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Vie industrielle : synthèse des événements déclarés à l'Autorité de sûreté nucléaire - mois de mai 2022

La centrale de Dampierre-en-Burly a déclaré 1 événement significatif de sûreté de niveau 1 (anomalie), 5 événements significatifs de sûreté de niveau 0 (écarts) et 2 événements significatifs radioprotection de niveau 0 (écart) à l'Autorité de sûreté nucléaire au mois de mai 2022. Un événement significatif de sûreté générique  (commun à l’ensemble des centrales du parc de production nucléaire français) de niveau 0 a également été déclaré à l’autorité de sûreté nucléaire par EDF.

 

Toutes unités de production

04/05/2022 : Dans la partie nucléaire de l’installation, l’accès aux différents locaux est conditionné à la détention d’un dosimètre passif et d’un dosimètre opérationnel. Celui-ci permet aux intervenants de connaître les conditions d’intervention et d’être alerté en cas d’évolution de l’ambiance radiologique. Le 28 avril 2022, un dosimètre opérationnel activé est retrouvé à l’entrée du vestiaire après le portique d’accès. Un intervenant l’ayant oublié avant de se rendre à son poste de travail. Cet écart radioprotection, de niveau 0 sous l’échelle INES, n’a eu aucun impact réel sur la santé des intervenants.

04/05/2022 : Une intervention de maintenance est prévue au fond de la piscine de la cuve du réacteur le 4 mai à 15h15. Les intervenants disposent d’un Régime de Travail Radiologique (RTR), leur permettant de connaître les conditions d’intervention et de prévoir les parades à mettre en œuvre, dont notamment le port de tenue étanche ventilée. Ils constatent qu’aucune demande d’assistance à la mise en place des tenues étanches ventilées n’a été émise en amont de l’intervention. À18h30, les intervenants réalisent leur intervention en surtenue papier au lieu d’une tenue étanche ventilée, sans que leur RTR n'ait été modifié par le service prévention des risques. Après analyse, il apparaît que les intervenants auraient pu avoir une contamination redevable de l’enregistrement d’une dose peau ou interne. Cet écart radioprotection, de niveau 0 sous l’échelle INES, n’a eu aucun impact réel sur la santé des intervenants.

 

Unité de production N°1. En fonctionnement et raccordé au réseau électrique national 

30/05/2022 : Afin de pallier toute perte d’alimentation électrique, les unités de production de la centrale disposent de plusieurs groupes électrogènes de secours. Pour s’assurer de leur disponibilité, ces groupes doivent être testés à intervalles réguliers. Par souci de redondance, deux électrovannes permettent le démarrage, les tests de disponibilité se font alternativement sur l’une puis l’autre. Le 26 mai, les opérateurs en charge de l’essai s’aperçoivent que, lors d’essais précédents, la même électrovanne a été utilisée successivement lors de deux essais ce qui n’est pas conforme au programme d’essai prévu. Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’autorité de sûreté nucléaire.

03/05/2022 : Entre le 28 mars et le 11 avril 2022, un essai périodique doit être réalisé sur le système de ventilation des grappes de contrôle du réacteur. À ces dates, le réacteur n°1 est à l’arrêt pour maintenance, ce qui ne permet pas de réaliser l’essai. Celui-ci doit être reprogrammé après l’arrêt. Le 29 avril 2022, lors de l’analyse des essais périodiques, il apparaît que l’essai a été annulé au lieu d’être reprogrammé. Le 29 avril, l’essai est réalisé et est concluant, mais hors délais. Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’autorité de sûreté nucléaire.

05/05/2022 : Le 27 avril, un ventilateur du système de refroidissement d’un bâtiment électrique est mis à l’arrêt pour maintenance. Afin de contrôler la température nécessaire au bon fonctionnement des équipements électriques, des sondes de température sont mises en place et contrôlées par des rondes régulières. Le 5 mai à 0h10, la température relevée affiche 46 °C. L’ensemble des matériels électriques des locaux concernés sont alors mis à l’arrêt nécessitant la mise à l’arrêt de l’unité de production sous 1h. Le ventilateur à l’arrêt est remis immédiatement en service et, en 30 minutes, la température de fonctionnement maximale (40 °C) est atteinte. Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’autorité de sûreté nucléaire.

