07 Juin 2016

Valorisation énergétique : les eaux usées ont de la ressource !

Chaque jour, 2,5 millions de m3 d’eaux usées franciliennes - domestiques et industrielles - sont dépolluées et les boues issues de l’épuration valorisées énergétiquement. Pour relever ce défi quotidien, le Syndicat Interdépartemental pour l’Assainissement de l’Agglomération Parisienne (SIAAP) utilise des technologies avancées dans ses 6 stations de traitement. Une dépollution stratégique à l’échelle de la région la plus dense de France.

Impossible de rejeter dans la Seine ou dans la Marne des eaux ne répondant pas aux strictes normes, notamment à la Directive-cadre européenne sur l’eau (DCE), qui imposent une obligation de résultat sur le bon état #chimique et #écologique des #eaux. « Il s’agit de très petits fleuves au regard de la densité de l’agglomération parisienne, observe Jacques Olivier, directeur général du SIAAP. A nous de maintenir la qualité de l’épuration malgré une diminution de leur débit ». 85% du traitement concerne les eaux domestiques et seulement 5% les eaux industrielles, « car la plupart des grosses #industries se sont dotées de leur propre station d’épuration » note-t-il. A chaque fois, il s’agit de retirer les matières en suspension qui dégagent du #carbone et de les débarrasser des #pollutions dont elles sont encore chargées (réduction de 70% de l’azote et de 80% du phosphore notamment) pour garantir des rejets d’une eau épurée dans le milieu naturel.

Mieux épurer grâce au travail préventif avec les industriels

Reste que les industries du bassin parisien ont souvent des spécificités importantes à prendre en compte en amont, pour réguler les flux et traiter plus efficacement les charges polluantes. A Roissy par exemple, « le contact avec les techniciens d’Aéroport de Paris (ADP) @ParisAeroport nous a permis de travailler sur la nature des eaux usées rejetées pour les traiter au mieux » indique Jacques Olivier. L’hiver en effet, les eaux usées sont chargées de glycol, antigel servant à dégivrer les ailes des avions. « Nous pouvons traiter ces flux de manière continue mais le traitement est meilleur avec une régulation. Les bassins de rétention installés chez ADP évitent ainsi les trop fortes concentrations simultanées qui demandent au réseau maillé une répartition de la charge entre les différentes usines ».

Vers une meilleure réutilisation de l’eau ?

Autre enjeu du traitement de l’eau usée, réduire les prélèvements à la source en réutilisant les eaux après traitement, pour l’irrigation #agricole, l’arrosage des parcs, les eaux de procédés industriels ou de refroidissement. « Malgré un niveau de qualité de l’eau traitée sur plusieurs sites, des contraintes réglementaires d’ordre sanitaire et technique limitent leur utilisation et nous imposent de rejeter dans les fleuves des eaux qui pourraient profiter à l’#agriculture ou à l’industrie », regrette Jacques Olivier.

Des mines #énergétiques multivalorisées

Si l’assainissement est l’enjeu principal du SIAAP, en tant que gros consommateur d’énergie il doit également maîtriser la facture de ses usagers, en consommant moins ou en produisant de l’#énergie à partir des boues d’épuration capables de générer du #biogaz. Cette production de biométhane sert avant tout les besoins des stations, évitant l’achat d’#électricité ou de #gaz. Grâce à la production de chaleur et d’électricité, certains sites comme celui d’Achères atteignent 65% d’autonomie énergétique. Parmi les autres solutions de valorisation énergétique, le SIAAP recourt à l’incinération des boues en utilisant la chaleur pour les besoins de l’usine, ou à la récupération des calories transportées par les eaux usées pour le chauffage de bureaux. Un projet est justement à l’étude à ce sujet avec la municipalité de Colombes @VilleColombes. Dans tous ces domaines, le SIAAP recueille des expertises extérieures. « EDF Entreprises @EDF_Entreprises nous aide à réfléchir à la valorisation de notre potentiel énergétique et plus globalement aux économies d’énergie, notamment par le choix de moteurs à vitesse variable pour le pompage, la circulation des eaux ou la production d’air » souligne Jacques Olivier.

Une empreinte environnementale allégée

Autant d’actions qui ont un impact bénéfique sur l’environnement. En limitant sa consommation énergétique globale et en valorisant ses déchets, le SIAAP préserve les écosystèmes et les ressources naturelles et réduit ses émissions de carbone. « Chaque site a des quotas de CO2 à respecter, rappelle Jacques Olivier. Pour les tenir, nous cherchons toutes les solutions possibles notamment en augmentant la capacité de production de biogaz des stations équipées de méthaniseur ». Par ailleurs, à travers les mesures sur le réseau d’assainissement, les milieux sont de moins en moins pollués et les eaux de la Seine nettement plus propres qu’il y a seulement 30 ans. Au point que la baignade pourrait être envisagée d’ici moins de 10 ans !
 
 
 
Des eaux bien traitées
 
Chaque jour
  • Dépollution de 2,5 millions de m3 d’eau usée (soit 20% des eaux usées en France)
 
Chaque année
  • Traitement de 153 000 tonnes de boues
  • Production de 76 MWh de biogaz
  • Production de 30 000 MWh d’électricité
  • Production de 145 GWh de chaleur
  • Réduction de 167 000 t d’émissions de Co2 grâce à la production de biogaz
 
 
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