Revue de presse - France

A la Une : Nicolas Hulot veut lancer un « Green Deal » de l’énergie en 2018

Réglementations et politique de l'énergie

Nicolas Hulot veut lancer un « Green Deal » de l’énergie en 2018

Le ministre de la Transition écologique et solidaire a annoncé son intention de lancer, au début de l’année 2018, un « Green Deal » sur la transition énergétique. Ce programme sera notamment l’occasion de mener un ensemble de réflexions sur la politique nucléaire de la France - sujet sur lequel Nicolas Hulot a indiqué qu’il préciserait le nombre et les étapes de fermetures de réacteurs lors de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) - sur le mix énergétique et sur l’indépendance énergétique de la France. « Il faut combiner plusieurs impératifs, ne pas se mettre dans une situation de rupture de stock. L’hiver dernier, nous sommes passés à deux doigts de la catastrophe, c’est pourquoi j’ai pris des dispositions sur le stockage de gaz et dans la loi Hydrocarbures […] Il faut rééquilibrer le mix énergétique et cela donnera une liberté et une indépendance plus grandes à la France », a expliqué le ministre de la Transition Ecologique.
Sources : Bulletin de l’Industrie Pétrolière, 31/10/17.

Autoconsommation : Enedis présente ses propositions

La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) a lancé le 3 octobre dernier des concertations portant sur le cadre contractuel de l’autoconsommation. Enedis, le gestionnaire de réseau de distribution d’électricité, y a répondu en présentant ses propositions sur le sujet. Actuellement, les clients en autoconsommation individuelle partielle, c’est-à-dire ne consommant qu’une partie de l’électricité qu’ils produisent, doivent signer trois contrats ; un contrat de raccordement avec Enedis, un autre avec l’acheteur d’électricité, et un dernier avec le fournisseur. Enedis souhaite simplifier les procédures en ne faisant signer qu’un seul contrat unique au client. En ce qui concerne l’autoconsommation collective, le problème est similaire pour le client, qui doit également signer différents contrats avec différentes parties. Comme le signale Jean-Baptiste Galland, directeur de la stratégie d’Enedis, l’objectif premier du gestionnaire est « d’aller vers la simplicité », en unifiant les contrats. Il ajoute que Linky pourra également aider à simplifier les procédures.
Sources : greenunivers.com, 30/10/17.

De nouveaux sites électro-intensifs éligibles à la réduction de TURPE

La Commission de Régulation de l’Energie (CRE) s’est exprimée à propos d’un projet de décret portant sur les tarifs appliqués aux organisations dites « électro-intensives », c’est-à-dire les structures ayant une consommation en électricité particulièrement élevée. Le projet de décret prévoit la modification des dispositions réglementaires relatives au statut des consommateurs électro-intensifs et à la réduction du Tarif d’Utilisation du Réseau Public d’Electricité (TURPE 5 HTB) accordée aux sites électro-intensifs. Le projet de décret prévoit l’élargissement du cadre des dispositions actuelles de manière à ce que davantage de sites soient éligibles à la réduction de TURPE. Pour ce faire, le texte prévoit d’aligner le seuil de consommation annuelle à partir duquel un site anticyclique peut être éligible à une réduction de TURPE (20 GWh actuellement) sur celui permettant l’éligibilité en tant que site stable (10 GWh). L’abaissement de ce seuil représenterait une perte inférieure à un million d’euros pour le réseau de transport RTE, un manque à gagner acceptable selon la CRE.
Sources : Enerpresse, 25/10/17.

Economies d'énergie et émissions carbone

EDF attentif aux débats franco-allemands sur la taxe carbone

Une quinzaine d’experts allemands ont appelé leur gouvernement à mettre en place « une tarification plus élevée du CO2 dans tous les secteurs économiques ». Un appel qui ne manquera pas d’alimenter les discussions franco-allemandes sur ce sujet, alors qu’Emmanuel Macron a récemment évoqué la nécessité de définir « un prix juste du carbone », autour de 25 à 30 euros la tonne. L’instauration d’une taxe élevée sur le carbone ferait remonter les prix du marché de l’électricité et limiterait leur volatilité. Cette perspective serait au contraire dommageable pour les centrales au charbon, dont le coût de production augmenterait de manière significative, avec pour conséquence le détournement des investissements vers les énergies propres. « Il est très positif que Français et Allemands s'écoutent avant d'avancer, mais est-ce vraiment un enjeu pour la France qui n'a plus que cinq centrales au charbon ? », interroge Luc Poyer, président de la filiale française d'Uniper, qui exploite deux tranches au charbon dans l'Hexagone.
Sources : lesechos.fr, 25/10/17.

