14 Juin 2016

Consommation énergétique : mieux gérer l’eau pour générer des économies d’énergie

Les territoires ruraux sont de plus en plus confrontés au problème. Economiser l’eau et l’énergie est une priorité aigüe, dans un contexte de partage de la ressource et de changement climatique qui fait peser des aléas plus forts sur les réserves en eau. Eric Frétillère, président d'IRRIGANTS de France, s’en explique.

Pourquoi l’irrigation est-elle devenue un sujet stratégique pour les #agriculteurs ?

Les agriculteurs irrigants sont confrontés à des problématiques de gestion de l’eau, en raison de la nouvelle gouvernance de l’eau qui s’organise suivant les bassins versants. Prenons l’exemple de la Dordogne : l’eau du fleuve dépend du bassin qui couvre la source dans le Massif Central jusqu’à l’estuaire de la Gironde. Cette distribution impacte plusieurs secteurs avec des enjeux économiques lourds : le tourisme plaide pour un niveau suffisant dans les cours d’eau, les pêcheurs pour un écosystème propice aux poissons, les industriels pour leur activité et les agriculteurs pour l’irrigation. Le dialogue entre tous les usagers est donc une voie importante à privilégier. Dans les barrages #hydrauliques, les lâchers d’eau sont calculés suivant ces paramètres. Cela suppose de préserver des ressources suffisantes à l’échelle de chaque bassin pour que chaque irrigant dispose des réserves nécessaires au moment où il en a besoin. Autre facteur qui change la donne, le #réchauffement #climatique. Les prévisions indiquent que même si les volumes d’eau vont rester sensiblement les mêmes dans les années à venir, leur répartition va changer. Les épisodes extrêmes seront plus fréquents et amèneront des niveaux de pluie plus importants en hiver et des sécheresses plus marquées en été.


Quelles solutions possibles face à ces contraintes ?

En tant qu’instance nationale qui représente l’ensemble des agriculteurs irrigants, nous savons qu’il est devenu essentiel de mieux gérer l’eau. L’effort engagé par les agriculteurs irrigants a déjà permis d’économiser 30% de la consommation d’eau en 10 ans. Mais il faut aussi développer une politique de stockage, afin de sécuriser l’exploitation de l’agriculteur et de garantir une production constante. Ainsi, les cultures d’été nécessitent une irrigation alors que les ressources sont moindres. De même, certaines zones géographiques sont naturellement moins irriguées que d’autres. Pour toutes ces raisons, il est capital de créer des réserves d’eau l’hiver lorsque les cours d’eau sont pleins pour permettre leur utilisation à des périodes plus critiques. Toutefois, il faut savoir que l’irrigation demande d’importants investissements en termes de pompes, d’installation et d’#énergie qui représentent des coûts.


Quels leviers pour limiter les coûts par économie d’eau et d’énergie ?

Les agriculteurs disposent de divers outils d’aides à la décision pour mieux piloter l’utilisation de l’eau. Il s’agit par exemple des « sondes capacitives » qui, placées dans le sol, permettent de mieux connaître le niveau d’humidité du sol et les besoins en eau d’une plante, de manière à n’apporter l’eau que lorsque c’est strictement nécessaire. Le progrès de la génétique végétale permet également de sélectionner les plantes qui résistent le mieux à la sécheresse. Sur le plan des pratiques, les agriculteurs gèrent aussi les tours d’irrigation – moments où la culture est irriguée – de manière raisonnée pour n’intervenir qu’en cas de besoin. Nous les incitons aussi à utiliser des applications pour smartphones qui permettent, à partir de la pluviométrie, de la culture en place ou de la date de semis, de déterminer la date d’irrigation optimale. En réduisant la pression, en ajustant la buse de sortie, on diminue les pertes en charge et la consommation des pompes. Avec les pompes nouvelle génération, plus modernes et performantes, on peut économiser jusqu’à 45% d’énergie.

Comment EDF Entreprises @EDF_Entreprises vous accompagne-t-elle dans la gestion de ces questions ?

L’an dernier, les pouvoirs publics nous ont informés de la fin des tarifs réglementés de vente d’électricité et de la nécessité de choisir un fournisseur pour souscrire à une offre de marché. Nous avons contacté #EDF qui s’est montré à l’écoute des spécificités du monde agricole, notamment en matière de saisonnalité (par exemple, certains agriculteurs disposent de compteurs qui ne fonctionnent que l’été). De notre côté, nous avons développé des supports de communication pour accompagner les irrigants dans leurs réflexions (types de contrats existants, décryptage des factures, acteurs présents sur le marché…). Les spécificités propres à l’agriculture supposaient de la part des fournisseurs d’#électricité d’avoir des offres adaptées, notamment pour les agriculteurs qui bénéficiaient de tarifs verts supérieurs à 250 kVA. EDF nous a les a proposées.
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