02 juil. 2020

La R&D et la DAR Occitanie, ensemble pour la sobriété du numérique

La R&D d'EDF et la Direction Régionale Occitanie ont travaillé conjointement pour publier une interview sur le site web du cluster Digital 113 (le cluster du numérique en Occitanie). Elle se compose de différents projets menés par la R&D autour de la sobriété numérique et des enjeux qu’elle représente pour la transition énergétique. Bonne lecture !

A travers plus d'une dizaine de questions, découvrez la vision des chercheurs de la R&D sur cette thématique très importante qu'est la sobriété du numérique, une thématique en lien avec notre raison d'être et notre objectif de neutralité carbone.


 

Comment le sujet de la sobriété numérique s’inscrit-il dans vos missions ? 

Depuis le début de l’année, nous avons lancé, au sein de la R&D, un nouveau projet à visée exploratoire d’une durée d’un an sur l’économie prospective de la transition numérique. Nous étudions tout particulièrement la manière dont le numérique impacte d’un point de vue économique les métiers des énergéticiens, et a fortiori ceux de la chaîne de valeur de l’électricité. Ce projet s’inscrit dans un contexte où les transformations induites par le numérique ont des répercussions à la fois technologiques (intégration d’innovations telles que l’intelligence artificielle dans nos métiers), économiques (par exemple via les processus de robotisation qui peuvent améliorer notre productivité), mais également sociales (apparition ou disparition de métiers chez les énergéticiens) et environnementales (empreinte laissée par la numérisation globale de notre société par rapport aux enjeux énergie-climat actuels).
 

Nos interactions régulières et variées avec les différents métiers du Groupe ont fait émerger un constat : il y a aujourd’hui globalement une attente plus forte de nos clients (tant particuliers que professionnels que collectivités territoriales) sur la manière d’atténuer l’empreinte environnementale de leurs usages numériques en bonne intelligence, c’est-à-dire sans que cela ne nuise aux bénéfices apportés par l’économie du numérique sur leur qualité de vie ou sur les processus de travail. Dans ce contexte, analyser les externalités positives liées à la mise en place de politiques de sobriété numérique sur nos infrastructures nous semble être un premier pas pour permettre à la R&D d’accompagner sur le long terme les différents métiers du Groupe sur ce sujet.
 

Via ce projet, notre collaboration avec le Design Lab  de la R&D d'EDF vise à apporter un éclairage qui approfondit, à travers un prisme économique, les recherches qu’ils mènent depuis plusieurs années maintenant. Nous pouvons notamment citer leurs travaux en cours sur l’évolution des entreprises à l’aune de la transition énergétique, l’analyse des labels qui permettent aujourd’hui d’analyser la chaîne d’activité du numérique, et sur la définition d’une méthodologie qui caractérise l’activité numérique d’une entreprise.

Pourriez-vous définir la sobriété numérique ?  

Nous évoluons aujourd’hui dans un monde dominé par l’hyper-connectivité, l’économie de la donnée, de l’immédiateté, du cloud ou encore du smart. Si la transition numérique est un levier incontournable de développement économique et social, elle conduit également à l’augmentation de l’utilisation de services, d’objets (terminaux) et d’interfaces numériques dans tous les secteurs de l’économie. Nous assistons aujourd’hui à une célérité des échanges ainsi qu’à un foisonnement du volume de données produites, transportées et stockées au niveau mondial.

Or, la démultiplication sur le marché des équipements numériques et de leurs usages a des répercussions potentielles sur l’environnement et la société. Citons par exemple l’augmentation possible des émissions de gaz à effet de serre, l’appauvrissement des minerais ou terres rares qui rentrent dans la composition de certains terminaux, ou encore les impacts socio-culturels liés à l’omniprésence du numérique chez les nouvelles générations (utilisation ininterrompue des smartphones et conséquences sur la santé).

Dans ce cadre et sans être exhaustif dans l’acception du concept, on retiendra que la sobriété numérique est une démarche ayant vocation à réduire de manière durable les impacts environnementaux du numérique.


 

Quels en sont ses enjeux ?

Les enjeux de la sobriété numérique sont de nature multiple. Analyser la sobriété numérique implique nécessairement :

  • De connaître l’état actuel des impacts du numérique sur l’environnement, de les caractériser, et de les quantifier dans la mesure du possible.
  • De comprendre les possibles évolutions prospectives des usages du numérique au niveau mondial et leurs impacts, compte tenu des tendances actuelles de consommation.
  • De déterminer les stratégies les plus appropriées permettant au numérique d’être un levier de création de valeur écoresponsable pour l’économie (et plus particulièrement le secteur de l’énergie en pleine transition). En d’autres termes, utiliser le progrès technique et les innovations apportées par l’économie du numérique sans pour autant entraver le bien-être de nos générations actuelles et futures par rapport à la qualité de l’environnement dans lequel nous évoluons, et compte tenu des défis auxquels nous allons faire face avec le changement