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Nous sommes allés à la rencontre de Geoffrey Degrave, ingénieur sûreté à la centrale nucléaire du Bugey.

 

Peux-tu te présenter et nous parler de ton parcours ?

Je m'appelle Geoffrey Degrave, j'ai 34 ans, je suis marié, j’ai deux enfants.

J’ai été embauché chez EDF en 2013 sur le site de Flamanville 3. J'ai fait 2 ans de cursus opérateur, un an et demi où j'étais toujours au service conduite mais détaché sur le plateau tranche en marche et sur le plateau démarrage. Je suis parti de Flamanville 3 en 2018 où j'ai rejoint les équipes de Bugey. Après quelques mois de formation j'ai occupé un poste d'ingénieur sûreté jusqu'en novembre 2021. Depuis je suis ingénieur sûreté tranche en marche c'est à dire que je suis spécialisé sur la sûreté des unités de production en exploitation hors arrêt pour maintenance.

Peux-tu nous raconter ton rôle au quotidien ?

Aujourd'hui, je suis ingénieur sûreté tranche en marche et pluriannuelle, je fais partie de l'équipe qui s'appelle les AES, les Appuis Experts Sûreté, nous sommes quatre aujourd'hui sur le site de Bugey. Notre rôle est d'apporter une expertise dans le domaine sûreté sur les activités qui sont planifiées sur les plannings d'arrêt pour Maintenance, d’exploitation et pluriannuel. Notre rôle est aussi d'alerter sur les pièges sûreté, de contrôler la conformité des plannings avec nos exigences en termes de sûreté, de donner du sens aux exigences sûreté que l'on porte au quotidien sur le terrain et de proposer des solutions en accord avec le référentiel en fonction des activités qui sont planifiées.

Ce qui te plait le plus dans ton métier ?

Ce qui me plaît aujourd'hui dans mon métier, c'est de pouvoir faire le lien entre le projet « tranche en marche » (ce projet gère les unités de production en fonctionnement hors arrêt pour maintenance) ou le projet pluriannuel (ce projet est garant de la qualité des choix de programmation des arrêts pour maintenance des unités de production, à court, moyen et long termes) et les ingénieurs sûreté, qui eux font partie de la Filière Indépendante de Sûreté (FIS) ça c'est la première chose. La seconde, c'est la rédaction des modifications temporaires des spécifications techniques d'exploitation qui sont un peu le code de la route des différents réacteurs.

Cela demande une certaine exigence, une certaine rigueur, mais également d'avoir une profondeur d'analyse sûreté. En effet, il faut ensuite présenter la modification temporaire auprès de l'Autorité de Sûreté Nucléaire, ça a du sens et c'est très challengeant. Il y a des enjeux pour le site.

Ce qui me plaît également c’est lorsque l’on rencontre des aléas, des petits fortuits et on apprend toujours c'est ça qui est génial. J'apprends encore plus maintenant que je suis détaché sur un plateau puisqu’avant je m'intéressais essentiellement à tout ce qui était sûreté, sauvegarde. Maintenant les aléas pour moi, ils peuvent même concerner la salle des machines et d'autres bâtiments donc ça c'est vraiment bien. Et puis je suis tous les jours au contact de l'exploitant donc ça aide.