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Le 14 octobre 2021, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) un événement significatif pour la sûreté sur l’échelle INES, qui en compte 7. Cet événement est relatif au non-respect des spécifications techniques d’exploitation, suite à un défaut de configuration d’un circuit.
 
Dans un réacteur nucléaire, le circuit de refroidissement intermédiaire (RRI) permet de refroidir différents équipements en fonctionnement ou à l’arrêt. Il assure le refroidissement des circuits annexes au circuit primaire, tels que le circuit de refroidissement du réacteur à l’arrêt (RRA). Ce circuit est composé de 2 voies identiques A et B et redondantes, chacune capable d’assurer la mission de refroidissement.
Le circuit d’eau brute (SEC) sert à refroidir le circuit de refroidissement intermédiaire RRI. C’est un circuit dit « de sauvegarde » constitué de deux lignes redondantes, comportant chacune deux pompes et deux échangeurs. Il fonctionne en permanence, même lorsque le réacteur est à l’arrêt. Par ailleurs, les circuits SEC des unités de production n°2 et 3 sont reliés.
 
Le 9 octobre 2021 en début d’après-midi, dans le cadre d’une maintenance préventive programmée sur le circuit d’eau brute secourue (SEC) de l’unité de production n°3 en fonctionnement, les équipes de la centrale du Bugey mettent à l’arrêt une pompe (n°2) pour assurer sa maintenance. A l’issue de la maintenance préventive, cette pompe est remise en service et la vanne au refoulement de cette dernière est ré-ouverte.
Pour contrôler le bon fonctionnement du circuit après l’activité de maintenance, l’autre pompe (n°1) de l’unité de production n°3 est mise à son tour à l’arrêt. Ainsi seule la pompe n°2 à contrôler est en service. A l’issue de la vérification du bon fonctionnement de la pompe n°2, les deux pompes de l’unité de production n°3 sont alors remises en service.
En début de soirée, les équipes d’intervention préparent une nouvelle activité de maintenance programmée sur la pompe n°1 de l’unité de production n°3. Pour réaliser cette activité ils ferment les vannes qui permettent de mettre en lien les circuits d’eau brute secourue des unités de production n°2 et 3.
 
Les équipes arrêtent ensuite la pompe n°1 de l’unité de production n°3 qui doit faire l’objet de la maintenance programmée. C’est alors qu’apparaît, en salle de commandes, une alarme indiquant un bas débit d’eau brute. Les opérateurs présents en salle de commandes appliquent alors leur consigne et remettent en service la pompe qu’ils viennent d’arrêter. Ils procèdent immédiatement à l’ouverture de la vanne de la pompe n°2 qui était au final insuffisamment ouverte.
Le diagnostic révèle une insuffisance de débit d’eau masquée par une compensation de débit par l’unité de production n°2, les circuits d’eau brute des unités de production n°3 et 2 étant reliées.
Un nouvel essai du fonctionnement de l’ensemble du circuit d’eau brute est réalisé et déclaré satisfaisant. Cependant, le mauvais positionnement de la vanne a conduit à son indisponibilité. Cette configuration constitue un écart aux spécifications techniques d’exploitation.
 
L’événement n’a pas eu d’impact réel sur la sûreté de l’installation. Le refroidissement des matériels et fluides des systèmes auxiliaires et de sauvegarde du réacteur a toujours été assuré.
Cependant le non-respect des spécifications techniques d’exploitation constitue un écart qui a été déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), le 14/10/2021, comme un événement significatif de sûreté (ESS) de niveau 1 sur l’échelle INES, qui en compte 7.