15 avr 2014

Barrage de Faux-la-Montagne

Stratégiques pour le déploiement du parc des véhicules électriques, les bornes de charge évoluent pour garantir une interopérabilité optimale entre exploitants et offrir ainsi un système simple, fluide et pratique aux utilisateurs. Explications de Patrick Gagnol, pilote du projet franco-allemand CROME à la Direction de la Mobilité électrique d’EDF.

 
Pourquoi l’interopérabilité des bornes de recharge est-elle aussi stratégique pour promouvoir la mobilité électrique ?
 
L’utilisateur doit pouvoir charger son véhicule, quelle que soit la marque, sur le plus grand nombre de stations de charge, et, cela, quel que soit le fournisseur de service de mobilité. Les bornes de charge doivent être simples à utiliser et accessibles facilement. Il faut aussi pouvoir en connaître la disponibilité. Bien que centrés sur le domicile et sur l’entreprise, les besoins de charge s’élargissent désormais à la voirie, aux parkings publics ou aux supermarchés. Accompagner un tel déploiement est essentiel pour apporter une réassurance au conducteur ou accroître l’autonomie du véhicule électrique et, ainsi, en favoriser l’utilisation. Assurer l’interopérabilité des infrastructures de recharge permet d’en démultiplier l’offre. Cela implique que l’utilisateur puisse, à partir d’un même moyen d’accès, par exemple une carte de pré-paiement, utiliser indifféremment les bornes de différents exploitants. Cette « co-opération » entre fournisseurs de services impose de définir des règles de fonctionnement et de communication communes. 
 
Comment va s’opérer ce processus de normalisation ?
 
Plusieurs démarches sont en cours. Par exemple, le projet franco-allemand CROME a démontré qu’on pouvait mettre en oeuvre des solutions matérielles et de gestion de l’information communes entre exploitants français et allemands. Les utilisateurs de véhicules électriques peuvent ainsi se charger sur un réseau de plus de 50 bornes interopérables de part et d’autre de la frontière. 
En France, la société GIREVE va créer une telle plateforme d’échange entre exploitants avec le soutien de Renault, la Caisse des Dépôts, EDF, ErDF et la Compagnie Nationale du Rhône. Outre l’accès à l’ensemble des bornes, l’utilisateur disposera d’informations sur leur localisation, leur disponibilité en temps réel, le type de prises installées, la puissance de charge, les tarifs, etc. 
Sous l’impulsion du Préfet Francis Vuibert, une mission interministérielle est chargée d’organiser le déploiement intelligent des bornes de recharge d’accès public. Elle a également entrepris la mise à jour du Livre Vert, qui oriente les besoins normatifs et réglementaires pour leur définition et installation. A l’échelle européenne, la future Directive sur « le déploiement d’infrastructures pour carburants alternatifs » devrait aider à cette clarification. Enfin, le consortium eMi3, qui rassemble plus de 35 acteurs majeurs européens, travaille à définir des recommandations pré-normatives très concrètes pour les exploitants en matière d’interopérabilité des infrastructures de charge. 
 
Sur quelles avancées technologiques va s’appuyer l’interopérabilité ?
 
Aujourd’hui, les prises intelligentes, communément appelées « wallbox » garantissent une charge plus sécurisée en établissant un « dialogue » entre le véhicule et la borne de recharge. Une plus forte puissance est ainsi exploitable pour se charger en moins de 8 heures à domicile, en moins d’1h30 en voirie avec les bornes de charge dite « accélérée ». Les bornes actuelles communiquent aussi avec le système d’information de l’exploitant. L’identification de l’utilisateur par des moyens d’accès sans contact (cartes RFID, téléphone NFC, …) simplifie l’authentification et le paiement. En termes de service interopérable, il faut aussi prendre en compte, la charge rapide (moins de 30 minutes), testée dans le cadre de CROME, et en cours de déploiement en France. 
 
Quelle est la valeur ajoutée d’EDF sur ce marché ?
 
EDF intervient sur plusieurs plans. D’abord en tant que fournisseur d’énergie, il assure la promotion de la mobilité électrique et du véhicule électrique, moyen de déplacement décarboné, non polluant et à faible coût d’exploitation. EDF participe parallèlement au développement des transports électriques « lourds » (bus, transport de marchandises …) et accompagne également les collectivités territoriales dans une logique de ville durable en partageant les enseignements tirés de ses démonstrations telles que CROME. EDF travaille, dès l’amont, à optimiser le raccordement des bornes sur le réseau pour en réduire l’impact technique et économique. Par toutes ces actions, EDF s’attache à démontrer que la mobilité électrique est une réalité d’aujourd’hui.
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