18 avr 2018

Efficacité énergétique dans l’industrie : EDF accompagne Nicolas Feuillatte

Engagé depuis 2003 auprès du Centre Vinicole – Champagne Nicolas Feuillatte (CV-CNF), EDF Entreprises a accompagné les travaux de rénovation énergétique pour cette coopérative au cours de l’année écoulée. Avec ce chantier, le CV-CNF affiche ses ambitions en termes d’énergies renouvelables et d’autoconsommation. 
 

Un partenariat de confiance, tourné vers l’efficacité énergétique

EDF Entreprises et Nicolas Feuillatte, c’est une longue histoire, jalonnée de projets destinés à améliorer la performance énergétique industrielle du Centre Vinicole-Champagne. Ce parcours commun est notamment motivé par le respect de l’environnement et la participation au développement durable.

Pour continuer d’affirmer cette position à travers des actions concrètes de rénovation énergétique, le CV-CNF a de nouveau sollicité l’expertise d’EDF Entreprise entre 2017 et début 2018, par le biais de son interlocuteur privilégié Rémi Lemeret. Le Pôle expertise d’EDF Commerce en Région Est s’est ensuite chargé de concevoir le chantier. « Le travail réalisé chez Nicolas Feuillatte s’est réalisé [dans] une confiance partagée, […] sur l’ensemble des services énergétiques proposés par EDF. » explique Christian Weinbrenner, représentant de ce Pôle.

Pour une meilleure efficacité énergétique de son industrie, la modernisation du CV-CNF s’est concentrée sur le cœur même de son activité : le champagne. Ou plus précisément, sa température.
 

L’efficacité énergétique industrielle par le froid

En tant que premier producteur de champagne en France et troisième au monde, Nicolas Feuillatte produit annuellement des millions de bouteilles. Tout le cycle de vinification, depuis l’arrivée des mouts de raisin jusqu’à la phase de mise en bouteille, doit s’effectuer à basse température, généralement en-dessous de 0°C (l’étape du dégorgement, la plus froide, nécessite même de descendre jusqu’à - 28°C pour créer une pression permettant d’expulser les dépôts de levure dans le col des bouteilles).

Sans ces conditions, la fermentation du raisin serait trop rapide, et le pétillement de la bulle perdrait de sa délicatesse. Le système de froid industriel (ou « groupes froids ») a donc pour rôle d’empêcher le climat extérieur d’interférer avec la qualité du champagne. Mais il présente quelques inconvénients : en plus d’être très gourmands en énergie, les groupes froids émettent des gaz à effet de serre, dus aux fluides frigorigènes utilisés pour y absorber la chaleur. C’est pourquoi ces fluides font l’objet d’une réglementation du nom de F-Gas, qui évoluera en 2022 pour limiter davantage leurs effets nocifs. En repensant le système de refroidissement industriel pour une meilleure efficacité énergétique, EDF Entreprises devait donc aussi prévoir ces futures contraintes.
 

Récupération de chaleur et autoconsommation

Dans cette optique, les experts d’EDF, associés à leurs partenaires du bureau d’étude spécialisé IKAR, ont choisi la solution de l’ammoniac (NH3). Sous leur supervision, le groupe Johnson Controls a assuré le remplacement de l’ensemble des fluides frigorigènes du groupe. Très performant, l’ammoniac se caractérise par son absence d’impact environnemental et sa haute absorption de chaleur. Une absorption si élevée qu’elle s’est traduite par deux changements très rentables à l’échelle du centre :
  • la fin de la nécessité de louer des groupes froids externes, ce qui était notamment habituel pendant la période de vendange ;
  • l’installation et la rentabilisation d’un récupérateur de chaleur, qui recycle la chaleur absorbée par l’ammoniac pour l’utiliser dans le chauffage et l’eau sanitaire du CV-CNF.
Ce procédé industriel performant est très innovant, en particulier au sein d’une coopérative agricole : il est, par exemple, sans équivalent en Marne, le département où se situe le CV-CNF. De ce fait, « EDF est […] un véritable partenaire dans le choix de solutions innovantes », selon Alexandra Germain, chargée de coordonner le partenariat entre EDF, IKAR et Nicolas Feuillatte.
 

Economies d’énergies : un excellent cru… avant les prochaines vendanges

L’ensemble des travaux d’efficacité énergétique industrielle effectués dans le centre a finalement permis de valoriser 189 GWh cumac dans le cadre du dispositif des certificats d’économie d’énergie(1). Et la facture d’énergie du groupe devrait bientôt refléter les changements opérés, en enregistrant une baisse de l’ordre de 15 à 20 %. Un résultat dont se félicite Damien Bergot, Directeur de la production du CV-CNF : « Face au déploiement de tous ces chantiers d’efficacité énergétique, nous constatons déjà des réductions de consommation sur nos factures. [Notre coopérative] s’inscrit sur la durée, donc la capacité de lancer des projets pour réduire notre impact environnemental. » Le rendez-vous est pris !
«C’est la fin d’un projet très important en termes d’investissement, mais c’est surtout le début de nouveaux projets, que nous allons poursuivre en partenariat avec EDF. »
Damien Bergot, Directeur Production du Centre Vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte
Les chantiers annexes des groupes froids.

Si l’installation du récupérateur de chaleur était l’opération la plus importante en termes de travaux et de valorisation de CEE (avec 162 539 MWh cumac), les groupes froids ont connu d’autres modifications pour qu’ils ne consomment pas plus que nécessaire. Avec les conseils d’EDF, différents équipements ont ainsi été installés par les groupes JCI et Mondial Frigo dans chacun d’entre eux, pour un total de 22 310 MWh cumac :
  • une régulation permettant de rendre « flottantes » la HP et la BP : il s’agit d’un système reposant sur des sondes qui analysent la température extérieure. Leurs données permettent de calculer la pression véritablement nécessaire au maintien de la température des groupes froids, puis de l’ajuster en conséquence.
  • des moto-variateurs synchrones à aimants permanents : ce dispositif adapte la vitesse du moteur électrique des groupes froids à la charge réelle que ceux-ci doivent supporter. En outre, le terme « synchrone » signifie que les bobines du rotor ne sont pas alimentées par un courant continu, ce qui limite encore plus les pertes d’électricité.
  • un variateur électronique de vitesse : le variateur contribue également à l’adaptabilité du moteur, en convertissant l’alimentation électrique pour n’en transmettre que ce qui est nécessaire à la charge de travail supportée.

Pour aller plus loin :
(1) : Exprimés en kWh cumac, les Certificats d'économies d'énergie mesurent, valident et récompensent financièrement la quantité d'énergie économisée par les fournisseurs d'énergie. Leur objectif, fixé par le gouvernement, est de maîtriser la demande en énergie.
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