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Événements significatifs du domaine sûreté concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés au niveau 0 sous l’échelle INES en juillet 2021.
 

Mise hors tension d’un tableau électrique ayant entraîné un arrêt automatique du réacteur et le démarrage d’un système de sauvegarde
Le 30 juin 2021, l’unité de production n°3 est en production et à la disposition du réseau électrique national.
A 12h18, les équipes procèdent à un basculement d’alimentation* d’un tableau électrique afin de réaliser un contrôle sur un matériel.
La manipulation de deux commutateurs non indiqués dans la consigne de basculement engendre la coupure momentanée du tableau électrique de distribution 30V. L’indisponibilité de celui-ci entraine des perturbations sur la partie secondaire des installations avec la montée en pression d’un réservoir et un déclenchement de la turbine**.
A 12h19, la différence de puissance entre le circuit secondaire et le circuit primaire conduit à un arrêt automatique de l’unité de production, conformément aux dispositifs de sûreté et de protection du réacteur. Le tableau électrique est remis sous tension immédiatement.
A 12h20, le système prévu pour évacuer la puissance résiduelle produite par le réacteur démarre. Cependant, les équipes constatent qu’une vanne, automatiquement actionnée précédemment et véhiculant de la vapeur sur la partie secondaire des installations, ne s’est pas refermée. L’ouverture de cette vanne cumulée au démarrage de ce système engendrent un refroidissement important du circuit primaire jusqu’au seuil de mise en service automatique du système d’injection de sécurité*** conformément au fonctionnement des protections du réacteur.
Cet événement a été déclaré par la direction de la centrale nucléaire de Paluel à l’Autorité de sûreté nucléaire au niveau 0 sous l’échelle INES (qui en compte 7) le 7 juillet 2021.
 
*Les circuits des centrales nucléaires françaises sont conçus en redondance (deux voies sont séparées : voie A et voie B). Lorsqu’un circuit est indisponible, un autre permet d’assurer des fonctions similaires.
**La turbine est actionnée par la détente de la vapeur sous pression. La turbine entraîne l’alternateur qui produit l’électricité : l’énergie mécanique de la turbine est ainsi transformée en énergie électrique. La vitesse de rotation du groupe turboalternateur est de 1500 tr/min.
*** Ce système assure le refroidissement du réacteur en injectant de l’eau contenant du bore, sous forte pression.

Défaut de la ligne d’évacuation d’énergie et îlotage non concluant ayant entrainé un arrêt automatique du réacteur
Le 1er juillet 2021, l’unité de production n°4 est en production et à la disposition du réseau électrique national.
A 6h, un défaut présent sur la ligne principale d’évacuation d’énergie entraîne l’ouverture du disjoncteur qui relie l’unité de production au réseau électrique national, provoquant l’îlotage*.
Lors de cette séquence de fonctionnement, un déclenchement de la turbine située en salle des machines est généré automatiquement par une survitesse mécanique du groupe turbo alternateur dont l’activation est survenue de manière prématurée par rapport à la vitesse réelle de la turbine. La séparation physique du réseau électrique national puis le déclenchement de la turbine conduisent à un arrêt automatique de l’unité de production, conformément aux dispositifs de sûreté et de protection du réacteur.
Une seconde ligne haute tension, l’alimentation dite « auxiliaire » et visant à garantir le fonctionnement des matériels de sûreté prend alors le relais pour assurer immédiatement l’alimentation électrique de l’unité de production.
L’inspection de la ligne principale d’évacuation d’énergie par le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, dans la journée, ne permet pas d’identifier de dégradation sur la ligne. La ligne principale d’évacuation d’énergie est remise sous tension à 18h15 pour alimenter à nouveau l’unité de production.
Les actions de protection de l’installation ont correctement fonctionné et les procédures ont été appliquées conformément aux règles générales d’exploitation. Cet événement a été déclaré par la direction de la centrale nucléaire de Paluel à l’Autorité de sûreté nucléaire au niveau 0 sous l’échelle INES (qui en compte 7), le 7 juillet 2021.
 
* Un ilotage permet à l’installation de s’autoalimenter en électricité via son groupe turbo-alternateur, notamment en cas de dysfonctionnement sur le réseau électrique national.

Ces deux évènements n’ont eu aucune conséquence réelle sur la sûreté des installations, ni sur l’environnement, les actions de protection des installations ayant correctement fonctionné et les procédures appliquées conformément aux règles générales d’exploitation.
 

Présence d’un corps migrant dans la cuve de l’unité de production numéro 4

Le 23 janvier 2021, l’unité de production n°4 est à l‘arrêt pour simple rechargement (ASR). Le déchargement de son combustible est réalisé le 29 janvier 2021.
Aucune anomalie n’est détectée sur les assemblages durant le déchargement.
Le 3 février, une inspection télévisuelle programmée de la plaque inférieure du cœur du réacteur détecte la présence d’une clé plate dans la cuve, vidée de ses assemblages combustibles. La clé est extraite le 4 février 2021.
 
