Chaque mois, dans le cadre de la transparence, la centrale nucléaire de Gravelines publie les évènements significatifs déclarés à l'Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection. Ci-dessous, les derniers évènements déclarés.
Évènements de sûreté de niveau 0
- Depuis 2023, la centrale a rénové le tambour filtrant de l’unité de production n°2 et posé un nouveau système de graissage, validé conforme. Entre 2023 et juillet 2025, les contrôles réguliers des pompes de graissage montrent des visites conformes. À partir de juillet 2025, plusieurs contrôles révèlent des anomalies. En février 2026, lors d’une visite approfondie, une mauvaise position d’une tuyauterie de graissage est détectée entrainant un manque de graissage du tambour filtrant. Cette tuyauterie est remise en place à l'emplacement requis, et le 15 février 2026, le tambour est requalifié. Cet événement n’a pas eu d’impact sur la sûreté des installations. Cependant, il a été déclaré à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) le 27 février 2026 au niveau 0 de l’échelle INES.
- Le 26 janvier 2026, l’unité de production n°1 est à l’arrêt. Dans le cadre de contrôles visuels réalisés dans le bâtiment réacteur, des intervenants découvrent la présence de traces de bore sur l’assemblage d’un circuit.
L’analyse met en évidence un problème de montage lié à l’utilisation de joints inadaptés. En effet, en 2025, un remplacement avait été effectué avec des joints de substitution, faute de stock disponible.
Le 30 janvier 2026, les joints sont remplacés par une référence conforme. Cet écart, qui n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) le 4 mars 2026, au niveau 0 de l’échelle INES, soit en dessous du seuil de classement. - Le 27 février 2026, l’unité de production n°2 est à l’arrêt. En début de matinée, une équipe d’intervention rapide (EIR) est sollicitée pour remplacer une ampoule en salle de commande, cassée lors d’une première manipulation de remplacement. L'équipe constate l’ampoule brisée et débute son extraction. Au cours de l’intervention, un défaut d’isolement apparaît : le filament de l’ampoule touche le support du bouton de commande. L’élément est retiré immédiatement, ce qui rétablit la situation. Un peu plus tard dans la journée, une seconde équipe procède au remplacement complet de l’ampoule en débranchant les fils au relayage, assurant la remise en conformité.
Cet évènement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté, l’environnement ou la santé du personnel, mais constitue un écart à nos règles d’exploitation. Il a été déclaré à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) le 4 mars, au niveau 0 de l’échelle INES. - Le 5 mars 2026, l’unité N°1 est en production. L’unité N°2 est quant à elle en cours de redémarrage. Le 5 mars à 23h30, une visite du dégazeur du réservoir de traitement des effluents primaires étant planifiée sur l’unité 2, les flux sont orientés vers le réservoir de l’unité 1.
Le 6 mars à 2h10, une pré-dilution du circuit primaire est engagée sur l’unité 2, entrainant une montée du niveau des effluents dans le réservoir de l’unité 1, sans information spécifique faite aux opérateurs de l’unité 1. Le 6 mars à 4h36, le niveau maximal de ce réservoir, dont le dégazeur n’a pas démarré en automatique suite à un défaut, est dépassé. A 5h30, une vanne est ouverte afin de transférer les effluents vers le réservoir de l’unité 2 et ainsi passer sous le niveau maximal. Tandis que le dégazeur en défaut est remis en service à 5h48.
Le dépassement du niveau maximal du réservoir couplé à l’indisponibilité du dégazeur constitue un écart à nos règles d’exploitation. S’il n’a eu de conséquence ni sur la sureté des installations, ni sur l’environnement, cet écart a été déclaré le 10 mars à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) au niveau 0, soit en dessous du seuil de l’échelle INES - Le 23 février 2026, les unités de production n°3 et n°4 sont en fonctionnement normal. L’unité n°4 engage une opération de maintenance préventive sur son diesel d’ultime secours (DUS)*. Durant cette maintenance, une mesure palliative impose que les alimentations électriques externes restent disponibles.
Le 28 février, les équipes identifient une opération planifiée consistant à basculer la ligne d’alimentation d’un poste électrique externe vers un autre. Cette activité nécessite de rendre indisponible l’une des sources électriques externes de secours de l’unité n°4.
À 23h30, l’activité de basculement est autorisée et réalisée. Or, cette opération place l’installation en contradiction avec la mesure palliative associée à la maintenance du DUS.
Le 1er mars au matin, lors de la relève, le Chef d’Exploitation identifie l’incompatibilité entre les deux prescriptions particulières et confirme que la mesure palliative n’a pas été respectée au moment du basculement électrique.
Cet écart n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, l’environnement ou la santé du personnel. Il a été déclaré à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) le 12 mars 2026, au niveau 0 de l’échelle INES.
