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Le 3 septembre 2021, les équipes de la centrale de Chooz procèdent au redémarrage de l'unité 2 à la suite de son arrêt pour simple rechargement. Cette opération est réalisée de manière progressive, par paliers de puissance, afin de vérifier régulièrement l’ensemble des paramètres de l’unité et réaliser des essais de fonctionnement sur certains matériels.

Afin que la vitesse de montée en puissance de l’unité ne dépasse pas 3% de puissance par heure, comme requis par les spécifications techniques d'exploitation, les équipes réalisent cette opération en utilisant un limiteur de puissance, permettant d’assurer une vitesse constante, inférieure à 3% par heure.

Alors que la montée en puissance est en cours, une diminution de la demande en électricité du réseau électrique national entraîne une demande de baisse de la puissance du réacteur. L’absence de réactualisation de la consigne du limiteur par les équipes d’exploitation, concomitante à la demande de baisse de puissance, entraîne la désactivation du limiteur de puissance du réacteur.

Afin de réactiver le limiteur, les équipes procèdent immédiatement au recalage à la hausse de la consigne de puissance du réacteur. Cette action, cumulée à une augmentation concomitante de la demande en électricité du réseau, entraîne une montée en puissance ponctuelle de l’unité, générant un dépassement de la vitesse limite de montée en puissance de 3% par heure, atteignant jusqu’à 5,5% par heure durant quelques instants.

Le 8 septembre 2021, ce non-respect des spécifications techniques d’exploitation a été déclaré par la direction de la centrale nucléaire de Chooz à l’Autorité de sûreté nucléaire comme significatif pour la sûreté et classé au niveau 0 de l’échelle INES, qui en compte 7. A la suite de l’analyse approfondie, qui a mis en évidence un manque d’attention porté à  la réactualisation de la consigne du limiteur, la direction du site a décidé de reclasser cet événement au niveau 1 de l’échelle INES, le 8 novembre 2021.