29 sep. 2020

L'Etat et EDF renouvellent la convention d'occupation du site EDF Lab Chatou : une histoire qui se perpétue

Avec le renouvellement du bail pour 30 ans, EDF Lab Chatou, un des trois centre de la R&D d'EDF en France, perpétue une histoire d’eau commencée il y a quatre siècles.
 

D’une durée de 30 ans, la nouvelle convention d'occupation du site de Chatou a été signée au siège d’EDF par Bernard SALHA, Directeur de la R&D du groupe EDF, en présence de représentants de l’État en même temps qu'une convention de collaboration qui définit les modalités d’utilisation commune par l’État et EDF des moyens d’essais d’hydraulique. Ces signatures concluent plusieurs mois d'une négociation menée par Jean-Paul CHABARD, Directeur Scientifique à la R&D. 

Outre Bernard SALHA, étaient présents Emilia HAVEZ, Sous-préfète chargée de la politique de la ville, Secrétaire générale adjointe de la préfecture des Yvelines, Thierry COURTINES, Chef du Service de la Recherche et de l’Innovation au Commissariat Général au Développement Durable du Ministère de la Transition Ecologique ; et Philippe JOSCHT, Directeur technique Eau, Mer et Fleuves au Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement).

Les entités présentes sur le site, peuvent donc envisager l’avenir sereinement et continuer de mener à bien les travaux de recherches dans les domaines de la production de l’électricité décarbonée afin de répondre aux enjeux de la transition énergétique et de la lutte contre le réchauffement climatique.

Le partenariat scientifique avec l’État s'inscrit dans les relations historiques qu'EDF entretient depuis l'origine de l'occupation du site avec l’École Nationale des Ponts et Chaussées et le Ministère de la transition Écologique au travers du Cerema, notamment dans le cadre du laboratoire d’Hydraulique Saint-Venant.

 

Des aménagements hydrauliques sur l'île de Chatou au 17ème siècle 

L’histoire de l’île de Chatou a toujours été liée à l’hydraulique. Dès le 17ème siècle pour alimenter en eau les jardins du château de Versailles, Louis XIV fit des aménagements hydrauliques en puisant l’eau dans la boucle de la Seine. Une possibilité était ainsi offerte de créer une retenue sur un bras du fleuve en reliant les iles par des rideaux de pieux de bois en construisant un barrage à l’aval du bras. À quelques kilomètres de l’île, vers 1680, la construction de la machine de Marly constituée d’immenses roues à aubes mues par l’écoulement de l’eau et actionnée par plus de 200 pompes à piston transportait l’eau en haut de la colline et redescendait par gravité jusqu’à Versailles. Au cours des siècles suivants les rideaux de pieux furent remplacés par un comblement de terre ce qui permit de rehausser et élargir l’île.
 

Laboratoire National d'Hydraulique sur l'île de Chatou

​​​​​​​Bien plus tard, c’est l’ingénieur Pierre-Henry Watier [1882-1937], Inspecteur Général au Ministère des Travaux Publics, qui proposa en 1930 de construire un Laboratoire National d’Hydraulique sur l’Ile de Chatou. La seconde guerre mondiale va interrompre ce projet qui ne verra le jour qu’à la fin des hostilités dans le cadre d’un partenariat entre la toute jeune EDF et l’État, dans la perspective de la reconstruction des infrastructures côtières et fluviales du pays et du développement de l’hydroélectricité. Un nouveau rehaussement de l’île fut réalisé à cette même période à une cote le laissant hors d’eau dans l’hypothèse d’une crue du type de celle survenue à Paris en 1910. Ces travaux se terminèrent en 1950. Ainsi pendant des siècles l’île de Chatou fut façonnée par l’homme pour être ce que nous connaissons aujourd’hui.
 