L’IDDRI propose six pistes pour accélérer la transition énergétique

L’institut du Développement Durable et des Relations Internationales (IDDRI) a présenté ses six priorités pour accélérer la transition énergétique à court et moyen terme. Les six objectifs proposés sont les suivants : engager la massification des rénovations énergétiques, organiser l’évolution du système électrique, lancer la transition vers la mobilité durable, intégrer les nouveaux modes de gouvernance locale de l’énergie, définir une stratégie de financement pour la transition énergétique et inscrire la transition énergétique française dans le contexte européen et international. « Les nouveaux modes de gouvernance de l’énergie et d’interaction entre collectivités et citoyens pourraient aussi être encouragés pour devenir de véritables outils au service de la transition des territoires », estime l’IDDRI.
Sources : Enerpresse, 26/10/17.

Energies renouvelables

Le biogaz accélère son développement

Dans le cadre de son « Schéma Régional Climat Air Energie » (SRCAE), l’Île-de-France compte atteindre une part d’énergies renouvelables de 11 % dans sa consommation d’ici 2020, dont un cinquième issue du biogaz de méthanisation. La Région estime que le biogaz devrait être « la première énergie d’origine locale et renouvelable en Île-de-France » d’ici 2050. Dans ce cadre, la Région, en collaboration avec l’ADEME, a lancé son quatrième appel à projets visant à développer les installations de méthanisation, sous toutes formes. En juin 2017, la France recensait 519 installations produisant de l’électricité à partir de biogaz et 35 installations injectant du biométhane dans les réseaux gaziers. Au niveau national, la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) a fixé plusieurs objectifs de production pour développer le biogaz et la France a mis en place des tarifs d’achat garantis supérieurs à la moyenne européenne afin de soutenir la production. Selon plusieurs études, le potentiel technique de développement du biogaz français se situerait entre 14 et 24 millions de tonnes équivalent pétrole (Mtep) par an d’ici 2040. A l’échelle européenne, le biogaz représentait 8 % de la production d’énergies renouvelables en 2015, soit 15,6 Mtep, dont la moitié provenait d’Allemagne. La France se situait à la cinquième position avec 0,5 Mtep en 2015.
Sources : connaissancedesenergies.org, 30/10/17.

Gazonor transforme le grisou en électricité verte

Le 26 octobre, Gazonor, filiale du producteur de gaz La Française de l’Energie, a inauguré l’un des premiers sites français de production d’électricité renouvelable à partir de grisou, un gaz contenu dans les mines de charbon qui faisaient l’objet d’une exploitation intensive dans le Nord de la France jusqu’au début des années 1990. Gazonor capte ce méthane et le transforme en électricité. C’est également une manière de faire revivre le bassin minier du Nord : « Imaginez la revanche extraordinaire que c’est pour le bassin minier. Le charbon était synonyme de catastrophe, pénibilité et drame», explique Jean-Pierre Kucheida, président de l’association des communes minières de France. Cette activité de transformation du grisou en électricité verte est nouvelle en France, mais pas en Allemagne : « En France, nous sommes le seul opérateur à proposer cela après avoir récupéré les données des Charbonnages de France. Nous avons installé 9 Mégawatts pour commencer, contre 300 chez nos voisins allemands », précise Julien Moulin, président de Gazonor.
Sources : lemonde.fr, 27/10/17.

Tendances et acteurs

Quelle place pour les pôles de compétitivité dans la politique énergétique ?

Dans un avis publié fin octobre, le Conseil Economique Social et Environnemental (CESE) a regretté que les pôles de compétitivité, notamment ceux liés au secteur énergétique, ne soient pas pris en compte dans la politique industrielle de la France et soient relégués au second plan de la Nouvelle France Industrielle (NFI). « L’intégration des pôles dans la NFI et les CSF [comité stratégique de filière] doit se poursuivre, de manière pragmatique, avec l’objectif de faire en sorte que l’écosystème des pôles se trouve engagé, directement ou indirectement, dans la mise en œuvre des neuf solutions industrielles françaises de l’Industrie du futur », précise l’avis du CESE. Le Conseil appelle donc à stopper la baisse des financements publics destinés aux pôles de compétitivité, à revoir les méthodes d’évaluation des pôles au regard de leurs objectifs et de leurs résultats, à renforcer la place des TPE et PME dans la gouvernance des pôles et à développer les coopérations interpôles.
Sources : Enerpresse, 27/10/17.
Haut de page