* groupe électrogène de secours indépendant destiné à assurer l’alimentation électrique minimale du site en cas de perte totale des autres sources. - Depuis le 2 mars 2026, des travaux sont réalisés pour remplacer un coffret électrique sur l'unité de production n°5 qui est en fonctionnement. Le 9 mars à 15h27, un intervenant ferme par inadvertance une porte entraînant l’indisponibilité de matériel de ventilation du système d’alimentation de secours des générateurs de vapeur (ASG*) conditionnant le fonctionnement des motopompes et de la turbopompe ASG. 6 secondes plus tard, la porte est rouverte et la ventilation est de nouveau pleinement disponible. Cet événement n’a pas eu d’impact sur la sûreté des installations. Cependant, l’indisponibilité momentanée de certains matériels de ventilation constitue un écart à nos règles d’exploitation. Cet écart a été déclaré à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) le 16 mars au niveau 0 de l’échelle INES. *système ASG : circuit d’alimentation de secours des générateurs de vapeur qui intervient en cas de défaillance du circuit d’alimentation normale des générateurs de vapeur pour évacuer la puissance résiduelle du cœur du réacteur et refroidir le circuit primaire. Ce circuit est équipé de plusieurs systèmes de pompes redondantes.
- Le 17 juin 2023, lors d’une opération de maintenance prévue sur le réacteur n°6 (réacteur à l’arrêt), une équipe d’intervenants procède au remplacement d’un robinet et de la tuyauterie associée ainsi qu’à la soudure d’un manchon (petit raccord métallique) sur une canalisation utilisée pour vidanger un réservoir contenant de l’acide borique.
Tous les contrôles réalisés après les travaux indiquent que l’installation est conforme.
Le 15 janvier 2026, alors que le réacteur n°6 est en fonctionnement normal, un intervenant repère une très petite fuite sur ce même raccord lors d’une ronde. Une demande d’intervention est immédiatement ouverte.
En examinant les documents liés à l’installation de 2023, le service maintenance découvre qu’une étape administrative obligatoire (une analyse réglementaire) n’a pas été réalisée à l’époque.
Le 17 février 2026, la direction de la centrale décide donc d’arrêter progressivement le réacteur n°6 pour permettre une intervention en toute sécurité.
Dans la nuit du 7 au 8 mars 2026, lorsque le réacteur atteint l’état d’arrêt prévu, les équipes de maintenance remplacent le manchon défectueux par un nouveau manchon en inox. Les contrôles techniques réalisés après la réparation confirment que le nouveau montage est conforme. Le manchon fuyard déposé est transmis pour analyse et expertise.
Le rapport d’analyse reçu le 9 mars 2026 indique que le manchon installé en 2023 n’était pas en inox comme attendu mais en acier carbone.
Cet écart n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations ni sur l’environnement, mais il a été déclaré le 16 mars 2026 à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) au niveau 0 de l’échelle INES, soit en dessous du seuil de classement
Évènements de radioprotection de niveau 0
- Le 26 février 2026, un conteneur destiné à un transport radiologique externe est déposé dans la zone surveillée logistique prévue à cet effet, afin de réaliser les contrôles habituels avant expédition et dans l’attente de son départ programmé le lendemain.
Le 27 février au matin, le chauffeur chargé du transport se présente sur le site avec son camion vide et stationne à proximité du conteneur avant son chargement. Conformément aux règles en vigueur, il porte un dosimètre à lecture différée, équipement requis pour accéder à une zone surveillée. Il quitte ensuite la zone afin de laisser les équipes en charge des contrôles radiologiques effectuer les vérifications préalables à l’expédition.
Au cours de ces contrôles, un niveau de radioactivité plus élevé que prévu est détecté à proximité du conteneur. Conformément aux procédures de radioprotection, la zone est immédiatement reclassée en zone contrôlée, et un balisage adapté est mis en place afin de sécuriser l’accès, impliquant notamment le port obligatoire d’un dosimètre opérationnel, en complément du dosimètre à lecture différée.
Peu après ce reclassement, le chauffeur retourne vers son véhicule pour récupérer un objet personnel. Il franchit le balisage sans porter le dosimètre opérationnel requis, n’ayant pas prêté attention aux nouvelles conditions d’accès. Cet écart n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations ni sur l’environnement ou la santé de l'intervenant. Il a néanmoins été déclaré le 3 mars à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) au niveau 0 de l’échelle INES, soit en dessous du seuil de classement. - Le 5 mars 2026, un technicien réalise la cartographie mensuelle des voiries à proximité des installations. À l’approche de l’atelier chaud*, un point de contamination est détecté au sol.
Les équipes interviennent immédiatement et confirment la présence d’une contamination localisée. Celle‑ci est retirée le même jour. Les contrôles précédents, réalisés mi‑janvier, n’avaient révélé aucune anomalie sur cette zone.
Cet événement, n’a eu aucune conséquence sur la santé des intervenants, l’environnement ou la sûreté des installations. Il a été déclaré à l’Autorité de Sûreté Nucléaire et de Radioprotection (ASNR) le 9 mars 2026, au niveau 0 de l’échelle INES.
*L'atelier chaud est une zone spécialisée du site où sont traités, contrôlés ou conditionnés des matériels ayant pu être en contact avec la radioactivité. - En mars 2026, l’unité de production n°3 est en fonctionnement. Lors d’un chantier d’évacuation de combustible usé mené dans le bâtiment combustible de l’installation, plusieurs intervenants sont détectés contaminés à la suite de leurs interventions les 15 et 16 mars. Le 16 mars, le chantier est arrêté afin de remettre la zone en ordre.
Bien qu’aucune de ces contaminations n’ait dépassé les limites réglementaires, cet événement constitue un écart à nos règles de radioprotection. Il a été déclaré le 19 mars 2026 à l’Autorité de sûreté nucléaire et de radioprotection (ASNR) au niveau 0 de l’échelle INES, soit en dessous du seuil de classement.