (dispositif ultime d’aspersion de l’enceinte du bâtiment réacteur qui a pour fonction d’abaisser la pression et la température dans le bâtiment, en cas de situation accidentelle).

Dès la détection de l’événement, l’équipement est remis en conformité ce qui permet de retrouver la disponibilité de la vanne. 

Les vérifications et analyses montrent qu’elle avait été débranchée le 24 octobre 2025 dans le cadre d’une activité de maintenance. Lors des opérations de remise en service de la vanne, le 27 octobre 2025, elle n’a pas été rebranchée.

Depuis le 3 novembre 2025, le réacteur était passé dans un état d’exploitation où la ligne d’injection EAS U devait être disponible. L’indisponibilité a été détectée 18 mars 2026.

Sur une centrale nucléaire, toute indisponibilité d’un matériel important pour le bon fonctionnement du réacteur implique une conduite à tenir assortie d’un délai de mise en œuvre à respecter. Dans cette situation, le délai de repli* du réacteur sous 3 jours (lié à l’indisponibilité de la vanne) prévu par les spécifications techniques d’exploitation n’a pas été respecté.

Durant l’événement, aucun incident n’a nécessité la sollicitation des matériels concernés. En cas de besoin de l’utilisation de cette ligne d’injection, la vanne aurait pu être manœuvrée manuellement, garantissant la continuité des fonctions de sûreté.

Cet événement n’a eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations. Cependant, en raison de sa détection tardive et du non-respect des Spécifications techniques d’exploitation, la centrale du Bugey a déclaré le 20 mars 2026 à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) un événement significatif de sûreté de niveau 1 sur l’échelle INES, qui en compte 7.

* Le repli d'un réacteur consiste à abaisser la pression et la température de son circuit primaire.