Du 4 au 7 février, des analyses approfondies démontrent que la clé plate était déjà présente lors du cycle de production précédent mais qu’elle n’a eu aucun impact ni sur les assemblages combustibles, ni sur les équipements du circuit primaire. Toutefois, cet événement a été déclaré le 13 juillet 2021 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
 

Non qualification au séisme d’une portion de tuyauterie

Le 8 juin 2021, l’unité de production n°3 est en production et à la disposition du réseau électrique national. Un suintement est détecté sur une tuyauterie d’eau liée au circuit de refroidissement. La tenue mécanique de la tuyauterie concernée est qualifiée au séisme SMVH *.
Le 14 juin, une dégradation du suintement est constatée. Les équipes de la centrale réalisent une demande d’intervention. La tuyauterie est de nouveau intègre et disponible le 27 juin.
Cet évènement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations. Malgré le suintement, la tenue mécanique de la tuyauterie n’était pas impactée en cas de séisme. Par ailleurs, l’autre voie, en redondance**, est toujours restée disponible. Cet évènement a été déclaré le 7 juillet 2021 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
* Garantie de tenue de la tuyauterie au séisme maximal historiquement vraisemblable (SMHV) qui est supérieur à tous les séismes s’étant produit au voisinage de la centrale depuis mille ans.
**De nombreux systèmes sont conçus en redondance (deux voies séparées). Lorsqu’un circuit est indisponible, un autre permet d’assurer des fonctions similaires.
 

Non-respect des règles générales d’exploitation

Le 3 avril 2017, l’unité de production n°2 est à l’arrêt pour réaliser sa visite décennale. Dans le cadre d’une activité de maintenance, un changement de matériel de mesure de la radioactivité est réalisé. Lors du remplacement, un paramètre n’est pas mis à jour. A cette date, le matériel n’est pas requis.
Le 29 mai 2018, l’état d’exploitation de l’unité de production nécessite la disponibilité de ce même matériel.
Le 14 avril 2019, ce matériel fait l’objet d’un essai périodique. Cependant, cet essai ne comprend pas le contrôle du paramètre remplacé en 2017.
Le 17 mai 2021, lors de la réalisation d’un autre essai périodique sur le matériel, les données extraites interrogent les équipes de la centrale. Un contrôle des paramètres de fonctionnement est réalisé le 2 juillet. Il est constaté qu’un paramètre n’a pas été mis à jour. La conduite à tenir est une remise en conformité sous 14 jours.
Le 3 juillet 2021, le matériel de mesure est déclaré disponible.
Le matériel de mesure était indisponible depuis mai 2018. Bien qu’il n’ait pas été sollicité pendant cette période, cet évènement constitue un non-respect des règles générales d’exploitation. Il a été déclaré le 7 juillet 2021 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
 

Défaut de réalisation de contrôles de conformité de tuyauteries

Unité de production n°1 :
Du 28 juin au 4 décembre 2019, l’unité de production n°1 de la centrale de Paluel est en arrêt pour réaliser sa visite partielle. Au titre des contrôles inhérents à cette visite partielle, un programme de vérification des tuyauteries en acier noir, dites IPS (importantes pour la sûreté), était à réaliser.
 
En juillet 2021, les modes de preuves relatifs à la réalisation de ces contrôles ne sont pas retrouvés. Une recherche approfondie permet de garantir à date la tenue des contrôles des unités de production n°2, n°3 et n°4.
 
Unité de production n°3 :
Du 19 juin au 20 octobre 2020, l’unité de production n°3 de la centrale de Paluel est en arrêt pour réaliser sa visite partielle. Le 14 décembre 2020, une inspection de l’ASN révèle que le programme de vérification des tuyauteries en acier noir n’a pas été réalisé.
 
Le 20 avril 2021, les contrôles sont réalisés et les tuyauteries sont déclarées conformes sur l’unité de production n°3.
EDF a déclaré le 19 juillet 2021, auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN), un événement significatif de sûreté générique de niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.
 
Événements significatifs du domaine radioprotection concernant la centrale nucléaire de Paluel, déclarés au niveau 0 sous l’échelle INES en juillet 2021.
 

Non-respect de la validité d’un recyclage radioprotection

Chaque salarié intervenant en zone nucléaire doit suivre une formation radioprotection obligatoire valable 3 ans. Suite à une erreur informatique, l’habilitation d’un intervenant a été prolongée de 2 mois  au 12 juin 2021 (contre le 25 avril 2021) sans qu’il n’ait effectué de recyclage.
 
Le 28 juillet 2021, après détection, le salarié a suivi le recyclage requis. L’ensemble de toutes les habilitations radioprotection des salariés du site ont été vérifiées informatiquement pour s’assurer de la cohérence entre les dates initiales et celles des recyclages prévus.
 
Le salarié est entré en zone nucléaire en l’absence de renouvellement de sa formation. Cet événement n’a eu aucun impact radiologique sur le salarié mais constitue cependant un non-respect de la validité d’un recyclage radioprotection. a été déclaré le 30  juillet 2021 à l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) au niveau 0 de l’échelle INES qui en compte 7.

Événement significatif générique du domaine sûreté déclaré au niveau 0 sur l’échelle INES en juillet 2021.    
             

Déclaration d’un événement significatif pour la sûreté à caractère générique de niveau 0 pour les réacteurs du palier 1300 MW

Tout au long de l’année, chaque centrale nucléaire réalise des essais périodiques afin de s’assurer du bon fonctionnement de ses matériels. Les essais périodiques applicables aux Diesels d’Ultime Secours pour les centrales du palier 1300 MW (Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Penly, Saint-Alban) ont fait l’objet d’évolutions documentaires, afin d’intégrer le retour d’expérience issu de divers essais.
 
Ces évolutions documentaires, au titre de la réglementation applicable pour les installations nucléaires de base, sont soumises à autorisation ou déclaration auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire lorsqu’elles sont notables. Un contrôle interne a mis en évidence que certaines évolutions documentaires n’avaient pas respecté ces exigences.
 
EDF a déclaré le 15 juillet 2021, auprès de l’Autorité de sûreté nucléaire, un événement significatif de sûreté générique de niveau 0 sous l’échelle INES qui en compte 7, pour les centrales du palier 1300 MW : Belleville, Cattenom, Flamanville, Golfech, Nogent-sur-Seine, Paluel, Penly, Saint-Alban.