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La 4ème visite décennale de l’unité de production n°5 est en ligne. Les équipes de la centrale ont soldé fin août le premier des 3 contrôles réglementaires prévus : un chantier d’envergure, celui de l’inspection de la cuve du réacteur.

Le samedi 31 juillet 2021 avait marqué le lancement de l'arrêt programmé pour la 4ème visite décennale de l'unité de production n°5 de la centrale du Bugey. Parmi les opérations majeures de cet arrêt, le contrôle de la cuve par la « MIS », la machine d’inspection en service a été soldé le 26 août dernier après 15 jours d’inspection minutieuse, centimètre carré par centimètre carré.
Lors de ce contrôle, l’intégrité et la résistance de la cuve du réacteur sont examinées avec ce robot perfectionné. Une opération qui nécessite rigueur, minutie, et travail collectif.

Qu’est –ce qu’une MIS, à quoi ressemble-t-elle ?
Arrivée à Bugey en provenance du CEA de Cadarache, la MIS a été acheminée grâce à 3 semi-remorques sur le site et assemblée à l’intérieur du bâtiment réacteur pendant 24 heures. 12 heures d’essai ont ensuite suivi cette première opération avant la pose finale dans la cuve.
Disponible en seulement 2 exemplaires sur tout le parc nucléaire français, la MIS a inspecté au millimètre, la cuve du réacteur sous toutes ses coutures pour garantir son aptitude à fonctionner en toute sûreté pour 10 ans supplémentaires.
Cette machine présente des mensurations qui laissent songeur : haute de 12 mètres, son diamètre est de 4,5 mètres, pour un poids avoisinant les 12 tonnes.
 
Une fois introduit dans le bâtiment réacteur, ce robot est placé en immersion sous eau, muni de capteurs et de caméras, pour procéder à différents examens :

  • Télévisuel : permettant d’examiner la surface, c’est-à-dire le revêtement interne de la cuve à partir de caméras vidéo en couleur.
  • Ultrasons : proche de l’échographie médicale, cette technique permet de vérifier la qualité des soudures.
  • Et radiographique : permettant de procéder à l’examen des soudures de raccordement des embouts de sécurité sur la tuyauterie du circuit primaire.

 
Comment fonctionne-t-elle ?
L’intégralité des contrôles réalisés dans le cadre de cet examen est effectuée à l’intérieur de la cuve.
Le poly-outillage du mât de la MIS est doté d’une multitude d’appareillages qui lui permettent de réaliser la batterie de tests exigée par l’examen réglementaire :

  • 84 appareils appelés « traducteurs » réalisent les contrôles ultrasons,
  • 3 caméras dont 1 d’expertise sont dédiées aux inspections télévisuelles (ETV)
  • Un poste de tirs radios sert, quant à lui, à radiographier le cœur du réacteur.

Ce poly-outillage permet à la MIS de réaliser les contrôles en une quinzaine de jours.
Pendant la durée de l’inspection (une quinzaine de jours) les équipes de la centrale du Bugey ont officié en 3x8, 7 jours sur 7. Grâce à la fibre-optique, le travail de la MIS a été piloté à distance par des salariés de Framatome, dotés de compétences techniques pointues et basés dans un centre de contrôle déporté appelé "Shelter d’acquisition ».  
 

"Je salue le travail et la réactivité des équipes du CNPE qui  poursuivent leur programme industriel inédit en réalisant la 3e visite décennale en moins de 2 ans !  Un vrai challenge pour la VD 4 de l’unité de production n° 5 qui animera le site jusqu’en 2022 pour continuer à produire une électricité sûre et bas carbone", précise Pierre Boyer, Directeur du CNPE du Bugey.                                      

A l’issue des contrôles, un dossier d’analyse sera transmis à l’Autorité de sûreté nucléaire.  
 
La réalisation de ce programme de maintenance et de modifications permettra sous la validation de l’ASN, le redémarrage de l’unité de production n°5 avec, en ligne de mire, l’autorisation de prolongation de la durée d’exploitation de ce réacteur pour 10 années supplémentaires.
 
Quelques chiffres sur la 4ème visite décennale de l’unité de production n°5 :

  • 59 modifications (voies électriques, contrôle commande noyau dur, modification du point polaire…)
  • 25000 h de chantiers de robinetterie

  • 18 000 activités de maintenance  

 

La visite décennale se distingue des autres arrêts de maintenance notamment par les contrôles réglementaires qui sont effectués et dont la réussite, validée par l’ASN, est déterminante pour redémarrer le réacteur :
- L’épreuve enceinte du bâtiment réacteur : la pression dans le bâtiment est augmentée afin de contrôler sa résistance et son étanchéité.
- L’épreuve hydraulique des circuits primaire et secondaire : la pression est augmentée pour contrôler la résistance des tuyauteries et des soudures.
 

Cet arrêt de grande ampleur permettra d’atteindre les standards de sûreté internationaux les plus exigeants et, après accord de de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), de poursuivre d’exploitation du réacteur pour 10 années supplémentaires.