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Les équipes de la force d'action rapide du nucléaire (FARN) sont venues s’entrainer à Gravelines du 26 au 30 septembre 2022, le deuxième exercice de grande ampleur sur le site. Quand le convoi de la FARN se déplace, il passe rarement inaperçu avec ses camions, barges et autres 4X4… à l’image de son directeur, Olivier Le Roux, ancien colonel des Pompiers de Paris et officier de l’armée de Terre, à qui nous avons posé quelques questions.
 

 

Parlez-nous de votre « vie d’avant », qui vous a amené à prendre le commandement de la FARN ?

Olivier Le Roux : Ancien colonel des Pompiers de Paris et officier de l’armée de Terre, j’ai acquis une expérience très élargie dans la gestion de crise de sécurité civile, le management d’unité, en particulier en situation de crise et le déploiement opérationnel lors de crise complexe et au Sahel. J’ai également développé ma compétence dans la direction de projet, avec une expérience spécifique dans la conception et l’optimisation des structures, autant d’apports personnels que je mets chaque jour au profit du Groupe EDF. « Ma vie d’avant » a toujours été tournée vers le public, que ce soit dans les forces armées, en tant que pompier de Paris, ou au Mali et en Mauritanie, dans le cadre du développement des services de secours pompiers sur ces deux pays. Je crois très fortement au service public et je crois que la FARN a vraiment sa contribution à apporter à cette réponse efficace de service public et de service à l’entreprise. Avec la FARN, je me retrouve entièrement dans ces missions de réponse à la crise, dans le cadre du service public. Cette réponse est portée par un personnel professionnel et engagé.

En quoi la FARN est-elle une unité unique au monde ?

Olivier Le Roux :  La FARN a été créée le lendemain de l’accident de Fukushima en 2011. Elle est dimensionnée pour secourir n’importe quelle centrale nucléaire française, sur l’ensemble de ses réacteurs, en moins de 24h, en toutes circonstances : séisme, inondation externe ou interne, tempête… Le domaine d’intervention de la FARN couvre des situations extrêmes : centrale sinistrée en totalité (perte totale des alimentations électriques et de la source froide), destruction des infrastructures environnantes (voies d’accès, bâtiments), impossibilité pour les équipes locales d’astreinte de se rendre sur site… Dans ces situations, la FARN intervient pour réalimenter la centrale en eau, en air comprimé et en électricité, de manière à maintenir les fonctions de sûreté minimales et éviter tout rejet dans l’environnement. La FARN est une unité guidée par des valeurs très fortes : la rigueur, la solidarité et l’exemplarité. En cela, la FARN est une unité unique au monde, que les exploitants du monde entier nous envient.

Comment avez-vous vécu cette semaine d’entrainement à Gravelines ?

Olivier Le Roux :  La FARN est là pour protéger les populations et pour protéger l’outil industriel. Elle participe pleinement à cette fonction de garantie. Toutes les missions confiées à la FARN dans le cadre de l’exercice ont été menées à bien par les équipiers, en collaboration avec les équipes de la centrale nucléaire de Gravelines et les sapeurs-pompiers du SDIS 59. Durant cet exercice, qui se jouait pour la première fois depuis sa création avec une protection périphérique, j’ai pu constater une fois de plus le haut niveau de formation professionnelle et technique, la grande volonté de réussir les missions et l’engagement inconditionnel du personnel. Tout ceci me fait dire que la FARN est une belle unité, en laquelle nous pouvons avoir confiance. Il y a une réelle dynamique de progrès, une volonté de bien faire et de réussir les interventions. Les enseignements qui seront tirés de cet exercice permettront d’améliorer encore le processus d’intervention.

 

 


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La FARN : 300 équipiers et du matériel à toute épreuve
La FARN est constituée d’un État-major national, basé à Saint-Denis, et de quatre services régionaux sur les CNPE de Bugey, Civaux, Dampierre et Paluel. Chaque service régional est composé de cinq équipes, appelées « colonnes », elles-mêmes composées de 14 équipiers chacune. Au total, ce sont 300 femmes et hommes, salariés EDF volontaires qui sont experts du nucléaire et engagés au profit de la sûreté des sites et de la protection des populations.
​​​​​​​​​​​​Depuis la création de la FARN, une quarantaine d’exercices de grande ampleur ont été réalisés, avec des scénarios diversifiés et complexes. Au total, chaque équiper réalise à peu près 40 jours de formation initiale, et plus de 50 jours par an d’entrainement et de recyclage sur toutes les spécialités.
La FARN dispose de son propre matériel, réparti dans les 4 bases régionales : une cinquantaine de camions, grues et 4X4 « haute motricité », des barges, des groupes électrogènes de 100 kW, des compresseurs, pompes et flexibles. Elle peut utiliser les hélicoptères de la Sécurité civile et de EDF-RTE. Elle assure sa propre logistique de vie, notamment par l’activation d’une base arrière, comme cela a été le cas à Bourbourg pour l’exercice.

 

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