03 mar. 2020

Etude sur la décarbonation du secteur du fret en France

La R&D d’EDF et la direction stratégique du Groupe participent à une étude menée par l’IDDRI

Avec 137 MtCO2eq en 2018, le secteur du transport de personnes et de marchandises est le premier émetteur de gaz à effet de serre en France (environ 30 % des émissions nationales). Près d’un tiers de ces émissions sont dues au transport de marchandises. Le dernier projet de Stratégie nationale bas-carbone (SNBC) et l’objectif national de « neutralité carbone » portent désormais le niveau d’ambition de réduction des gaz à effet de serre pour le secteur du transport de marchandises terrestres à zéro émission en 2050, soit une décarbonation totale. Le défi est donc immense pour le transport de marchandises par voie routière, ferrée ou fluviale de marchandises. De nombreuses options restent ouvertes pour permettre l’atteinte de cet objectif. La R&D d’EDF et la Direction stratégique du Groupe ont participé à une étude sur la décarbonation du fret menée par l’IDDRI dont les résultats sont désormais disponibles.

 

Le projet Deep Decarbonization Pathways (DDP)

C'est un projet mondial initié par l’IDDRI (Institut du Développement Durable et des Relations Internationales) et le SDSN (Sustainable Development Solutions Network) pour étudier des voies de décarbonation profonde des économies de la quinzaine de pays impliqués dans le projet.

Institut indépendant de recherche sur les politiques et plateforme de dialogue multi-acteurs (think tank),
l'IDDRI identifie les conditions et propose des outils
pour placer le développement durable au cœur des relations internationales et des politiques publiques et privées.

 

Après avoir publié en 2018 un rapport analysant le secteur du transport de passagers français en collaboration avec la R&D d’EDF et d’autres acteurs, l’IDDRI s’est de nouveau appuyé sur les compétences développées par les chercheurs (expertise technico-économique sur les véhicules, scénarisation et modélisation prospective) pour produire une analyse sur la décarbonation du secteur du transport de marchandises.

Cette étude a fait l’objet d’une collaboration de deux années qui a abouti à la production de deux scénarios pour lesquels on observe un développement plus significatif des véhicules électriques par rapport aux études récentes sur le sujet comme celles de la SNBC (Stratégie Nationale Bas Carbone).

L’originalité de la démarche, pour un scénario d’évolution du transport de marchandises, est de proposer des scénarios de contextes très contrastés dans les choix d’organisation globaux (politiques, culturels, économiques, etc.) mais qui restent cohérents dans leur logique interne et conduisent à des parcs de véhicules et des bilans énergétiques très différents.
 


 

Les scénarios

Le premier scénario repose essentiellement sur des piliers énergétiques liés à l’amélioration des consommations d’énergie des véhicules et à l’usage exclusif de sources d’énergies décarbonées, et ce malgré une augmentation de la demande de transport de marchandises.

Le second scénario repose quant à lui sur une répartition plus équilibrée des efforts entre les différents piliers de la décarbonation et met également l'accent sur les changements potentiels dans la structure de la demande de marchandises, que ce soit en quantités ou en distances parcourues.

Ces deux scénarios de décarbonation totale du transport de marchandises terrestres se distinguent également par leurs conséquences sur d’autres critères de durabilité (accidentologie, usure des routes, congestion, pollution locale, ressources batteries et matériaux, compétition des terres, conditions de travail…).

 


 

Les résultats

Ils sont disponibles sur le site internet de l’IDDRI >>
Ils seront dans les mois qui viennent une référence importante pour cadrer les hypothèses publiques relatives aux scénarios de neutralité carbone à l’horizon 2050.