Construire des outils de production de l'électricité vitale pour le pays

​​​​​​C’est dans un contexte de forte pénurie d’énergie que naquit EDF avec une première et urgente mission : construire des outils de production de l’électricité vitale pour l’économie et le pays, et plus particulièrement les grands barrages. Une convention a lié L’État, en tant que propriétaire des terrains, et EDF qui assurerait la gestion des études et des recherches essentiellement à cette époque dans le domaine de l’hydraulique. C’est à cette période que la R&D d’EDF a été créée.

Après l’âge d’or de l’hydroélectricité dans les années 50 se développe les recherches dans les domaines du thermique puis du nucléaire. Des décennies suivantes, date la prise de conscience générale de l’environnement et de la nécessité de sa protection. Il fallut alors s’occuper de l’air, des rivières, du milieu marin, autant que des fluides, des recherches thermo-hydrauliques, et des changes thermiques, entre autres… Les réponses se sont traduites par le développement d’études sur les procédures de maintenance, les possibilités de la robotique pour intervenir en milieu hostile et l’automatisation du pilotage des centrales nucléaires. La nature du travail a été ensuite modifiée par la révolution informatique. Les « modèles numériques » ont optimisé et accru la capacité d’expérimentation.​​​​​​
 

​​​​​Un partenariat étroit avec l’État

Ce partenariat est constitutif des origines du site et a perduré depuis cette date. Il implique les équipes du LNH, puis LNHE, côté EDF et la direction de la recherche et de l’innovation du Ministère de la Transition Écologique et les établissements publics associés, représentés aujourd’hui par le Cerema (Centre d’études et d’expertise sur les risques, l’environnement, la mobilité et l’aménagement). Ce partenariat concerne les activités d’enseignement, de recherche, d’ingénierie dans le secteur de l’hydraulique et de la mécanique des fluides. A ce titre l’État a conservé un droit d’usage de 40% des halls d’hydraulique. Ce partenariat associe également l’École des Ponts avec laquelle un laboratoire commun tripartite a été créé il y a plus de 10 ans : le Laboratoire d’Hydraulique Saint Venant qui associe l’École des Ponts, EDF et le Cerema.
Le partenariat avec cette école se traduit aussi par une forte implication des chercheurs de la R&D d’EDF dans les modules d’enseignement, que ce soit en hydraulique et mécanique des fluides, en mécanique des structures, mais aussi en mathématiques appliquées.
Les enjeux associés à l’eau et à l’énergie dans les années qui viennent vont prendre une dimension de plus en plus importante du fait de l’impact du changement climatique ce qui donne tout son sens à ce partenariat entre l’État et EDF dans la perspective de la lutte contre le changement climatique et la réduction des émissions de gaz à effet de serre.
 

Quelles sont les activités du site de Chatou ?​​​​​​​

​​​​​​​EDF Lab Chatou est le reflet de l’évolution des moyens de production d’électricité en France.

D’abord essentiellement consacrées à l’hydraulique, les activités du site ont ensuite évolué vers les centrales thermiques à flamme, puis vers la production nucléaire qu’il s’agisse des REP ou de la filière sodium (il y a eu des boucles de thermohydraulique au sodium sur le site).

Plus récemment s’y sont développés des travaux sur les énergies renouvelables autour du solaire avec l’UMR IRDEP (Institut de Recherche et Développement sur l’Énergie Photovoltaïque) qui a déménagé en 2018 dans les locaux de l’IPVF à Saclay, et de l’éolien qu’il s’agisse de l’évaluation du productible (MFEE) ou du dimensionnement des structures en mer (LNHE et le Laboratoire Saint-Venant).

Chatou a vu également des travaux importants autour de la simulation numérique en hydraulique et en mécanique des fluides avec une Success Story : le système TELEMAC-MASCARET. La suite logicielle TELEMAC, dédiée aux écoulements à surface libre, est commercialisée depuis une vingtaine d’années en open source elle est devenue un standard mondial grâce à environ 6 000 utilisateurs. Elle est utilisée en particulier dans tous les grands bureaux d’études d’hydraulique de la planète.

Le site de Chatou est aussi caractérisé par une activité expérimentale importante et en perpétuel renouvellement.