 

Unité de production N°2.  A l’arrêt dans le cadre de sa visite décennale

05/05/2022 : Une opération de maintenance sur la machine de chargement/déchargement du combustible est programmée entre le 4 et le 5 mai. Cette opération nécessite l’ouverture d’une vanne du système de refroidissement des piscines combustibles. Afin d’assurer de manière continue le confinement du bâtiment réacteur, deux systèmes doivent être opérationnels pendant toute la durée de l’intervention : le système de protection incendie et la production d’eau déminéralisée. Le même jour, une opération de maintenance est initiée sur les matériels de production d’eau déminéralisée, rendant le système indisponible. Cette indisponibilité ne permet plus de respecter les conditions d’ouverture de la vanne et n’est pas conforme aux spécifications techniques d’exploitation. Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’autorité de sûreté nucléaire.

 

Unité de production N° 3. En fonctionnement et raccordé au réseau électrique national

03/05/2022 : Non-respect des spécifications techniques d’exploitation

03/05/2022 : Le 29 avril 2022, la commande d’un capteur sensible au débit d’air passant, empêche le fonctionnement du système de ventilation du bâtiment combustible. Le 30 avril, le ventilateur est déclaré indisponible avec un délai de réparation de 4 jours. Après analyse, il apparaît qu’un échafaudage modifié le 27 avril est gênant pour les flux d’air en amont du capteur, ce qui empêche son bon fonctionnement. Un nouvel essai réalisé après la modification de l’échafaudage, le 3 mai, a confirmé le bon fonctionnement du système de ventilation. Toutefois, il est retenu comme début d’indisponibilité la date de modification de l’échafaudage, ce qui dépasse le délai d’indisponibilité autorisé. Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’autorité de sûreté nucléaire.

 

Unité de production N°4. À l’arrêt pour visite partielle  et rechargement

19/05/2022 : Un essai périodique doit être réalisé sur une pompe du système d’injection de sécurité, pour cela, une vanne de l’unité de production de l’essai (unité de production n°4) doit être ouverte et une vanne de l’unité de production jumelle (unité de production n°3) doit être fermée. Une mauvaise interprétation des manœuvres à réaliser en amont de l’essai a conduit les deux vannes à être fermées en même temps, entrainant l’indisponibilité de la pompe du circuit d’injection de sécurité, ce qui n’est pas permis par les spécifications techniques d’exploitation. Cet écart de niveau 0 sous l’échelle INES, sans impact réel sur la sûreté des installations, a été déclaré par la centrale à l’autorité de sûreté nucléaire.

 

ESS Générique, commun à toutes les centrales.

Anomalie de décompte de la durée autorisée de fonctionnement prolongé à puissance intermédiaire en prolongation de cycle pouvant générer un non-respect des spécifications techniques d’exploitation. 

 

Le pilotage d’un réacteur s’inscrit dans un cadre de prescriptions, parmi lesquelles les spécifications techniques d’exploitation (STE), qui recueillent l’ensemble des règles à respecter pour la conduite des installations.

Les STE sont basées sur les études de la démonstration de sûreté et définissent par exemple la durée autorisée de Fonctionnement prolongé à puissance intermédiaire (FPPI) d’un réacteur en phase de prolongation de cycle.  

 Des marges ont été introduites entre les STE et la démonstration de sûreté du réacteur concernant la durée autorisée de Fonctionnement prolongé à puissance intermédiaire. Ce sont les études de sûreté qui ont été déclinées dans l’outil informatique utilisé pour le suivi des durées autorisées de FPPI et non les règles des STE. Ainsi, l’utilisation de l’outil informatique pourrait donc conduire à ne pas respecter les STE.

 Cet événement n’a eu aucune conséquence sur la sûreté des installations, puisqu’il n’a pas remis en cause la démonstration de sûreté des réacteurs. Toutefois, en raison du potentiel non-respect des spécifications techniques d’exploitation, EDF a déclaré à l’Autorité de sûreté nucléaire, le 12 mai 2022, un événement significatif pour la sûreté à caractère générique au niveau 0 (en dessous de l’échelle INES qui en compte 7), pour l’ensemble des réacteurs et des paliers du parc.