05 nov. 2020

Comment les pratiques sociales influent sur la demande en énergie ?

La consommation électrique et ses variations sont le reflet de nos modes de vie. Phénomènes saisonniers et prévisibles, les pointes de consommation hivernales sont gérées efficacement par les acteurs du système électrique. Producteurs et gestionnaires de réseau travaillent au quotidien pour préserver l’équilibre offre-demande et disposent des leviers nécessaires pour éviter le risque de panne généralisée en cas de situation exceptionnelle.

L’impact en termes d’émissions de CO2 est également maîtrisé(1) : aujourd’hui très faible même pendant les épisodes de pointe.
Dans les bâtiments, la nécessaire substitution des énergies fossiles par l’électricité pour atteindre l’objectif de neutralité carbone à l’horizon 2050 (SNBC), n’entraînera qu’une hausse très modérée de la consommation électrique grâce aux actions d’efficacité énergétique sur le bâti et aux équipements comme le chauffage, eau chaude sanitaire et autres usages (2)… Le développement combiné des énergies renouvelables, des moyens de stockage et des dispositifs de pilotage des usages atténueront encore plus l’impact sur la pointe.

Mais à l’origine, d’où viennent ces pics que l’on souhaite lisser ?

Mathieu Durand-Daubin, Ingénieur-Chercheur au GRETS (Groupe de recherche Energie Technologie et Société) de la R&D d’EDF, nous en dit plus sur le sujet en vidéo.

L’analyse croisée de données de consommation, des activités quotidiennes des ménages et des horaires d’ouverture des commerces permet de contester quelques idées reçues : le pic ne vient ni de la relance du chauffage électrique, ni de l’occupation active du domicile.

Ces travaux de recherche conduits dans le cadre du projet DEMAND (Dynamic of Energy, Mobility and Demand), nous montrent comment la pointe est collectivement structurée par la diversification et la concomitance des activités et la consommation d’un grand nombre de services, à un même moment. Ainsi, dans les années à venir, les politiques non-énergétiques, emploi et aménagement du territoire, offre de nouveaux services, auront tout leur rôle à jouer pour  transformer le pic de demande électrique.
 

(1) source RTE eco2mix
(2) source  www.carbone4.com/wp-content/uploads/2019/11/Publication-Carbone-4-Pointe-Electrique-1.pdf

Pour aller plus loin

Entre chien et loup

Les consommations d’électricité atteignent un pic en soirée, vers 19h.
Dans le cadre du projet franco-britannique DEMAND, des chercheurs-sociologues de la R&D d’EDF ont mené une enquête ethnographique pour explorer ces consommations d’énergie à la pointe, à un moment situé « entre chien et loup ». On y montre comment les activités consommatrices d’énergie s’organisent pour les ménages entre leur retour du travail et le coucher, en un véritable ballet savamment orchestré.

Ces travaux ont été menés dans le cadre de DEMAND (Dynamics of Energy, Mobility and Demand), programme académique sur l’étude des pratiques sociales pour mieux cerner les dynamiques de consommation de l’énergie, actuelles et en émergence. L’enquête a été menée sur le terrain parisien par Grégoire Wallenborn, chercheur de l’Université Libre de Bruxelles.
Retrouvez tous les travaux du projet DEMAND :
www.demand.ac.uk/