02 Mai 2018

Précarité énergétique : la lutte continue avec les CCAS

Le 22 novembre 2017, lors du Salon des Maires et des Collectivités Locales à Paris, EDF et l’Union nationale des centres communaux et intercommunaux d’action sociale (UNCCAS) ont renouvelé leur partenariat pour continuer à agir, ensemble, contre la précarité énergétique.
 
En France, 12 millions de personnes éprouvent des difficultés à accéder à l’énergie : eau, gaz et électricité. Loin d’être un phénomène nouveau, la précarité énergétique cache bien souvent d’autres difficultés : non-paiement du loyer, problème pour se nourrir, se vêtir… Afin de continuer à lutter contre ce phénomène et de venir en aide aux publics concernés, EDF et l’UNCCAS ont décidé de renouveler leur partenariat.
Celui-ci vise à poursuivre et renforcer les actions déjà lancées en s’appuyant sur trois grands objectifs. Le premier consiste à soutenir les CCAS dans leurs actions auprès des ménages via le relais d’information, des outils, et la valorisation d’expériences inspirantes.

Le deuxième vise à améliorer la connaissance et à mettre en place des partenariats locaux entre EDF et les CCAS pour mieux accompagner les personnes en situation d’impayé d’énergie. Le troisième objectif concerne la mise en oeuvre du dispositif chèque énergie.

Un premier bilan encourageant

Le bilan qualitatif qu’il est possible de faire de l’action déjà menée par EDF et l’UNCCAS est très satisfaisant. Par son intervention, EDF aide les professionnels de la précarité à cibler leurs actions en direction de ceux qui ont besoin d’aide.
« Concrètement, le repérage de ces personnes, qui sont bien souvent en situation de repli sur elles-mêmes, nous permet de les accompagner, notamment via une aide financière, pour leur éviter la coupure », explique Joëlle Martinaux, présidente de l’UNCCAS. Sur le terrain, les travailleurs sociaux ont la possibilité d’améliorer leurs actions de prévention. Ces derniers peuvent ainsi sensibiliser les populations aux éco-gestes qui permettent d’économiser l’énergie, mais aussi aux mesures à prendre pour avoir un logement moins gourmand : travaux d’isolation, changement du système de chauffage…
En outre, les échanges mis en place dans le cadre du partenariat ont permis à EDF de mieux comprendre la précarité et les mécanismes qu’elle induit chez certaines personnes.

Une dynamique forte à l’échelle locale

Agir au plus près de ceux qui en ont vraiment besoin, telle est l’ambition partagée par EDF et l’UNCCAS. Aussi, de nombreuses actions locales ont pu être mises en place dans le cadre du partenariat. Parmi celles-ci, la Caravane des énergies, une opération itinérante de sensibilisation à la maîtrise des dépenses d’énergie qui a sillonné les territoires du
Doubs, en Bourgogne-Franche-Comté.
« Le but de cette démarche est d’amener les personnes en situation de précarité à prendre conscience du coût de l’énergie, explique Pascale Vincent, chargée de mission à l’UNCCAS du Doubs. Comme elles gèrent leur budget au jour le jour, ces populations ont du mal à considérer leurs dépenses d’énergie au quotidien et se retrouvent désarmées quand une difficulté de paiement survient. Tout l’enjeu consiste à leur faire prendre conscience de leurs dépenses, sans discours standardisé et sans donner de leçon. »

Différents outils ont donc été créés avec EDF pour faire passer l’information et favoriser l’échange : jeu de plateau, exposition pour les enfants, compilation de trucs et astuces… Au total, en 2017, la Caravane des énergies a mené une centaine d’actions, a parcouru onze étapes et sensibilisé 2 917 personnes. Cette année, de nouvelles pistes seront étudiées pour communiquer autour du chèque énergie.
 

Coup d'envoi du chèque énergie

Sabine BonnetAfin d’aider les plus précaires à régler leurs factures de gaz et d’électricité, mais aussi à conduire des travaux améliorant la qualité environnementale de leur habitat, le gouvernement met en place le chèque énergie.
Effectif au 1er janvier 2018, le chèque énergie remplace les tarifs sociaux qui portaient sur l’électricité et le gaz naturel.
Après une phase de test dans quatre départements (Ardèche, Aveyron, Côtesd’Armor et Pas-de-Calais), ce dispositif est déployé dans toute la France. Il s’adresse aux foyers dont le revenu fiscal de référence n’excède pas 7 700 euros par unité de consommation* et qui sont soumis, même à titre gratuit, à la taxe d’habitation.
En fonction de ces critères et de la composition du ménage, le montant de l’aide varie de 48 à 227 euros par an, soit 150 euros en moyenne par an.

Une aide financière annuelle, mais pas seulement…

Les bénéficiaires du chèque énergie disposent également de protections associées : la gratuité des frais de mise en service du contrat de fourniture d’électricité ou de gaz naturel, un abattement de 80 % sur les interventions suite à un impayé et le maintien de la puissance souscrite en période de trêve hivernale.
Pour en bénéficier, les titulaires du chèque énergie doivent renvoyer leur chèque ou l’attestation qui l’accompagne à leur fournisseur d’énergie.
« Cette aide est non négligeable, mais pas forcément compréhensible de tous, analyse Joëlle Martinaux, présidente de l’UNCCAS.
Nous allons aider les publics précaires à en bénéficier, et évaluer son impact sur les ménages et sa pertinence. »

Haut de page