23 avr 2015

Libéralisation du marché de l’énergie

Les enseignements à tirer de l’expérience hongroise

Directeur Commercial chez EDF DÉMÁSZ en Hongrie lors de l’ouverture du marché de l’énergie en 2007-2008, Christophe Espert, Directeur Coopération Commerciale Groupe chez EDF, analyse les temps forts de l’évolution du marché hongrois et souligne les rapprochements avec l’ouverture du marché français.

Comment se caractérise le marché de l’énergie hongrois des 20 dernières années ?

Au milieu des années 90, l’État hongrois a privatisé le secteur du gaz et de l’électricité permettant à plusieurs investisseurs étrangers de s’installer (EDF, GDF Suez, E.On, RWE notamment). Début des années 2000, on a assisté à la libéralisation progressive du marché notamment en faveur des grands clients puis en 2008, le marché s’est intégralement ouvert permettant à tous les clients de choisir librement leurs fournisseurs d’énergie. Depuis 2010 et l’arrivée au pouvoir de Viktor Orbán, la politique énergétique contraint les entreprises à intégrer de nouvelles taxes.

Quel est l’état du marché aujourd’hui et quelle incidence sur les prix de l’électricité notamment pour les entreprises ?

Aujourd’hui, il y a plusieurs opérateurs sur le marché de l’énergie qui contribuent à créer une concurrence sur le marché des entreprises hongroises. Mais en 2008 au moment de l’ouverture totale du marché les clients sont passés d’un monde tarifaire sous-évalué à un monde libéralisé aligné sur un prix de marché. A cette époque, l’économie mondiale étant florissante avec un prix du baril de pétrole à 145 $ et des prix de l’électricité extrêmement élevés également, l’ouverture du marché a engendré des hausses de 20 % en moyenne qui se sont tassées depuis. Désormais les prix sur le marché de gros sont à 41 €/MWh contre 98 €/MWh en 2008 mais les clients entreprises n’y ont pas forcément gagné. En effet, la baisse des prix de gros a été compensée par de nouvelles taxes sur l’énergie, taxes sur l’utilisation des réseaux et des subventions aux ENR*.

Quels enseignements tirer de cette expérience européenne sur l’ouverture du marché de l’énergie en France ?

Il est essentiel d’avoir à faire à un fournisseur qui connaît bien le marché et qui bénéficie d’une expertise reconnue. Il est également nécessaire que ce fournisseur ait une responsabilité sociale à l’égard de ses clients. Ensuite, quand on a besoin d’anticipation, de réactivité, de flexibilité, il est plus sûr de faire appel à un opérateur capable de s’adapter aux évolutions du marché. La France a rejoint le giron européen en matière de structure du marché, d’attentes clients et de produits demandés. Par conséquent, un fournisseur ayant connu l’ouverture des marchés de l’énergie dans plusieurs pays européens a une meilleure capacité à anticiper et à s’adapter aux besoins spécifiques d’un client. Sa connaissance de problématiques identiques est un atout. Cette expertise est un élément de confiance important.

En résumé, qu’est-il essentiel de prendre en compte ?

L’enjeu des entreprises consiste à acheter l’énergie dans un environnement économique incertain et plutôt morose. Dans ce contexte, le prix n’est pas le seul critère à intégrer. Lorsque le client cherche à optimiser son budget d’achat, il doit s’intéresser au prix unitaire de l’énergie mais pas seulement. Un client peut choisir un fournisseur pour gagner quelques milliers d’euros sur le prix unitaire alors que des économies autrement plus substantielles peuvent être réalisées en diminuant ou en optimisant les consommations.

*énergies renouvelables

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