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Événements significatifs du domaine sûreté concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés au niveau 0 sur l’échelle INES en mars 2021.

Dépassement des délais de réalisation de deux essais périodiques dû à une prescription erronée
Le 8 mai 2020, l’arrêt de maintenance du réacteur n°2 est prolongé. Ceci entraîne le dépassement du délai de réalisation de deux essais périodiques (EP), car la configuration technique de l’unité de production n’est pas à l’attendu stipulé dans la gamme de l’essai.
Le 10 janvier 2021, l’unité de production n°2 entre en phase de divergence1. La personne en charge des EP reçoit la liste à régulariser au démarrage de l’unité : les deux essais non réalisés en 2020 y figurent et sont reprogrammés pour être réalisés avant le 10 mars 2021.
Le 23 février 2021, le premier essai est réalisé et son résultat est satisfaisant.
Le 4 mars 2021, le chargé d’EP analyse la possibilité de report du deuxième EP et sollicite le service sûreté qualité suite à la détection d’une incohérence dans les prescriptions.
Le 5 mars 2021, après analyse, il est statué sur les EP concernés sont réalisables indépendamment de la configuration technique de l’unité.
Le 8 mars 2021, le deuxième EP est réalisé et, lui aussi, validé.
Consécutivement, une analyse de l’historique de ces EP est réalisée et fait état de plusieurs dépassements de délai, en 2016, 2017 et 2020.
La centrale de Paluel a déclaré, le 16 mars 2021, un événement significatif dû aux retards de réalisation.
1 La divergence correspond au démarrage du processus de réaction en chaîne dans le réacteur

Démarrages intempestifs d’un groupe électrogène de secours
Le 3 mars 2021, l’unité de production n°3 est en fonctionnement. L’un des groupes électrogènes de secours, dont le rôle est d’assurer l'alimentation électrique des systèmes de sauvegarde en cas de perte des transformateurs de soutirage et auxilaire, démarre sans raison apparente. Le groupe est arrêté manuellement via le contrôle-commande centralisé. Deux démarrages intempestifs du groupe ont de nouveau lieu dans la journée et un le lendemain.
Le 4 mars 2021, les analyses consécutives des relevés issus de l’instrumentation électrique, menées conjointement avec le constructeur, concluent que les démarrages intempestifs sont causés par un dysfonctionnement sur une armoire électronique de contrôle-commande.
Suite aux réparations effectuées sur l’armoire, la situation est rétablie.
Le site a effectué une déclaration, le 10 mars 2021, relative à ces démarrages intempestifs de matériel de secours. La capacité des groupes à assurer leur fonction de sauvegarde n’a pas été remise en cause malgré ces démarrages.

Indisponibilité d’une turbo-pompe de secours dû à une reprise de réglage non justifiée a posteriori sur deux vannes
Le 5 mars 2021, l’unité de production n°4 est en fonctionnement à basse puissance. Un essai périodique est lancé sur le circuit d’eau d’alimentation de secours des générateurs de vapeur. Il consiste à vérifier les performances du circuit et de la turbo-pompe de secours (TPS) lorsque celle-ci est en fonctionnement. Les résultats relevés ne correspondent pas à l’attendu. La TPS est rendue indisponible le temps de réaliser un réglage sur deux vannes du circuit.
Le 6 mars 2021, le réglage des vannes est réalisé. Toutefois, à la suite de la vérification de l’ensemble de l’instrumentation, un autre critère de l’essai périodique n’est pas respecté, ce qui réinterroge les intervenants et leurs superviseurs. Après analyse de la situation, l’hypothèse d’une défaillance de l’instrumentation utilisée lors de l’essai semble la plus probable. Il est donc décidé de permuter deux capteurs de débit. Une fois cette opération réalisée, la situation est rétablie et permet de réaliser une nouvelle fois l’essai périodique, déclaré satisfaisant, dans le respect des critères de sûreté.
Cet écart a été déclaré auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire le 9 mars 2021.

Réalisation partielle d’un contrôle de matériel prescrit par un programme d’essais périodiques
Le 2 mars 2021, les unités de production n°1, 2 et 3 sont en fonctionnement. L’unité n°4 est en cours de redémarrage suite à son arrêt de maintenance programmé pour renouvellement du combustible.
Il est constaté qu’un critère des règles générales d’exploitation n’a pas été vérifié durant l’arrêt de l’unité n°4. Ce critère sert à suivre l’évolution dans le temps la performance du circuit. Il implique de contrôler deux vannes du circuit d’eau d’alimentation de secours des générateurs de vapeur. Conformément au programme d’essais périodiques, cette vérification doit être effectuée tous les trois rechargements de combustible et aurait donc dû être effectuée avant la fin de l’arrêt en cours sur l’unité n°4.
Après analyse, toutes les unités de production sont concernées par cet écart, déclaré le 5 mars 2021 auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire. La performance du circuit n’a toutefois pas été remise en cause.

Dépassement des délais de contrôle de sept moyens locaux de crise
Le 12 mars 2021, les quatre unités de production sont en fonctionnement. Le service sûreté qualité du site analyse les retards de contrôle des moyens locaux de crise du site. Un bilan exhaustif des contrôles réalisés hors des délais prescrits est demandé aux métiers de maintenance responsables de ces activités.
Le 18 mars 2021, après analyse, sept moyens locaux de crise n’ont pas fait l’objet d’un contrôle dans les délais impartis. La régularisation des contrôles des matériels est immédiatement demandée. À l’issue, deux matériels sont détectés indisponibles et nécessitent une remise en conformité.
Le site a effectué, le 23 mars 2021, une déclaration relative à ces retards de contrôle.