12 sep 2013

Performance énergétique des bâtiments : l’intérêt de multiplier petits gestes et petits pas

  • Témoignage
Avec plus de 4 000 bâtiments sur 1 500 sites tertiaires et 4,5 millions de m² répartis dans toute la France, optimiser les dépenses énergétiques d’un parc à la fois volumineux et polymorphe n’est pas chose facile. Nathalie Charles, directrice immobilier EDF livre quelques clés de sa démarche.


Avec plus de 4 000 bâtiments sur 1 500 sites tertiaires et 4,5 millions de m² répartis dans toute la France, optimiser les dépenses énergétiques d’un parc à la fois volumineux et polymorphe n’est pas chose facile.  En priorisant ses actions et avec l’aide de quelques outils de nos experts de la R&D, EDF a réussi à baisser ses propres consommations énergétiques de 10% en 5 ans. Nathalie Charles, directrice immobilier EDF livre quelques clés de sa démarche.

Comment se gèrent les questions énergétiques multisites sur un parc aussi diffus ?

Nous disposons d’une grande variété de bâtiments tertiaires (sur sites banalisés ou sur sites industriels) dont les deux tiers nous appartiennent, le dernier tiers étant constitué de prises à bail auprès de propriétaires externes. Avoir une bonne connaissance énergétique de son patrimoine ne veut pas forcément dire faire un audit détaillé de chaque site. En nous appuyant sur la règle des 80/20, nous appliquons une grille d’analyse pour sélectionner les structures à auditer : quels sont les plus importants en occupation, où sont les plus gros enjeux, où les installations doivent-elles être les plus pérennes ? Par le repérage d’anomalies sur les factures, nos équipes d’exploitation savent où se concentrent nos dépenses énergétiques. Nous nous appuyons également sur notre système de certification 14001 et sur les axes spécifiques dédiés à la maîtrise de l’énergie.
Nous avons commencé ces audits par les sites les plus énergivores, ce qui nous a déjà permis d’atteindre une diminution de 10% de nos dépenses en 5 ans, chiffre remarquable en raison de l’hétérogénéité du parc. Au-delà de la performance énergétique, c’est aussi la valeur du patrimoine qui est optimisée.

Quels types d’opérations mettez-vous en place sur ces sites prioritaires ?

Sur des bâtiments anciens, les audits débouchent parfois sur des investissements à entreprendre (rénovation, isolation). Nous avons réalisé plusieurs opérations spectaculaires de rénovation comme un premier bâtiment BBC à Lyon dès 2011. Mais la majorité des travaux portent sur l’entretien patrimonial, que nous intégrons dans une démarche environnementale plus large que la seule performance thermique. Nous menons une réflexion approfondie non seulement sur l’état du bâtiment, mais aussi sur les stratégies d’occupation dans la durée, les restructurations à prévoir, les nuisances aux occupants, etc. Les bâtiments modernes demandent également une bonne maîtrise du pilotage. Quand on démultiplie les investissements, il y a des arbitrages à faire. Mais alors que les professionnels ont longtemps concentré  leurs efforts à la performance technique, on sait aujourd’hui que l’amélioration des conditions d’exploitation et le comportement des occupants sont des variables aussi importantes.

Sur quelle expertise EDF vous appuyez-vous ?

Qui dit audit, dit connaissance des données et donc mesures. Nous travaillons avec les équipes de la  R&D d’EDF sur cette notion de mesure, à travers des outils d’analyse et des technologies innovantes en matière de pilotage des bâtiments. Nous sommes également amenés à ouvrir nos bâtiments aux chercheurs pour leur permettre de tester leurs solutions en situation. Nous avons notamment travaillé sur des mesures de pilotage à distance ou sur l’Horloge énergétique EDF Entreprises,  qui permet de visualiser la consommation en temps réel et de sensibiliser les utilisateurs à l’impact de certains gestes sur la dite consommation.

Nous nous appuyons sur des méthodes globales et  transposables, qui font intervenir trois leviers : les travaux, les occupants et le management de la maintenance des bâtiments. La répartition entre les trois dépend de chaque immeuble, de chaque historique technique, mais là encore, le facteur humain occupe dans l’équation une part considérable !
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