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Pour renforcer en permanence le niveau de sûreté de ses installations et prendre en compte le retour d’expérience, EDF apporte, tout au long de la durée d’exploitation de ses réacteurs, de nombreuses modifications matérielles. A titre d’exemple, sur l’arrêt programmé de l’unité n°2 qui se termine, 39 modifications qui ont été mises en place. Les évolutions apportées visent également à répondre aux nouvelles exigences règlementaires et à intégrer les dernières innovations technologiques.
Focus sur une de ces modifications d’envergure, en cours de déploiement sur le site : la modification frasil.

Les unités de production ont en permanence besoin d’eau pour le fonctionnement et le refroidissement des circuits. La centrale de Saint-Alban Saint-Maurice utilise ainsi l’eau du Rhône. Cette eau est acheminée par le canal d’amenée, filtrée puis pompée et injectée dans les différents circuits. Pour préserver en permanence l’arrivée d’une quantité d’eau suffisante, quelles que soient les conditions météorologiques, une modification est en cours sur toutes les centrales nucléaires d’EDF qui y sont sensibles: elle consiste à éviter la formation de frasil en surface de l’eau dans l’hypothèse où les températures du Rhône seraient très basses. Cette modification vise donc à améliorer encore le niveau de sûreté de la centrale.

Qu’est-ce que le frasil ? Si la température du Rhône descend sous la barre des 0°C, des cristaux de glace peuvent se former en surface, c’est ce qu’on appelle le frasil. Le risque est que ces cristaux de glace s’agglomèrent sur un métal froid (exemple : grilles de pré-filtration, tambours filtrants des centrales), ce qui peut conduire à un colmatage de ces matériels par prise en glace.

En quoi consiste la modification ? Pour éviter le risque frasil, la modification consiste à prélever une partie de l’eau chaude rejetée par la centrale, pour la ré-injecter au niveau des grilles de pré-filtration.

Cette modification d’envergure est composée de trois phases distinctes qui sont menées en parallèle :

- Une partie fluviale, avec l’installation de pieux dans le canal d’amenée, de coiffes sur les pieux et d’une tuyauterie qui permettra d’amener l’eau chaude sur les grilles de filtration. Cette étape est en cours. Elle est la plus visible, mais également la plus longue et complexe de la modification. Dans le canal d’amenée, dix pieux de 20 mètres de long ont été enfoncés à 6 mètres dans le sol. Ces pieux supporteront la tuyauterie qui acheminera l’eau chaude devant les grilles.

- Une partie terrestre, avec la création des VRD (Voirie et Réseau Divers) et la pose de la tuyauterie à proximité du déversoir. Un rideau, sorte de liaison entre la terre et le fleuve, a été créé.

- Les travaux sur le circuit de refroidissement de secours, qui consistent à créer des piquages sur les 4 voies du déversoir ainsi qu’à couper et à détourner la tuyauterie. Ces travaux ont été réalisés lors de l’arrêt programmé pour maintenance de l’unité n°2 qui se termine. Les travaux se poursuivront début 2023, lors de la visite partielle de l’unité n°1.

La modification devrait être pleinement opérationnelle en 2025

Elle permettra de renforcer la robustesse de la centrale vis-à-vis de cet « agresseur » potentiel qu’est le frasil, dans une démarche d’amélioration continue de ses performances de sûreté.