Le Facteur Humain dans les organisations à risque

13 jan. 2017

Le Facteur Humain dans les organisations à risque

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La R&D d’EDF vous invite à EDF Lab Paris-Saclay à un cycle de trois conférences portant sur le Facteur Humain et son importance pour la sûreté et la résilience des organisations à risques. La troisième et dernière séance aura lieu le vendredi 13 janvier 2017 de 9h à 12h, avec Christophe Dejours, professeur titulaire de la Chaire de Psychanalyse-Santé-Travail du Conservatoire National des Arts et Métiers.

La thématique centrale de ce cycle de conférences consiste à comprendre dans quelle mesure la réflexion théorique sur le Facteur Humain a pu s'enrichir ces dernières années en fonction des évolutions du monde industriel d’une part et de l’émergence de nouveaux concepts comme celui de résilience d’autre part. Aussi nous invitons  Pierre Falzon, pour l’ergonomie, puis  Norbert Alter pour la sociologie, à présenter leurs derniers travaux, représentatifs des évolutions récentes de leurs disciplines respectives.

La réflexion qui a initié ce cycle de conférences est un retour sur l’ouvrage Le Facteur Humain de Christophe Dejours (1994), dans lequel l’auteur positionne les différents paradigmes des sciences (Sciences Humaines et Sociales et sciences dites « dures ») dans leur rapport à la technique et l’activité de travail. Nous invitons Christophe Dejours lors de la troisième conférence à revisiter son analyse au regard des évolutions théoriques s’intéressant au travail et aux organisations.

Le cycle de conférences visera notamment à mieux saisir les composantes de la résilience des organisations à risques, en investiguant certaines dimensions parfois « oubliées » comme la composante « ordinaire » ou quotidienne de la sûreté.

  • Gestion de crise et sûreté « ordinaire » : si la sûreté se comprend communément autour de la conception, la question reste ouverte d’une « sûreté ordinaire », passant par l’investissement des acteurs, dont l’intelligence permet jour après jour de faire « tourner la machine » tout en étant immergés dans de nombreuses sources de prescription. Cette contribution des acteurs que l’on peut identifier comme la résilience de l’organisation en situation ne se joue-t-elle pas sans rupture de l’ordinaire à l’extraordinaire ? Ne doit-on pas recourir à  des environnements de travail « capacitants » pour obtenir cette résilience (Falzon, 2008) ?
  • Règles et autonomie, motivation et lassitude : si les règles techniques sont souvent bien conçues et opérantes, les situations intéressant particulièrement les spécialistes du Facteur Humain comportent une part d’aléa et d’incertitude rendant nécessaire une capacité, d’initiative et d’innovation, de choix et de décision, entre plusieurs solutions techniques légitimes. L’investissement dans la compréhension technique, le souci de l’efficacité rencontrent alors la volonté, le désir, la capacité à s’investir dans une réflexion complexe et surtout dans une décision d’action engageant la responsabilité individuelle. La « lassitude de l’acteur » (Alter, 2000) risquerait-elle de gêner l’activité de l’opérateur ?

Historiquement, vingt ans après la publication de l’ouvrage Le Facteur Humain, deux événements majeurs semblent inviter à un renouvellement de la pensée sur les organisations à risques. Le premier est l’accident de Fukushima qui réinterroge la gestion de crise. Le second est le développement de la composante gestionnaire, qui s’est imposée dans une large part de la vie organisationnelle, et qui renforce la prégnance des règles et des indicateurs, au détriment peut-être du « Facteur Humain ».

Quelques questions pourront ainsi guider la réflexion de nos conférences :

  • Quels sont les enjeux que doit relever « Le Facteur Humain » et ses spécialistes ?
  • Comment réhabiliter la notion de Facteur Humain auprès des industriels et décideurs ?
  • Comment pérenniser la coopération entre les disciplines du Facteur Humain (fiabilité organisationnelle, ergonomie, psychologie, sociologie…) ?
  • Peut-on limiter le risque gestionnaire et bureaucratique sur le Facteur Humain ou faut-il y remédier en mettant en place les conditions de construction de compromis organisationnels et techniques efficaces ?
  • Quels sont les sujets d’avenir à investiguer pour poursuivre la recherche appliquée, entre souci de rigueur scientifique et volonté d’apporter des solutions concrètes à des décideurs et des commanditaires ?
  • La sûreté doit-elle aller de la sûreté ordinaire à la résilience en cas de crise, ou la résilience est-elle également ordinaire, en tant que caractéristique majeure du Facteur Humain pour la sûreté ?

AGENDA DES TROIS CONFERENCES :

  • Première conférence : le jeudi 27 octobre 2016 de 9h à 12h, avec Pierre Falzon, professeur au Conservatoire National des Arts et Métiers, titulaire de la chaire d’Ergonomie et neurosciences du travail ;
  • Deuxième conférence : le mardi 8 novembre 2016 de 9h à 12h, avec Norbert Alter, professeur de sociologie à l'Université Paris-Dauphine, membre du laboratoire DRM (Dauphine Recherche en Management) CREPA ;
  • Troisième conférence : le vendredi 13 janvier 2017 de 9h à 12h, avec Christophe Dejours, professeur titulaire de la Chaire de Psychanalyse-Santé-Travail du Conservatoire National des Arts et Métiers ;

INSCRIPTION ET INFORMATIONS UTILES :
Le nombre de place est limité, il est nécessaire de vous inscrire pour chacune des séances via les formulaires suivants :

REFERENCES :
Alter, Norbert (2000) L’innovation ordinaire. Paris: PUF
Falzon, Pierre (2008), Enabling safety: issue in design and continuous design. Cognition Technology and work, 10(1), p. 7-14
Dejours, Christophe (1994) Le facteur humain 6e édition. Paris: PUF