Événement Publié le 26/12/2017

La Fée Electricité, une oeuvre ancrée dans le temps

Ceux qui visitent aujourd’hui le Musée d’Art moderne de la Ville de Paris ne peuvent la manquer. C’est la Fée Electricité, la star du musée ! La notoriété de cette peinture de Raoul Dufy est aussi due à ses dimensions. Avec ses 600m² de peinture, c’est à l’époque le plus grand tableau du monde… ! Pourquoi Dufy s’est-il lancé dans un projet aussi titanesque ?
Pendant Noel, prenez le temps de découvrir cette œuvre remplie de mystères.  

Tout commence en 1936.
Paris organise la grande Exposition Universelle de 1937. Un peu tardivement, on décide d’ajouter un Pavillon de l’Electricité et de la Lumière. C’est la Compagnie parisienne de distribution d’électricité qui s’en occupe : elle veut un décor magnifique ! L’idée ? Traduire en peinture l’histoire de l’électricité, de l’Antiquité à nos jours.

Le défi est de taille !
Le Pavillon est gigantesque et la surface à décorer s’inscrit dans un grand demi-cercle de 10 mètres de haut sur 60 mètres de large… Surtout, le chantier est lancé peu de temps avant l’ouverture de l’Exposition. Ce projet doit être donc être mené en moins de 10 mois !
Dufy, connu pour sa peinture délicate et colorée, n’a jamais réalisé un aussi grand format. Qu’importe, le pari est réussi ! Et dix mois plus tard, il achève dans les temps son chef-d’oeuvre, pour le plus grand plaisir des visiteurs de l’Exposition Universelle.

Une peinture aux milles mystères
La partie supérieure est un paysage changeant dans lequel le peintre a disséminé ses thèmes favoris : voiliers, nuées d’oiseaux, batteuse, bal du 14 juillet. Le long du registre inférieur sont disposés les portraits de cent dix savants et inventeurs ayant contribué au développement de l’électricité.
Mêlant la mythologie et les allégories à l’exactitude historique et à la description technologique, Dufy joue sur l’opposition des contraires. Au centre, les dieux de l’Olympe et les générateurs de la centrale électrique reliés par la foudre de Zeus ; la nature primordiale et les architectures ; les travaux, les jours et les machines modernes. Immédiatement à gauche du centre, Iris, messagère des dieux, fille d’Electra, vole dans la lumière, au-dessus d’un orchestre et des capitales du monde diffusant toutes les teintes du prisme. Des aplats de couleurs rouges, bleus, jaunes ou verts indépendants du dessin très souple, organisent et dynamisent cette composition virtuose.
Pourtant, cette œuvre unique en son genre n’aurait jamais dû parvenir jusqu’à nous. Tout comme le Pavillon qui l’abritait, elle aurait dû être détruite dès la fin de l’Exposition. Mais la Compagnie parisienne de distribution d’électricité décide heureusement de la conserver. C’est pour cela qu’elle peut aujourd’hui être admirée au musée !

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